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AUBAGNE — COLLÈGE LAKANAL

À Aubagne, un collégien de 14 ans ouvre le feu dans son établissement

Deux membres du personnel du collège Joseph-Lakanal ont été blessés lundi 12 octobre par des tirs de fusil de chasse. Le parquet national antiterroriste s’est saisi du dossier après l’exploitation des supports numériques du suspect, interpellé après les tirs ; ses parents ont été placés en garde à vue avant d’être remis en liberté.

84 sources · 37 médias · 4 min

Lundi 12 octobre, vers 9 h 25, un élève de 14 ans scolarisé en troisième a ouvert le feu dans le collège Joseph-Lakanal d’Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône. Armé d’un fusil de chasse, il a blessé le principal et une enseignante. Leur pronostic vital n’était pas engagé. Le jeune a ensuite été désarmé par un conseiller principal d’éducation, puis interpellé.

Une enquête pour tentatives d’assassinat avait été ouverte par le parquet de Marseille. Le parquet national antiterroriste s’est saisi du dossier mardi 13 octobre, après les premières investigations sur les supports numériques du mineur. Le Pnat évoque une probable adhésion à la True Crime Community, un ensemble de communautés en ligne qui glorifient les auteurs de tueries de masse et peuvent inciter à la violence extrême. Les parents du suspect, placés en garde à vue dans les heures qui ont suivi les tirs, ont finalement été remis en liberté, la complicité étant écartée.

Le fusil était dissimulé dans un étui à guitare

Le collégien avait dissimulé le fusil de chasse dans un étui à guitare pour entrer dans l’établissement. Il a tiré à plusieurs reprises avant d’être désarmé par un membre du personnel, selon les éléments rendus publics au lendemain des faits.

Le collège est resté fermé mardi. Des élèves ont raconté leur fuite et leur peur pendant les tirs. L’un d’eux a résumé la scène par ces mots : « On se dit qu’on va mourir ». Une cellule d’urgence médico-psychologique du Samu 13 est arrivée sur place environ deux heures après l’intrusion. Une dizaine de professionnels ont pris en charge les élèves et les personnels touchés par le choc. Plus de 200 personnes se sont ensuite réunies à Aubagne pour soutenir l’équipe éducative.

Le parquet antiterroriste relie l’enquête à la True Crime Community

La saisine du parquet national antiterroriste repose sur les premières analyses des supports numériques du mineur. Le Pnat estime que l’adolescent adhérait probablement à la True Crime Community et que son action pourrait s’inscrire dans cette idéologie. Il décrit un « écosystème de communautés numériques » qui glorifie les auteurs de tueries de masse et incite, dans certaines de ses formes, à la violence extrême.

Cette mouvance, également associée au terme « Columbiners », renvoie à la fascination pour la tuerie du lycée de Columbine, aux États-Unis, en 1999. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a évoqué des jeunes qui s’isolent, se marginalisent et échangent en ligne autour des tueries de masse. Il a également parlé de plusieurs dizaines de jeunes suivis en France. Dans le dossier d’Aubagne, le Pnat a retenu les qualifications de tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, d’association de malfaiteurs terroriste en vue de crimes contre les personnes et d’infractions à la législation sur les armes.

Deux lectures de l’acte avancent en parallèle dans la procédure : une vengeance liée à la scolarité, évoquée par les enquêteurs, et une possible inscription idéologique dans la True Crime Community, retenue par le parquet antiterroriste. La seconde justifie la saisine du Pnat, mais ne suffit pas à écarter la première ni à établir le mobile définitif.

Le Yak

Le profil du collégien mêle isolement scolaire et possible vengeance

Les premiers éléments de l’enquête décrivent un adolescent isolé et perturbateur dans l’établissement. Il vivait mal sa scolarité et aurait agi par esprit de vengeance, selon des éléments rapportés par Franceinfo. Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a affirmé qu’aucun élément n’attestait à ce stade un contexte de harcèlement.

Plusieurs publications ont également insisté sur son intérêt pour le jeu vidéo Call of Duty et sur sa solitude. Ces éléments rapportent un environnement et des centres d’intérêt évoqués par l’entourage ou les enquêteurs, mais ne suffisent pas à établir un lien de causalité avec le passage à l’acte. Le suspect a exprimé des regrets en garde à vue, selon une information attribuée à l’Agence Anadolu.

L’origine de l’arme et les portiques de sécurité relancent le débat

La garde à vue des parents a orienté les questions vers l’origine du fusil et les obligations qui encadrent la détention d’armes par les particuliers. Le père du suspect, ancien militaire, figurait parmi les personnes entendues. Les deux parents ont finalement été remis en liberté, la complicité étant écartée.

L’absence de portiques de sécurité devant les établissements scolaires a aussi suscité des réactions politiques. Martine Vassal, présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, a dénoncé cette absence. L’efficacité de ces dispositifs est toutefois contestée : le débat oppose le contrôle renforcé des entrées à la crainte de mesures jugées anxiogènes ou peu efficaces. À Aubagne, l’arme avait été introduite dans l’établissement dissimulée dans un étui.

Médianalyse du Yak

La couverture observée se concentre fortement sur le profil numérique du suspect : True Crime Community, fascination pour les tueries de masse, isolement et jeux vidéo. Cette focalisation donne une place centrale à la qualification antiterroriste et à la recherche d’un mobile idéologique, tandis que les blessures, la prise en charge psychologique et le déroulement concret de l’intervention occupent une place moindre.

Deux cadrages coexistent. Les médias nationaux privilégient l’enquête sur la mouvance en ligne et les hypothèses sur le passage à l’acte ; les médias locaux insistent davantage sur la panique des élèves, le soutien à l’équipe éducative et les secours psychologiques. Le débat sur les portiques et la détention des armes apparaît ensuite comme un prolongement sécuritaire, sans occuper la même place que le récit du profil du tireur.

Article généré par le Yak

LES SOURCES37 médias · 84 sources

Le Monde 1 article

Le Figaro 2 articles

Libération 1 article

Le Parisien 7 articles

Le Nouvel Obs 1 article

L’Humanité 1 article

La Croix 3 articles

Atlantico 3 articles

HuffPost France 2 articles

20 Minutes 3 articles

Actu.fr 1 article

Franceinfo 7 articles

BFMTV 7 articles

France 24 1 article

Euronews FR 1 article

RMC 7 articles

TV5MONDE 1 article

La Dépêche du Midi 3 articles

Le Progrès 2 articles

Le Dauphiné Libéré 2 articles

Nice-Matin 5 articles

L’Est Républicain 1 article

L’Indépendant 1 article

Midi Libre 2 articles

La Provence 4 articles

La Montagne 1 article

France Bleu 4 articles

Le Républicain Lorrain 1 article

JSL 1 article

RFI 1 article

Mediapart 1 article

La Libre 1 article

La Dernière Heure 1 article

Agence Anadolu 1 article

Adevărul 1 article

El Tiempo 1 article

Le JDD 1 article

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