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PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE

Marine Le Pen atteint 37 % des intentions de vote à six mois de la présidentielle

Un baromètre Odoxa-Backbone place la candidate du RN nettement devant Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Cette avance dépend toutefois des configurations testées, alors que les candidatures et les stratégies d’alliance continuent de se multiplier.

180 sources · 44 médias · 9 min

Marine Le Pen recueille 37 % des intentions de vote au premier tour dans le baromètre Odoxa-Backbone publié à environ six mois de l’élection présidentielle des 18 avril et 2 mai 2027. Jean-Luc Mélenchon, en hausse de deux points, devance Édouard Philippe, avec respectivement 18 % et 17 %. Dans les hypothèses de second tour testées, la candidate du Rassemblement national l’emporterait par 68 % contre 32 % face au dirigeant insoumis et par 53 % contre 47 % face à l’ancien premier ministre.

Cette photographie ne fixe pas pour autant l’affiche du second tour. Une enquête Ifop-Fiducial place Édouard Philippe en position de se qualifier lorsqu’il est le seul représentant du bloc central. Elle mesure aussi une progression de Raphaël Glucksmann après sa victoire à la primaire sociale-démocrate et, dans une hypothèse de candidatures simultanées à droite, place David Lisnard devant Bruno Retailleau.

La précampagne reste dispersée. Raphaël Glucksmann doit élargir une victoire obtenue avec 66 % des voix à la primaire PS-Place publique, Jean-Luc Mélenchon cherche à consolider son implantation auprès des jeunes, le bloc central débat encore de son mode de désignation et Natacha Polony a ajouté une candidature souverainiste de gauche à une liste déjà fournie. L’avance mesurée de Marine Le Pen pousse ses concurrents à préciser leurs alliances et leurs lignes de rupture.

Natacha Polony officialise une candidature souverainiste de gauche

Natacha Polony a officialisé mercredi 14 octobre sa candidature à l’élection présidentielle. L’essayiste de 51 ans, ancienne directrice de la rédaction de Marianne et directrice de la revue L’Audace !, avait créé en septembre le mouvement Nous sommes la France. Elle dit vouloir « rassembler les orphelins de la politique » et « perturber le jeu politique ».

Se revendiquant du souverainisme de gauche, elle dénonce une « perte totale de rang de la France » sur les plans économique, industriel et politique. Son projet repose notamment sur une « politique de production » : priorité à la production française dans la commande publique et suppression des aides aux entreprises qui ne seraient pas conditionnées à une activité sur le territoire national. Elle défend également un État stratège et une Europe plus indépendante.

Sur l’immigration, elle affirme que la nation doit pouvoir décider qui entre sur son sol. Elle conditionne par ailleurs l’aide à l’Ukraine à l’achat d’armes européennes. La nouvelle candidate assure que des maires lui proposent déjà leur parrainage, mais part sans réseau politique constitué ni budget de campagne comparable à ceux des principales formations.

Glucksmann gagne sa primaire, mais Mélenchon reste devant chez les jeunes

Raphaël Glucksmann a remporté dès le premier tour la primaire PS-Place publique avec 66 % des voix. Le candidat social-démocrate promet de mettre fin à « l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon » à gauche, mais le faible nombre de votants laisse ouverte la question de sa capacité à élargir cette victoire.

Son premier défi se situe chez les jeunes. Parmi les électeurs de 18 à 24 ans certains d’aller voter, un sondage Ipsos-BVA-Cesi accorde 41 % à 43 % des intentions de vote à Jean-Luc Mélenchon, contre 20 % à 22 % à Marine Le Pen et 5 % à 6 % à Raphaël Glucksmann. Le dirigeant insoumis a soutenu la mobilisation lycéenne et est devenu une figure familière de ses manifestations. Le candidat social-démocrate a rencontré des lycéens, mais refuse de se rendre dans les cortèges, estimant que le rôle d’un responsable politique est d’apporter des réponses.

Raphaël Glucksmann propose un plan de cinq ans pour l’école publique, avec une hausse de la rémunération des enseignants, moins d’élèves par classe, la rénovation des bâtiments et l’abrogation de Parcoursup. Une organisation de soutien baptisée « Place aux jeunes » doit aussi réunir des membres de Place publique, du PS et des Écologistes. Son autre difficulté reste stratégique : il exclut une alliance avec Jean-Luc Mélenchon tout en cherchant à conquérir un électorat de gauche qui se méfie d’un rapprochement avec le centre.

