L’Érythrée a demandé au Conseil de sécurité de l’ONU de condamner ce qu’elle appelle une « déclaration de guerre » de l’Éthiopie. Dans une lettre envoyée le 10 octobre, son ministre des Affaires étrangères, Osman Saleh, affirme que l’offensive éthiopienne pourrait provoquer de lourdes pertes civiles et déstabiliser toute la région.
Addis-Abeba avait accusé la veille l’Érythrée d’« agression flagrante » et invoqué son droit à la légitime défense. L’Éthiopie reproche à son voisin d’avoir déployé des troupes dans le Tigré et de soutenir des groupes insurgés. Asmara dément toute incursion et affirme que la demande éthiopienne d’un accès souverain à la mer, notamment au port érythréen d’Assab, constitue le fond du différend.
Les tensions se sont aggravées après la reprise des combats dans le nord de l’Éthiopie. Selon une source sécuritaire étrangère citée dans le dossier, entre 5 000 et 8 000 soldats érythréens se trouvent au Tigré. Des frappes de drones éthiopiennes ont visé des forces érythréennes près d’Adigrat dans la nuit du 7 au 8 octobre, puis des troupes éthiopiennes sont entrées dans la ville, selon des habitants cités par l’AFP.
Les deux pays ont déjà combattu entre 1998 et 2000, avant un rapprochement en 2018. Le conflit du Tigré, de 2020 à 2022, auquel l’Érythrée avait pris part aux côtés du gouvernement éthiopien, avait fait au moins 600 000 morts selon les chiffres cités. Le secrétaire général de l’ONU a appelé les parties à éviter une nouvelle escalade. Aucune guerre ouverte entre les deux États n’est établie à ce stade.