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MOBILISATION DANS LES LYCÉES ET LES UNIVERSITÉS

Acte V : la mobilisation lycéenne recule dans les blocages mais se poursuit dans la rue

La journée du 13 octobre a réuni 161 500 manifestants selon le ministère de l’Intérieur et 480 000 selon l’intersyndicale. Alors que le gouvernement parle de décrue à l’approche des vacances, lycéens, étudiants et syndicats appellent à poursuivre le mouvement le 17 octobre.

409 sources · 79 médias · 6 min

Les lycéens, rejoints par des étudiants, des enseignants et plusieurs organisations syndicales, ont manifesté mardi 13 octobre dans de nombreuses villes pour le cinquième acte de leur mobilisation. Le ministère de l’Éducation nationale comptait environ 200 établissements fermés le matin, puis 214 lycées concernés dans la journée, sur quelque 3 700. Le gouvernement y voit un recul par rapport à la semaine précédente.

Les organisations de jeunesse revendiquent toutefois une nouvelle journée de forte mobilisation : elles avancent le chiffre de 480 000 manifestants en France, contre 161 500 selon le ministère de l’Intérieur, dont 41 500 à Paris. Le mouvement porte sur les conditions d’études, notamment le manque d’enseignants et les absences non remplacées, les classes et emplois du temps surchargés, les bâtiments dégradés et Parcoursup.

Le gouvernement a annoncé le déploiement de 3 000 professeurs remplaçants, le recrutement d’une centaine de contractuels et l’affectation, depuis vendredi, de 35 % des remplaçants disponibles. Ces annonces n’ont pas convaincu les organisations mobilisées, qui appellent à continuer après les vacances et à rejoindre la journée du 17 octobre.

Acte V : deux chiffres et des mobilisations locales très inégales

La participation à l’acte V donne lieu à deux estimations très éloignées. Le ministère de l’Intérieur a recensé 161 500 manifestants dans toute la France, dont 41 500 à Paris. L’intersyndicale de la jeunesse en revendique 480 000. Une semaine plus tôt, les autorités avaient compté 266 000 personnes, contre 450 000 selon les organisateurs.

La comparaison avec la précédente journée dépend donc de la source retenue. Le Figaro décrit une mobilisation en baisse, tandis que des organisations et plusieurs publications de gauche estiment que la présence dans les rues dément l’hypothèse d’un essoufflement. Les situations locales sont contrastées : certains cortèges ont réuni plusieurs milliers de personnes, tandis que des rassemblements ont été moins suivis ou que des tentatives de blocage ont échoué.

Les 3 000 remplaçants annoncés ne répondent pas aux revendications sur l’école

Le gouvernement a promis de mobiliser 3 000 professeurs remplaçants dans les établissements les plus touchés par les absences d’enseignants. Édouard Geffray affirme que, dans 23 académies sur 30, 35 % des remplaçants disponibles avaient été affectés depuis vendredi et qu’une centaine de contractuels avaient été recrutés.

Les organisations syndicales et les lycéens contestent la portée de cette réponse. Certaines affectations ont été décrites comme inadaptées, avec des enseignants envoyés dans des matières qui ne correspondaient pas toujours aux besoins. Les revendications portent aussi sur les bâtiments, les effectifs, les emplois du temps et Parcoursup. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, défend de son côté la plateforme, qu’il présente comme « le contraire du tri social », en affirmant que 150 000 jeunes boursiers ont obtenu le vœu de leur choix depuis sa création.

La réponse gouvernementale et la contestation ne portent pas exactement sur le même niveau de réalité : l’exécutif compte les affectations de remplaçants, tandis que les lycéens jugent la présence effective de professeurs dans la bonne matière et au bon moment. Le chiffre des 3 000 renforts ne suffit donc pas, à lui seul, à mesurer la résolution du problème.

Le Yak

À Saint-Denis et dans les universités, des soutiens cherchent à élargir le mouvement

La mobilisation a reçu mardi le soutien de Greta Thunberg devant le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, l’un des établissements au cœur du mouvement. « Les jeunes ne sont pas associés aux discussions. On nous vole notre avenir », a déclaré la militante suédoise devant plus d’une centaine de jeunes. Une vingtaine d’avocats se sont également rendus sur place pour protéger les lycéens d’éventuelles violences policières.

Dans les universités, l’Union étudiante affirme que 90 % des établissements sont « bloqués » ou « fermés ». Le ministère de l’Enseignement supérieur parle, lui, de perturbations dans 35 % des établissements. À Nanterre, Paris-Saclay, Bordeaux, Lyon et Toulon, des étudiants ont rejoint les cortèges ou les assemblées organisés avec les lycéens. Les organisations espèrent élargir cette alliance aux salariés, aux retraités et aux « gilets jaunes » lors de la journée du 17 octobre. La CGT a appelé ses structures à participer aux mobilisations lorsque les conditions seraient réunies.

36 enquêtes de l’IGPN ouvertes après des violences dans les cortèges

Les violences et les conditions du maintien de l’ordre occupent une place croissante dans la mobilisation. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé l’ouverture de 36 enquêtes par l’IGPN depuis le début du mouvement, dont quatre pour des « blessures mutilantes ». Plus de 200 élèves ont été blessés, selon un bilan relayé mardi, et près de 150 personnels de l’Éducation nationale l’ont également été d’après le ministère.

