Le gouvernement pakistanais a suspendu l’autonomie politique du Khyber Pakhtunkhwa en combinant deux mesures constitutionnelles : l’état d’urgence prévu par l’article 232 et le régime du gouverneur prévu par l’article 234. Le gouverneur Faisal Karim Kundi dirige désormais la province avec l’aide d’un conseil consultatif technocratique de onze membres.
Le pouvoir central justifie sa décision par la dégradation de la sécurité et par ce qu’il présente comme le désengagement du gouvernement provincial, dirigé par le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), dans la lutte contre le terrorisme. Il a aussi autorisé le déploiement de moyens de l’armée en soutien aux autorités civiles. Le vice-Premier ministre Ishaq Dar assure que la décision n’est pas politique.
Le PTI conteste cette version et estime que la mesure vise à affaiblir le parti et à empêcher sa marche vers Islamabad. Le chef du gouvernement provincial, Sohail Afridi, ainsi que plusieurs membres de son cabinet ont été placés en détention préventive. La police a également arrêté des militants et empêché plusieurs rassemblements.
À Peshawar, des conteneurs bloquent les axes menant aux quartiers administratifs et à la zone rouge. Des écoles ont fermé, des examens ont été reportés dans plusieurs districts et des restrictions visant les rassemblements ont été imposées. La base constitutionnelle de la décision est également contestée : une analyse publiée au Pakistan souligne que l’état d’urgence et le régime du gouverneur répondent à des conditions différentes et pourraient être contestés devant les tribunaux.