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CYBERSÉCURITÉ ET GRANDE DISTRIBUTION

Une cyberattaque dérègle le froid de centaines de supermarchés français

Dans la nuit du 11 au 12 octobre, des pirates ont pris à distance le contrôle d’installations de réfrigération connectées dans plusieurs enseignes. Des produits frais et surgelés ont été détruits, tandis que l’enquête cherche toujours à identifier les responsables.

90 sources · 57 médias · 5 min

Les systèmes frigorifiques de plusieurs centaines de supermarchés français ont été déréglés à distance dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 octobre. Certains équipements sont passés en mode dégivrage ou ont fortement chauffé, faisant perdre aux magasins leurs températures habituelles. Des produits frais, de la viande, des laitages et des surgelés ont dû être jetés dans des magasins Coopérative U, Intermarché, Carrefour, E.Leclerc et Monoprix.

L’ampleur de l’attaque reste incertaine : les estimations vont d’environ 380 magasins à 500, tandis que le ministre de l’Économie Roland Lescure a évoqué jusqu’à 700 sites. Coopérative U a recensé 80 magasins concernés, en précisant qu’une minorité seulement avait dû détruire des marchandises. Les pertes vont de plusieurs dizaines de milliers d’euros dans certains commerces à près de 200 000 euros pour des hypermarchés.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête. Les auteurs n’ont pas été identifiés et aucune revendication n’a été rapportée. Les investigations ont d’abord porté sur des systèmes de régulation connectés du fabricant danois Danfoss, avant que des équipements Copeland et Dixell ne soient également signalés.

Le dégivrage à distance a fait monter la température des frigos

L’attaque a visé les systèmes qui pilotent les températures des meubles réfrigérés, des chambres froides et des congélateurs. En prenant le contrôle des thermostats, les pirates ont pu modifier les réglages ou activer la fonction de dégivrage. Les températures rapportées vont de plusieurs dizaines de degrés à 50 °C, voire davantage selon les publications.

Le fabricant danois Danfoss a d’abord été identifié comme le principal point commun entre les installations touchées. Des experts en cybersécurité ont décrit un mode opératoire « pas si sophistiqué que ça » et signalé que des systèmes de réfrigération étaient directement exposés sur Internet. La vulnérabilité du logiciel avait déjà été repérée lors d’audits menés quelques années auparavant. L’attaque n’a donc pas eu besoin de viser les caisses ou les données clients : le dérèglement du froid a suffi à provoquer des pertes matérielles.

À Ouroux-sur-Saône, plus de 130 000 euros de marchandises ont été jetés

Les dégâts se sont traduits par des rayons frais vidés et des produits devenus impropres à la consommation. À Ouroux-sur-Saône, en Saône-et-Loire, l’Intermarché a dû jeter des dizaines de kilos de marchandises pour une valeur supérieure à 130 000 euros. À Mirepoix, en Ariège, les gérants d’un Super U ont évalué leurs pertes à 90 000 euros. Un Intermarché de Mirebeau-sur-Bèze a fait état de plus de 80 000 euros de pertes.

Le bilan n’a toutefois pas été uniforme. Dominique Schelcher, le dirigeant de Coopérative U, a qualifié l’attaque de « totalement inédite, inattendue et gravissime », tout en précisant que seule une minorité des 80 magasins U touchés avait dû jeter de la marchandise. Dans les plus petits points de vente, le coût des dégâts a été évalué à plusieurs dizaines de milliers d’euros ; il pouvait atteindre près de 200 000 euros dans les hypermarchés.

Copeland, Dixell et un E.Leclerc du Tarn élargissent le périmètre de l’attaque

L’attaque ne s’est pas limitée aux installations Danfoss. Le 13 octobre, un magasin E.Leclerc du Tarn a été contraint de jeter ses produits frais alors que ses équipements provenaient d’un autre fabricant. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information a ensuite alerté sur des appareils Copeland. Des régulateurs Dixell ont également été signalés comme touchés, notamment dans d’autres commerces visés au cours de la nuit suivante.

Les premiers chiffres associaient notamment 300 magasins Intermarché ou Netto, 80 magasins Carrefour, 80 magasins U et une trentaine de Monoprix à des systèmes Danfoss. D’autres enseignes et fabricants sont ensuite apparus dans les signalements. Les enquêteurs cherchent à déterminer si ces attaques relevaient d’une même opération.

