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LOGEMENT EN ESPAGNE

Expulsée de son logement, Maricarmen Abascal meurt à l’hôpital à 87 ans

Expulsée le 23 septembre de l’appartement madrilène où elle vivait depuis plus de 70 ans, Maricarmen Abascal est morte à l’hôpital le 7 octobre. Son décès a déclenché des manifestations nationales et placé la protection des locataires au centre de la campagne pour les élections législatives anticipées du 29 novembre.

93 sources · 49 médias · 4 min

María del Carmen Abascal, appelée Maricarmen, est morte le 7 octobre à Madrid, à l’âge de 87 ans. Deux semaines plus tôt, elle avait été expulsée de l’appartement où elle vivait depuis plus de 70 ans. Transportée sur un brancard après l’expulsion, elle avait été admise à l’hôpital dans un état d’épuisement et de faiblesse. Un accord devait lui permettre de regagner son logement avec un loyer réduit, mais elle est morte avant son retour.

Son expulsion a déclenché des rassemblements à Madrid et dans plusieurs villes espagnoles. La hausse des loyers, la protection des locataires vulnérables et la spéculation immobilière se sont imposées dans le débat politique. Le gouvernement minoritaire de Pedro Sánchez a fait adopter deux textes sur la protection contre les expulsions et le renouvellement automatique de certains contrats, mais l’opposition conservatrice et d’extrême droite les a rejetés au Parlement. Le Premier ministre a ensuite convoqué des élections législatives anticipées pour le 29 novembre.

Le loyer de Maricarmen est passé de 500 à 2 650 euros

L’appartement de Maricarmen avait été racheté par un fonds d’investissement en 2020. Le loyer est ensuite passé de 500 à 2 650 euros par mois, alors que sa pension de retraite s’élevait à 1 400 euros. La hausse a rendu le logement impossible à payer et ouvert une bataille judiciaire soutenue par un syndicat de locataires.

Après plusieurs tentatives d’expulsion, elle a finalement été expulsée le 23 septembre, alors qu’elle se déplaçait en fauteuil roulant. L’image de cette femme âgée évacuée sur une civière a donné une dimension nationale à un conflit jusque-là présenté comme une affaire locative. Maricarmen avait résumé son épuisement après des années de procédure en déclarant : « Ce combat a ruiné ma santé, je ne tiens même plus debout. »

Après le rejet des mesures sur les expulsions, Sánchez convoque des élections le 29 novembre

Après l’expulsion de Maricarmen, le gouvernement de Pedro Sánchez a adopté deux décrets pour renforcer la protection des locataires vulnérables et renouveler automatiquement certains contrats. Ces textes ont été rejetés au Parlement par l’opposition conservatrice et d’extrême droite, alors que le gouvernement socialiste ne dispose pas de majorité.

Le rejet a été suivi par la convocation d’élections législatives anticipées le 29 novembre. Le logement est devenu l’un des thèmes centraux de la campagne. Les syndicats de locataires ont, de leur côté, appelé à une grève générale le 11 novembre. La contestation ne porte donc plus seulement sur le cas de Maricarmen : elle oppose les demandes de plafonnement des loyers et de protection des locataires à l’affrontement entre la gauche au pouvoir et ses oppositions.

La réponse politique et l’issue individuelle ont suivi des trajectoires différentes : les mesures destinées à protéger les locataires ont été adoptées par le gouvernement puis rejetées au Parlement, tandis que l’accord qui devait permettre à Maricarmen de rentrer chez elle n’a pas abouti avant sa mort.

Le Yak

Près de 20 000 personnes ont marché de la Puerta del Sol à son ancien domicile

Une marche d’hommage a réuni environ 20 000 personnes à Madrid, selon une estimation provisoire de la délégation du gouvernement central dans la région. Le cortège est parti de la Puerta del Sol, où une centaine de tentes avaient été installées par des militants du droit au logement, pour rejoindre l’ancien appartement de Maricarmen, dans le quartier du Retiro.

Des bougies, des fleurs et des pancartes ont été déposées sur la place puis au pied de l’immeuble. Les manifestants ont scandé « ce ne sont pas des morts, ce sont des assassinats », tandis que d’autres messages proclamaient « la lutte continue ». Des rassemblements ont aussi été annoncés ou organisés à Barcelone, Séville, Valence et dans d’autres grandes villes. Les syndicats de locataires ont appelé à une minute de silence dans les lieux de travail.

Le décès de Maricarmen déclenche une bataille politique jusque dans les institutions

Le deuil a rapidement pris la forme d’un affrontement politique. À Madrid, le Parti populaire a refusé de participer à un hommage proposé par le PSOE et Más Madrid. La présidente de la région, Isabel Díaz Ayuso, et le maire José Luis Martínez-Almeida ont été accusés de s’opposer à une minute de silence dans les institutions. Des élus de gauche ont maintenu leur hommage en dehors des assemblées.

La droite a dénoncé une récupération politique de l’image de l’octogénaire. À l’extrême droite, un eurodéputé de Vox a demandé une autopsie et mis en cause la responsabilité du gouvernement. Des comptes et personnalités d’extrême droite ont aussi relayé des théories du complot sur les réseaux sociaux. Ces prises de position ont déplacé la controverse vers les circonstances de sa mort, en plus de la bataille sur son expulsion et les politiques du logement.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, l’image de l’octogénaire expulsée sur un brancard et la foule réunie à Madrid dominent nettement. La crise du logement est principalement racontée à travers une personne, un lieu et une scène de mobilisation, ce qui rend le sujet immédiatement visible.

Le traitement accorde davantage de place à l’émotion, aux hommages et à l’affrontement politique qu’au détail des mécanismes locatifs. Quelques publications donnent toutefois une matérialité économique précise à l’affaire, avec le passage du loyer de 500 à 2 650 euros et la comparaison avec une pension de 1 400 euros.

Deux cadrages coexistent après le décès : celui d’une victime devenue symbole de la lutte pour le logement et celui d’une affaire instrumentalisée à l’approche des élections. Les prises de position de Vox et le refus de certains hommages déplacent ainsi l’attention du marché immobilier vers la bataille sur la responsabilité politique et la représentation du décès.

Article généré par le Yak

LES SOURCES49 médias · 93 sources

Le Monde 2 articles

Le Figaro 1 article

Libération 1 article

Le Parisien 1 article

Le Nouvel Obs 1 article

L’Humanité 1 article

La Croix 1 article

HuffPost France 2 articles

Franceinfo 5 articles

BFMTV 1 article

BFM 1 article

France 24 3 articles

Euronews FR 2 articles

RMC 1 article

TV5MONDE 3 articles

La Dépêche du Midi 1 article

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

L’Est Républicain 1 article

Midi Libre 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

JSL 1 article

Le Bien Public 1 article

La Nouvelle République 1 article

Courrier International 1 article

RFI 1 article

Mediapart 1 article

Le Temps 2 articles

Radio-Canada 1 article

Agence Anadolu 1 article

BBC News 1 article

The Guardian 1 article

The New York Times 2 articles

NPR 1 article

CBC News 1 article

Al Jazeera English 2 articles

Folha de S.Paulo 1 article

La Nación Argentina 2 articles

El País 15 articles

La Vanguardia 13 articles

Público 2 articles

Frankfurter Allgemeine Zeitung 2 articles

La Repubblica 1 article

Der Standard 1 article

Aftenposten 1 article

Gazeta Wyborcza 1 article

Hospodářské noviny 2 articles

Adevărul 1 article

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