À Tours, un policier a été mis en examen pour violences aggravées après la blessure à l’œil d’un lycéen de 16 ans. La Ligue des droits de l’homme dit avoir reçu 85 signalements en une semaine sur sa plateforme de recueil de témoignages. Le ministère de l’Intérieur affirme pour sa part que les forces de l’ordre répondent à des violences urbaines et interviennent pour interpeller les auteurs de dégradations. Mardi, des heurts, des tirs de gaz lacrymogène, des voitures brûlées et des dégradations ont été signalés dans plusieurs villes, tandis que d’autres cortèges se sont terminés dans le calme.

Les blocages opposent revendications communes et droit d’étudier

Après plusieurs semaines de perturbations, le soutien aux revendications ne fait plus disparaître les critiques contre les méthodes employées. Des parents, des étudiants et des personnels disent comprendre les demandes sur les professeurs absents, les bâtiments et les conditions d’études, tout en dénonçant la fermeture des établissements et les cours perdus.

À Marseille, à Paris et à Tours, des élèves et des familles ont expliqué leur inquiétude pour le bac et leur impossibilité d’accéder aux cours. Des proviseurs se disent épuisés par la nécessité d’assurer simultanément la sécurité, l’ouverture des établissements et le dialogue avec les bloqueurs. À Laval, la direction du lycée Douanier-Rousseau a menacé des internes participant aux blocages d’une exclusion de l’internat, une mesure dénoncée par des syndicats. Dans d’autres lieux, des enseignants, des parents et des adultes ont accompagné les cortèges pour protéger les mineurs ou soutenir leurs revendications.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, la bataille des chiffres, la présence de Greta Thunberg et les violences en marge des cortèges occupent une place centrale. Ces éléments rendent la séquence immédiatement visible, tandis que les revendications plus techniques — affectation réelle des remplaçants, emplois du temps, vétusté des bâtiments et fonctionnement de Parcoursup — sont davantage développées dans des articles spécialisés ou des reportages de terrain.

Deux cadrages coexistent nettement. Une partie des publications insiste sur la « décrue », les blocages moins nombreux et l’activisme d’une minorité ; d’autres mettent en avant l’ampleur nationale des manifestations, le soutien des étudiants et la poursuite annoncée du mouvement. Les reportages locaux ajoutent une troisième lecture : la mobilisation reste forte dans certaines villes, mais très inégale selon les établissements.

La couverture personnalise aussi fortement le conflit autour de Greta Thunberg, de Laurent Nuñez et de figures politiques comme Jean-Luc Mélenchon. Cette personnalisation donne des visages au rapport de force, tandis que la question de la reprise concrète des cours et de la régularité des conditions d’études reste moins spectaculaire et plus dispersée dans le traitement.

Article généré par le Yak

LES SOURCES79 médias · 409 sources

Le Monde 9 articles

Le Figaro 8 articles

Libération 9 articles

Le Parisien 13 articles

Le Nouvel Obs 11 articles

L’Express 1 article

L’Humanité 36 articles

Valeurs Actuelles 1 article

La Croix 5 articles

HuffPost France 4 articles

20 Minutes 9 articles

Actu.fr 25 articles

Franceinfo 12 articles

BFMTV 74 articles

France 24 7 articles

Euronews FR 1 article

RMC 5 articles

TV5MONDE 3 articles

Public Sénat 3 articles

Ouest-France 6 articles

La Dépêche du Midi 7 articles

Le Progrès 6 articles

Le Dauphiné Libéré 4 articles

Nice-Matin 8 articles

L’Est Républicain 2 articles

L’Indépendant 6 articles

Midi Libre 4 articles

La Provence 12 articles

La Montagne 9 articles

France Bleu 4 articles

DNA 5 articles

Le Républicain Lorrain 5 articles

Vosges Matin 4 articles

L’Alsace 4 articles

JSL 3 articles

Le Bien Public 4 articles

La Nouvelle République 6 articles

La Nouvelle République des Pyrénées 2 articles

La 1ère 3 articles

Courrier International 2 articles

RFI 2 articles

Mediapart 4 articles

Le Temps 1 article

La Libre 1 article

La Dernière Heure 1 article

RTS 1 article

Radio-Canada 3 articles

LaPresse 1 article

Le Devoir 1 article

Agence Anadolu 6 articles

BBC News 1 article

The Guardian 1 article

CBC News 1 article

Al Jazeera English 4 articles

The Hindu 2 articles

Folha de S.Paulo 1 article

La Nación Argentina 1 article

El País 1 article

La Vanguardia 1 article

Die Zeit 1 article

de Volkskrant 1 article

Der Standard 1 article

Politiken 1 article

Helsingin Sanomat 1 article

Telex 1 article

La Tercera 1 article

The National 1 article

Dawn 2 articles

Reporterre 5 articles

Mediacités 1 article

Arrêt sur images 1 article

Basta! 1 article

Blast 2 articles

Bondy Blog 1 article

Le Canard Enchaîné 3 articles

Off Investigation 1 article

StreetPress 1 article

Causeur 1 article

Le JDD 6 articles

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