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WASHINGTON, MOSCOU ET KIEV

Trump autorise le retour du diesel russe malgré les sanctions

Donald Trump a annoncé un accord avec Vladimir Poutine pour réintroduire du diesel russe sur les marchés américain et mondial, avec une levée provisoire des sanctions. Volodymyr Zelensky dénonce une décision qui procure de nouvelles recettes à Moscou, tandis que le président américain réclame un nouveau dirigeant pour l’Ukraine.

141 sources · 69 médias · 5 min

Donald Trump a annoncé vendredi un accord avec Vladimir Poutine pour permettre à la Russie de fournir du diesel aux marchés américain et mondial. Washington a accordé une autorisation provisoire malgré les sanctions qui frappent les exportations d’hydrocarbures russes depuis l’invasion de l’Ukraine. Le calendrier présenté par le président américain prévoit plus de 300 000 tonnes en octobre, 500 000 tonnes supplémentaires en novembre et jusqu’à un million de tonnes ensuite, auxquelles pourraient s’ajouter trois millions de tonnes selon l’état des raffineries russes.

Donald Trump présente cette décision comme un moyen de faire baisser rapidement les prix du carburant aux États-Unis, à quelques semaines des élections de mi-mandat. Vladimir Poutine a confirmé la volonté russe de fournir du pétrole et des produits pétroliers. Volodymyr Zelensky juge l’accord « indigne » et « faible », estimant qu’il permettra à la Russie de financer plus longtemps son effort de guerre. Le Kremlin affirme de son côté que Vladimir Poutine a accueilli avec compréhension des propositions américaines de désescalade en Ukraine.

Près de 5 millions de tonnes de diesel russe pourraient être mises sur le marché

Le dispositif annoncé par Donald Trump doit commencer par la mise sur le marché de plus de 300 000 tonnes de diesel russe en octobre. Le président américain a ensuite évoqué 500 000 tonnes supplémentaires en novembre, puis un million de tonnes immédiatement après. Il a également parlé de trois millions de tonnes supplémentaires, en fonction de la production des raffineries russes, soit un total proche de cinq millions de tonnes sur la période annoncée.

Le Trésor américain a délivré une autorisation provisoire pour la vente, la livraison et l’importation de diesel russe. La Russie, qui avait auparavant restreint ses exportations de diesel, a aussi annoncé une reprise partielle des ventes vers les marchés étrangers. L’autorisation américaine doit permettre ces opérations jusqu’au 7 avril 2027. Le gouvernement russe présente cette réouverture comme une mesure susceptible d’avoir un effet positif sur l’économie mondiale.

Les volumes annoncés pourraient peser peu sur les prix à la pompe

Donald Trump veut faire baisser rapidement le prix du diesel pour les consommateurs américains, les agriculteurs, les éleveurs et les transporteurs routiers. Mais plusieurs analyses économiques jugent l’effet du dispositif incertain. Des spécialistes estiment que les volumes annoncés auront probablement peu d’influence sur les prix mondiaux, malgré la promesse présidentielle d’une baisse « dans des proportions record ».

Le débat porte aussi sur la capacité réelle de la Russie à exporter les quantités annoncées. Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, a mis en doute cette capacité, affirmant que des pénuries de carburant existaient même en Russie. L’accord produit donc un effet politique immédiat, mais son impact sur les prix reste limité ou incertain selon les experts cités dans le dossier.

Trump réclame un nouveau président ukrainien et accuse Zelensky de bloquer la paix

Le lendemain de l’annonce sur le diesel, Donald Trump a demandé que l’Ukraine se dote d’un nouveau président capable, selon lui, de conclure un accord avec Moscou. Il a accusé Volodymyr Zelensky d’avoir laissé passer plusieurs occasions de mettre fin à la guerre et lui a ordonné de cesser les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes. Le président américain affirme que ces attaques aggravent la pénurie mondiale de diesel.

Le gouvernement ukrainien a rejeté cette mise en cause. Le ministre des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a rappelé que le choix du dirigeant appartenait aux Ukrainiens et que Volodymyr Zelensky bénéficiait du soutien de la population. Le Premier ministre britannique Andy Burnham a également assuré le président ukrainien de sa « totale solidarité ». La question du diesel a ainsi ouvert un affrontement politique direct entre Washington et Kiev.

Présenté par Washington comme une mesure contre la hausse des carburants, l’accord a d’abord produit un effet politique sur Kiev : Moscou obtient un allègement des sanctions, tandis que Donald Trump transforme le désaccord sur le diesel en accusation directe contre Volodymyr Zelensky.

