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PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE

Glucksmann remporte la primaire, mais ne rassemble pas encore la gauche

Raphaël Glucksmann s’est imposé dès le premier tour de la primaire sociale-démocrate avec 66 % des voix. Cette victoire lui donne un point d’appui au centre gauche, sans régler la division de la gauche ni la multiplication des candidatures au centre et à droite.

103 sources · 32 médias · 6 min

La campagne présidentielle de 2027 s’est engagée autour d’un nombre croissant de candidatures déclarées ou revendiquées. Gabriel Attal s’est lancé pour Renaissance en mai 2026, Édouard Philippe avait annoncé la sienne dès 2024 pour Horizons, Marine Tondelier s’est déclarée pour Les Écologistes en octobre 2025 et Bruno Retailleau a été désigné par les adhérents des Républicains en avril 2026. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont également officialisé leur candidature pour le Rassemblement national et La France insoumise.

La principale évolution récente vient de la gauche sociale-démocrate. Raphaël Glucksmann a remporté sa primaire dès le premier tour avec 66 % des suffrages, loin devant Olivier Faure et Ségolène Royal. Investi par Place publique et soutenu par le Parti socialiste, il dispose désormais d’une candidature commune à ce courant, mais doit encore élargir son électorat et lui donner une portée présidentielle. Son refus d’une alliance avec La France insoumise est clair, tandis que plusieurs volets de son programme restent imprécis.

Cette désignation ne referme pas le jeu à gauche. Marine Tondelier maintient une candidature écologiste autonome et Jean-Luc Mélenchon poursuit sa campagne avec un soutien visible dans une partie de la jeunesse. Au centre et à droite, les discussions pour une candidature commune restent bloquées. La campagne se présente donc comme une compétition entre plusieurs pôles, dont chacun cherche encore à élargir son électorat.

Avec 66 %, Glucksmann doit encore élargir sa base à gauche

La victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire sociale-démocrate lui a donné un candidat unique au sein de ce courant, mais pas une gauche unie. Olivier Faure, Ségolène Royal et plusieurs responsables socialistes attendent des signes concrets de rassemblement. Le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner, assure que les sénateurs PS seront « au service » de la campagne, tout en demandant au candidat de montrer par les actes sa volonté d’union.

François Hollande l’a appelé à élargir sa base au-delà des seuls socialistes et à créer une dynamique. Ségolène Royal a prévenu qu’elle ne le soutiendrait pas si sa campagne « dérive vers le macronisme ». La France insoumise a minimisé sa progression et contesté sa capacité à s’imposer sur ses terres électorales. Des militants insoumis l’ont par ailleurs pris pour cible après sa victoire à la primaire, épisode que Glucksmann a attribué à LFI.

Le candidat dispose d’un résultat net, mais il lui reste à réunir les socialistes, à élargir son électorat à gauche et à installer une image présidentielle. Ses propositions sur plusieurs dossiers demeurent moins précises que son refus d’une alliance avec LFI. Son positionnement international et européen est davantage affirmé : il défend un rapport de force commercial avec la Chine dans l’automobile électrique et une réponse européenne plus ferme face à la Russie et aux États-Unis.

Le résultat de la primaire règle la question du leadership au sein de la gauche sociale-démocrate, mais pas celle de son périmètre. Le score interne de Glucksmann est très large, tandis que les réactions de LFI, de Ségolène Royal et de plusieurs responsables socialistes montrent que la frontière entre rassemblement et autonomie reste le principal point de tension.

Le Yak

Philippe, Attal, Retailleau et Lisnard restent en concurrence au centre et à droite

Le bloc central et la droite abordent la campagne avec plusieurs candidatures et aucune procédure commune. Édouard Philippe, candidat d’Horizons depuis 2024, a multiplié les appels au dialogue entre les concurrents du centre. Ses démarches, dont une nouvelle lettre et des comités de liaison, restent sans réponse selon plusieurs titres de la presse régionale.

Gabriel Attal porte la candidature de Renaissance, tandis que Bruno Retailleau a été désigné par Les Républicains. David Lisnard, maire de Cannes et candidat de Nouvelle Énergie, refuse pour sa part les arrangements entre responsables politiques. Il a ironisé sur l’idée d’une primaire pour départager les candidats du bloc central et déclaré ne pas croire aux capacités d’Édouard Philippe à bien diriger le pays.

Lisnard cherche aussi à exister par des propositions autonomes. Il défend une réforme de l’éducation, souhaite « libéraliser » le système et affirme que le financement public devrait suivre le choix des parents. Sur la justice des mineurs, il veut revoir « l’excuse de minorité » et imposer des travaux d’intérêt général aux jeunes casseurs. Son arrivée en retard sur un plateau de BFMTV et RMC, suivie d’un recadrage en direct par la journaliste Apolline de Malherbe, a fourni une séquence très visible de sa campagne.