Marine Tondelier reprend sa campagne et maintient son appel à l’union

Marine Tondelier a repris sa campagne après près de quatre semaines de congé maternité. Créditée de moins de 5 % dans les sondages récents, la candidate écologiste maintient une « double campagne pour l’écologie et pour l’union » et affirme qu’à gauche « personne n’est capable de l’emporter seul ».

Cette ligne se heurte à la victoire de Raphaël Glucksmann sur une orientation hostile à toute alliance avec La France insoumise et à la progression de Jean-Luc Mélenchon. Marine Tondelier dit avoir écrit à plusieurs personnalités politiques et refuse de soutenir un candidat uniquement pour lui permettre de prendre l’ascendant sur un autre. Yannick Jadot, de son côté, apporte son soutien à Raphaël Glucksmann.

La candidate a aussi placé les conditions de son retour au centre de sa prise de parole. Après la naissance de son fils le 23 septembre, elle dit avoir reçu des messages bienveillants mais aussi des « injonctions contradictoires ». Elle appelle à « lâcher la grappe aux femmes » et veut porter dans la campagne la maternité, la santé reproductive et sexuelle ainsi que le post-partum.

La primaire a donné à Raphaël Glucksmann une investiture nette, pas l’unification de la gauche. Mélenchon reste devant dans les intentions de vote, tandis que Tondelier maintient sa candidature au nom d’une union dont les deux principaux pôles défendent des stratégies incompatibles.

Le Yak

David Lisnard devance Retailleau dans une hypothèse, mais reste à 3,5 %

David Lisnard passe devant Bruno Retailleau dans une hypothèse de candidatures simultanées testée par l’Ifop. Le maire de Cannes, qui a quitté Les Républicains au printemps, revendique environ 55 000 adhérents à Nouvelle Énergie et fait campagne sur un programme libéral : État recentré sur ses missions régaliennes, débureaucratisation et école d’excellence.

Sa progression est d’abord numérique. En quatorze jours, il a gagné plus de 126 000 abonnés sur Instagram, pour atteindre 403 000, et près de 39 000 sur TikTok. Ces données doivent être maniées avec précaution, l’identité de tous les comptes ne pouvant pas être vérifiée. La formule diffusée par ses soutiens, « Il se passe quelque chose », est devenue un slogan puis un objet de dérision, ce qui a encore accru sa circulation.

Cette visibilité ne se retrouve pas encore au même niveau dans les intentions de vote : David Lisnard est mesuré à 3,5 % dans une enquête. Il défend l’organisation d’une primaire de la droite et du centre, alors que Bruno Retailleau poursuit l’installation de ses relais locaux et doit présenter son livre-programme.

La progression de David Lisnard repose pour l’instant sur deux indicateurs différents : une forte accélération sur les réseaux sociaux et une intention de vote encore limitée. Sa capacité à peser sur la droite est documentée ; sa capacité à élargir cet espace ne l’est pas encore.

Le Yak

Marine Le Pen veut arrêter les aides à l’Ukraine après six mois

Marine Le Pen annonce qu’elle maintiendrait pendant six mois les aides financières françaises à l’Ukraine en cas d’élection, avant d’y mettre fin. La candidate du RN justifie cette échéance par la situation de la dette publique et affirme que la France n’a plus les moyens de financer ce soutien.

Elle prépare également une confrontation budgétaire avec l’Union européenne. Marine Le Pen veut retirer 11 milliards d’euros de la contribution française et promet un « bras de fer » avec Bruxelles. Elle accuse les institutions européennes de chercher à verrouiller leurs choix plus d’un an avant l’élection et met en cause Ursula von der Leyen, qui n’aurait selon elle « plus la confiance de beaucoup de gouvernements ».

Sur les retraites, la candidate doit présenter sa réforme le 17 novembre. Elle fixe comme objectif une hausse du taux d’activité afin de ramener l’âge de départ à 62 ans, voire 60 ans, tout en déclarant qu’une retraite complète à 60 ans pour tous ne serait « pas raisonnable ».

Référendum constitutionnel : Ferrand et Le Pen s’opposent sur l’article 11

Marine Le Pen veut utiliser l’article 11 de la Constitution pour soumettre directement à référendum une révision constitutionnelle si elle accède à l’Élysée. Richard Ferrand, président du Conseil constitutionnel, affirme qu’une telle procédure ne permet pas de contourner le Parlement.