Le Yak

Les Européens redoutent que le diesel russe finance davantage la guerre

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a estimé que la levée des sanctions sur le diesel fournirait à Moscou des revenus supplémentaires pour mener la guerre contre l’Ukraine. L’Union européenne a appelé à ne pas relâcher la pression sur la Russie. L’Allemagne a indiqué travailler avec ses partenaires à de nouvelles sanctions, tout en réaffirmant son soutien à Kiev.

D’autres alliés ont marqué leur distance. L’Australie a déclaré ne pas avoir besoin ni envie d’acheter du carburant russe et a maintenu l’interdiction de ces achats. Pour les Européens, l’accord complique aussi la position commune sur les sanctions et le soutien à l’Ukraine, alors que Washington négocie directement avec Moscou.

Les discussions entre Washington et Kiev écourtées après l’annonce de l’accord

La délégation ukrainienne s’était rendue à Miami pour discuter avec les émissaires de Donald Trump de la guerre, des garanties de sécurité, des exportations de céréales et de la préparation énergétique de l’hiver. L’émissaire américain Steve Witkoff a qualifié les échanges de « constructifs », mais la réunion prévue sur deux jours a finalement été écourtée. Les représentants ukrainiens sont repartis avant la fin initialement prévue.

Volodymyr Zelensky a dénoncé un « écran de fumée », estimant que la présence de son équipe aux États-Unis avait servi de façade à l’accord conclu avec Moscou. Le Kremlin a de son côté associé l’appel entre Donald Trump et Vladimir Poutine à des propositions américaines de « désescalade », sans en préciser le contenu. Les discussions sur la guerre n’ont débouché sur aucun nouveau cadre de négociation annoncé.

Médianalyse du Yak

La couverture est fortement personnalisée autour du duel Trump-Zelensky-Poutine. Les formules « cadeau à Poutine », « nouveau président » et « décision indigne » rendent la séquence immédiatement lisible, tandis que les modalités techniques de l’autorisation et la capacité réelle de la Russie à exporter les volumes annoncés restent davantage en retrait.

Deux cadrages coexistent nettement. Une partie de la couverture insiste sur la pression exercée sur les prix américains et sur l’échéance électorale des midterms ; une autre privilégie les sanctions, les recettes susceptibles de financer la guerre et le risque de fracture entre Washington, Kiev et les Européens. Les analyses économiques sont généralement plus prudentes que les déclarations politiques sur l’ampleur de la baisse attendue.

Article généré par le Yak

LES SOURCES69 médias · 141 sources

Le Monde 2 articles

Le Figaro 4 articles

Libération 2 articles

Le Parisien 3 articles

L’Express 1 article

L’Humanité 1 article

La Croix 2 articles

Atlantico 1 article

HuffPost France 4 articles

20 Minutes 2 articles

Franceinfo 5 articles

BFMTV 5 articles

BFM 2 articles

France 24 3 articles

Euronews FR 1 article

TV5MONDE 4 articles

La Dépêche du Midi 1 article

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

Nice-Matin 1 article

L’Est Républicain 1 article

L’Indépendant 2 articles

Midi Libre 1 article

DNA 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

JSL 1 article

Le Bien Public 1 article

La Nouvelle République 1 article

Courrier International 1 article

RFI 3 articles

Mediapart 1 article

La Libre 4 articles

La Dernière Heure 2 articles

RTS 2 articles

Radio-Canada 1 article

Le Devoir 1 article

Agence Anadolu 1 article

BBC News 2 articles

The Guardian 3 articles

The New York Times 1 article

Al Jazeera English 5 articles

South China Morning Post 2 articles

The Hindu 1 article

Folha de S.Paulo 1 article

La Nación Argentina 2 articles

The Guardian Australia 1 article

La Vanguardia 5 articles

Die Zeit 2 articles

Frankfurter Allgemeine Zeitung 4 articles

La Repubblica 2 articles

De Standaard 3 articles

De Tijd 1 article

NRC 1 article

de Volkskrant 1 article

The Irish Times 1 article

Neue Zürcher Zeitung 2 articles

Der Standard 2 articles

Politiken 2 articles

Dagens Nyheter 1 article

Aftenposten 2 articles

Helsingin Sanomat 2 articles

Gazeta Wyborcza 2 articles

Telex 3 articles

Adevărul 7 articles

The Kyiv Independent 4 articles

La Tercera 2 articles

The National 1 article

The Times of Israel 1 article

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