Le passage d’un fabricant identifié à plusieurs familles d’équipements modifie la lecture de l’attaque : le problème ne se résume plus à un fournisseur unique. La méthode décrite par les experts reste toutefois relativement simple. L’ampleur des effets tient donc moins à une sophistication démontrée qu’au nombre de magasins reliés à des systèmes comparables.

Le Yak

L’attaque expose la fragilité d’une chaîne alimentaire très connectée

L’incident a relancé les interrogations sur des équipements qui ne sont pas toujours perçus comme des infrastructures numériques : systèmes de réfrigération, alarmes, ascenseurs ou installations domestiques connectées. Des experts cités dans les publications consacrées au sujet estiment que tout équipement relié à Internet peut devenir une porte d’entrée lorsqu’il est mal protégé ou insuffisamment isolé. Les banques et les transports sont également évoqués comme des secteurs exposés à des perturbations comparables, sans avoir été visés par cette attaque.

L’expert Stéphane Linou rattache cette vulnérabilité à celle de l’approvisionnement alimentaire. Il rappelle que 70 % de l’alimentation est achetée en grande surface et que les flux de production et de distribution dépendent largement du transport routier et de systèmes informatiques interconnectés. Pour lui, une crise prolongée toucherait donc les magasins comme les autres maillons de la chaîne. Son diagnostic porte sur un scénario de vulnérabilité alimentaire plus large que l’incident des supermarchés.

Médianalyse du Yak

La couverture privilégie nettement l’image des frigos chauffés, des températures de 50 ou 80 °C, des incendies et des tonnes de denrées détruites. Les formules « inédite », « gravissime » et « hors normes » reviennent souvent, donnant à la séquence une forte dimension spectaculaire. Les publications locales rendent cette conséquence matérielle particulièrement visible à travers les montants de pertes et les rayons vidés.

Un autre cadrage porte sur les systèmes connectés et la sécurité alimentaire. Il déplace l’attention du dommage immédiat vers la régulation frigorifique exposée sur Internet, la multiplication des fabricants concernés et la dépendance des approvisionnements aux flux informatiques. Cet angle structurel reste moins visible que le récit des produits jetés et du bilan financier des magasins.

Le cadrage évolue rapidement avec l’ampleur attribuée à l’événement. Les premières publications concentrent l’attaque autour de Danfoss, puis les signalements concernant Copeland, Dixell et un magasin E.Leclerc équipé autrement élargissent le périmètre. Le bilan de Coopérative U nuance parallèlement l’impression de dégâts uniformes en distinguant le nombre de magasins touchés de celui des sites ayant effectivement jeté des marchandises.

Article généré par le Yak

LES SOURCES57 médias · 90 sources

Le Monde 1 article

Le Figaro 2 articles

Libération 1 article

Le Parisien 4 articles

L’Express 1 article

La Croix 2 articles

Atlantico 1 article

HuffPost France 1 article

20 Minutes 1 article

Actu.fr 1 article

Franceinfo 5 articles

BFMTV 4 articles

France 24 2 articles

RMC 3 articles

TV5MONDE 1 article

Public Sénat 1 article

Ouest-France 1 article

La Dépêche du Midi 1 article

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

Nice-Matin 1 article

L’Est Républicain 1 article

L’Indépendant 1 article

La Montagne 1 article

France Bleu 2 articles

DNA 1 article

Le Républicain Lorrain 2 articles

Vosges Matin 1 article

L’Alsace 1 article

JSL 2 articles

Le Bien Public 2 articles

La Libre 1 article

La Dernière Heure 1 article

Radio-Canada 1 article

LaPresse 1 article

Agence Anadolu 1 article

The New York Times 1 article

The Globe and Mail 1 article

Al Jazeera English 3 articles

Channel NewsAsia 4 articles

The Hindu 1 article

Folha de S.Paulo 1 article

La Nación Argentina 1 article

La Vanguardia 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 2 articles

De Standaard 1 article

De Tijd 2 articles

NRC 2 articles

de Volkskrant 6 articles

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Der Standard 1 article

Politiken 1 article

Aftenposten 1 article

Adevărul 1 article

El Tiempo 1 article

La Tercera 1 article

Numerama 2 articles

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