Marine Le Pen combine inflexions économiques et rupture institutionnelle

Marine Le Pen aborde sa quatrième campagne présidentielle avec un programme qui combine des marqueurs historiques du Rassemblement national et des inflexions économiques. Elle reprend désormais certaines recettes associées à Emmanuel Macron, notamment la simplification, la baisse de la dépense publique et la diminution de la fiscalité des entreprises, alors qu’elle les critiquait fortement en 2017.

La candidate veut aussi, en cas d’élection, consulter les électeurs par référendum pour instaurer la préférence nationale et abroger le droit du sol. Le président du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand, a affirmé qu’une telle révision ne pouvait pas être menée de cette manière, provoquant des réactions indignées au RN.

Sur le terrain, Marine Le Pen a présenté dans le Tarn-et-Garonne des propositions consacrées à la protection de l’enfance : reprise en main de l’aide sociale à l’enfance par l’État et création d’un ministère de la Famille. Son programme économique fait l’objet de critiques de Terra Nova, qui le juge extravagant et dénué de crédibilité. Le pouvoir d’achat reste néanmoins le principal critère de vote déclaré par les Français dans un sondage Ifop pour Vae Solis, où Marine Le Pen est présentée comme la candidate la mieux placée pour y répondre.

À Rennes 2, Mélenchon bénéficie d’un soutien marqué parmi les étudiants mobilisés

À l’université Rennes 2, plusieurs étudiants interrogés par l’AFP présentent le vote Jean-Luc Mélenchon comme une évidence. La faculté, où 40 % des 20 000 étudiants sont boursiers, est bloquée depuis une semaine dans le cadre de la mobilisation de la jeunesse contre l’austérité et pour de meilleures conditions d’études.

Une enquête électorale de la fondation Jean Jaurès publiée en septembre place Mélenchon entre 41 % et 44 % des intentions de vote chez les 18-24 ans, contre 20 % à 22 % pour Marine Le Pen. Une chercheuse de Sciences Po décrit une polarisation accrue de cette tranche d’âge entre LFI, le bloc central et l’extrême droite.

Les propositions mises en avant par les étudiants et les élus insoumis concernent directement leur quotidien : garantie d’autonomie, abrogation de Parcoursup et refus du tri social à l’entrée de l’université. Cette implantation n’est toutefois pas uniforme. Des étudiantes soulignent la difficulté à exprimer des positions différentes sur le campus, tandis qu’une source gouvernementale dénonce une « LFIsation » de l’université. Le meeting organisé par La France insoumise à Dijon, dans une salle de 450 places devenue trop petite, a fourni un autre indice de la mobilisation du mouvement en début de campagne.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, la séquence Glucksmann domine nettement : victoire à la primaire, rivalités avec Olivier Faure et François Hollande, conditions posées par Ségolène Royal, incidents avec LFI et épisodes médiatiques autour de Léa Salamé ou de l’enfarinage. La campagne est ainsi fortement personnalisée autour des rapports de force entre responsables.

Les angles les plus concrets et les plus conflictuels sont davantage visibles que les détails programmatiques. Les propositions sur l’éducation de David Lisnard, la fiscalité patrimoniale, les retraites, la protection de l’enfance ou la politique commerciale de Glucksmann apparaissent surtout dans des articles spécialisés ou des séquences séparées, plutôt que dans le récit principal de la campagne.

Deux cadrages coexistent : une partie de la couverture décrit une compétition éclatée entre personnalités et appareils, tandis que les publications consacrées à la jeunesse ou aux programmes font davantage ressortir des clivages de fond sur l’université, la fiscalité, l’autorité et le rôle de l’État.

Article généré par le Yak

LES SOURCES32 médias · 103 sources

Le Monde 3 articles

Le Figaro 11 articles

Libération 2 articles

Le Parisien 8 articles

Le Nouvel Obs 1 article

Atlantico 1 article

Actu.fr 1 article

Franceinfo 6 articles

BFMTV 21 articles

RMC 3 articles

TV5MONDE 2 articles

Public Sénat 1 article

La Dépêche du Midi 7 articles

Le Progrès 2 articles

Le Dauphiné Libéré 2 articles

L’Est Républicain 2 articles

Midi Libre 3 articles

France Bleu 1 article

DNA 1 article

Le Républicain Lorrain 3 articles

Vosges Matin 2 articles

L’Alsace 1 article

JSL 3 articles

Le Bien Public 3 articles

RFI 1 article

La Libre 1 article

La Dernière Heure 1 article

Al Jazeera English 1 article

El País 1 article

Alternatives Économiques 1 article

Le Canard Enchaîné 5 articles

Le JDD 2 articles

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