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Mediapart relie le compte Twitter de Jordan Bardella aux messages antisémites contestés

Le site d’investigation dit avoir établi un lien direct entre une conversation Messenger de 2013 et le compte Twitter officiel alors utilisé par Jordan Bardella. Le président du RN nie toujours être l’auteur des propos attribués et conteste les nouveaux éléments, tandis que Le Canard enchaîné affirme qu’un ancien compte Facebook a été vidé après les premières révélations.

56 sources · 35 médias · 4 min

Jordan Bardella est accusé d’avoir tenu en 2013, à l’âge de 17 ans, des propos antisémites dans des échanges sur Facebook Messenger. Le président du Rassemblement national nie en être l’auteur et affirme n’avoir « jamais tenu ces propos ». Il accuse Mediapart de chercher à « l’assassiner politiquement » et prépare des plaintes en diffamation contre le média d’investigation et Le Canard enchaîné.

Mediapart a publié de nouveaux éléments pour relier le compte à l’origine des messages à Jordan Bardella. Le site affirme notamment avoir retrouvé, en septembre 2013, un lien direct entre la conversation privée et le compte Twitter officiel alors utilisé par l’intéressé. Le RN rejette cette démonstration et qualifie l’article de « grotesque ». La controverse porte donc à la fois sur le contenu des messages et sur les éléments permettant d’en établir l’auteur.

Mediapart rapproche des publications Twitter et des échanges Messenger de septembre 2013

La nouvelle démonstration de Mediapart repose sur le rapprochement entre des messages publiés sur le compte Twitter officiel de Jordan Bardella et ceux d’une conversation Messenger datant de septembre 2013. Le site affirme avoir retrouvé plusieurs échanges avec des interlocuteurs de Bardella et des publications intervenues à quelques heures d’intervalle sur les deux réseaux sociaux.

Les formulations et certaines fautes d’orthographe seraient similaires. Parmi les messages rapprochés figurent des attaques contre la gauche et les socialistes, ainsi qu’une référence à Emmanuel Macron présenté comme employé par la banque Rothschild. Mediapart affirme aussi que le compte Twitter officiel et la conversation privée étaient directement liés. L’entourage de Jordan Bardella rejette ces éléments et juge l’enquête « grotesque ».

Le Canard enchaîné affirme qu’un ancien compte Facebook a été vidé après les révélations

Le Canard enchaîné affirme que Jordan Bardella s’est connecté, entre le 28 septembre et le 2 octobre, à un ancien compte Facebook militant et en a fait effacer le contenu de la messagerie privée après les premières révélations de Mediapart. L’hebdomadaire dit disposer d’extractions de conversations attestant ce nettoyage.

Le Rassemblement national dément et qualifie l’information de fausse. Jordan Bardella soutient ne plus avoir de compte Facebook et ne plus utiliser le réseau depuis longtemps. Une adresse électronique qu’il utilisait au début des années 2010 reste pourtant associée à un compte Facebook, d’après une vérification publiée par Libération. Le journal estime qu’il pourrait techniquement demander à la plateforme l’historique de ses anciennes conversations.

La controverse porte désormais sur deux questions distinctes : l’attribution des messages et la chronologie d’une éventuelle suppression de données. Le RN conteste donc à la fois les éléments techniques avancés par Mediapart et le récit d’un nettoyage de compte rapporté par Le Canard enchaîné.

Le Yak

Bardella maintient son démenti et prépare de nouvelles plaintes contre Mediapart

Invité sur LCI, Jordan Bardella a continué de contester les accusations. Il a déclaré : « Je n’ai jamais tenu ces propos », affirmé qu’ils n’étaient pas les siens et refusé de les présenter comme une « erreur de jeunesse ». Il a aussi balayé « une affaire dont tout le monde se moque » et estimé n’avoir « aucune leçon à recevoir en matière de lutte contre l’antisémitisme ».

Le président du RN accuse Mediapart de complot et prépare une plainte pour faux et usage, en plus de la plainte en diffamation annoncée après les premiers articles. Marine Le Pen lui a renouvelé sa « confiance à 1.000% » et dénoncé une « manœuvre infâme de la part de Mediapart ». À l’approche du congrès qui doit reconduire Jordan Bardella à la présidence du parti, les nouvelles publications entretiennent la pression sur le RN.

72 % des Français disent ne pas avoir changé d’avis sur Bardella après les révélations

Un sondage Ifop pour LCI indique que 72 % des Français déclarent ne pas avoir changé d’opinion sur Jordan Bardella après les révélations. Dans les résultats également rapportés, 39 % des personnes interrogées se disent convaincues par sa défense, contre 61 % qui ne le sont pas.

Ces chiffres décrivent une réaction divisée : l’affaire ne modifie pas l’opinion d’une large majorité, mais les arguments avancés par le président du RN ne convainquent pas l’ensemble des personnes interrogées. D’autres résultats rapportés dans la même séquence font état d’une baisse de popularité de Jordan Bardella et de Marine Le Pen dans un baromètre distinct.

Franck Allisio rompt le contrat d’un collaborateur mis en cause pour des publications antisémites

Le député RN Franck Allisio a mis fin au contrat de son attaché parlementaire Louis Grégoire après une enquête de Libération sur ses publications en ligne. Le collaborateur était mis en cause pour des propos racistes, antisémites ou masculinistes, des slogans fascistes et des conseils de lecture collaborationnistes.

La rupture est intervenue au lendemain de la publication de l’article, puis a été annoncée par le député. Cette séquence est distincte des accusations visant Jordan Bardella, mais elle intervient au même moment que la controverse sur les écrits antisémites attribués au président du RN.

Médianalyse du Yak

La couverture est fortement personnalisée autour de Jordan Bardella. Les nouvelles preuves, l’ancien compte Facebook qui aurait été vidé et les formules de démenti du président du RN occupent l’essentiel de l’attention. Le sondage sur l’évolution de l’opinion et le licenciement du collaborateur de Franck Allisio restent en retrait.

Deux cadrages coexistent : l’accumulation d’éléments présentés comme fragilisant la défense de Bardella, et l’accusation d’une manipulation politique portée par l’intéressé et son entourage. Cette confrontation rend la bataille sur l’attribution des messages plus visible que le détail des méthodes techniques utilisées pour relier ces messages à ses comptes.

Article généré par le Yak

LES SOURCES35 médias · 56 sources

Le Monde 3 articles

Le Figaro 1 article

Libération 4 articles

Le Parisien 4 articles

Le Nouvel Obs 1 article

Valeurs Actuelles 1 article

La Croix 1 article

HuffPost France 2 articles

20 Minutes 1 article

Franceinfo 3 articles

BFMTV 6 articles

France 24 1 article

Euronews FR 1 article

TV5MONDE 1 article

Ouest-France 1 article

La Dépêche du Midi 3 articles

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

L’Indépendant 1 article

Midi Libre 3 articles

La Montagne 2 articles

DNA 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

L’Alsace 1 article

JSL 1 article

Le Bien Public 1 article

La Nouvelle République 1 article

RFI 1 article

Mediapart 1 article

La Libre 1 article

La Dernière Heure 1 article

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Blast 1 article

Le Canard Enchaîné 1 article

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