La candidate du RN a répliqué en demandant son départ de la tête du Conseil constitutionnel. Le désaccord porte sur une ancienne querelle institutionnelle : Marine Le Pen invoque la voie utilisée par le général de Gaulle, tandis que Richard Ferrand estime qu’elle ne peut servir à réviser la Constitution dans les conditions annoncées. Le conflit intervient avant toute mise en œuvre et oppose donc, à ce stade, un projet de campagne à l’interprétation défendue par le président du Conseil constitutionnel.

Viginum a déjà détecté plus de cent opérations d’ingérence

Viginum a détecté plus d’une centaine d’opérations d’ingérence numérique visant la campagne présidentielle, contre 25 lors des élections européennes et législatives de 2024 et quatre pendant les municipales de 2026. Le service décrit un ciblage « massif et très précoce », tout en précisant que les opérations repérées restent pour l’instant d’un niveau médiocre et peu visibles.

Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann et Édouard Philippe ont principalement été visés par de faux contenus sur leur santé ou leur vie privée, attribués notamment à des réseaux prorusses. Leurs réponses ont divergé. Édouard Philippe a gardé le silence pour ne pas amplifier ces contenus. Raphaël Glucksmann a dénoncé une opération de déstabilisation. Gabriel Attal a multiplié les alertes sur le risque d’une élection faussée.

Viginum recommande de ne pas communiquer lorsque la diffusion reste faible, afin de ne pas offrir une audience supplémentaire à l’opération. Un projet de loi examiné au Sénat prévoit de porter à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende les peines encourues pour la diffusion de fausses informations en période électorale. Il créerait aussi une procédure d’urgence pour obtenir le retrait de contenus manifestement inexacts ou trompeurs diffusés de manière artificielle ou automatisée pour le compte présumé d’une puissance étrangère.

Le nombre d’opérations détectées est inédit, mais leur audience actuelle reste faible. La difficulté consiste à alerter sur une menace précoce sans offrir aux contenus manipulés la visibilité qu’ils n’avaient pas obtenue seuls.

Le Yak

L’Arcom prépare un code de conduite pour les podcasts politiques

L’Arcom a invité plusieurs animateurs de podcasts très suivis, parmi lesquels Gaspard G, Guillaume Pley et Sam Zirah, à réfléchir à un code de bonne conduite commun. Ces formats accueillent régulièrement des candidats et occupent une place croissante dans leurs stratégies d’entretien.

La démarche porte sur les podcasts politiques les plus influents et intervient alors que les candidats investissent des canaux qui ne relèvent pas toujours des formats audiovisuels traditionnels. L’autorité travaille à des mécanismes de régulation partagés plutôt qu’à une mesure déjà arrêtée.

75 % des Français interrogés ne veulent pas utiliser l’IA pour choisir

Selon une enquête Verian publiée le 14 octobre, 75 % des Français interrogés déclarent qu’ils n’utiliseront pas l’intelligence artificielle pour s’informer sur les candidats à la présidentielle. Seuls 18 % envisagent d’y recourir et 20 % disent faire confiance à des outils comme ChatGPT pour cet usage.

La méfiance porte aussi sur la qualité du débat électoral : 64 % redoutent que l’intelligence artificielle facilite la diffusion de fausses informations. Les usages déclarés varient selon les générations, mais l’IA ne s’installe pas, à ce stade, comme un intermédiaire accepté par la majorité des électeurs.

Médianalyse du Yak

L’hypothèse d’un second tour Le Pen-Mélenchon domine largement la couverture des sondages. L’ordre d’arrivée du baromètre Odoxa-Backbone est le chiffre le plus repris, tandis que les configurations différentes testées par l’Ifop et les critiques portant sur des enquêtes réalisées plusieurs mois avant le vote restent davantage en retrait.

L’annonce de Natacha Polony a produit une couverture très personnalisée : son parcours médiatique, ses formules sur l’effondrement du pays et l’abondance des candidatures ont souvent précédé le détail de ses propositions sur la production, la commande publique et les aides aux entreprises.

Deux récits de campagne numérique coexistent. David Lisnard est présenté à travers la croissance spectaculaire de ses abonnés et la circulation d’un mème, tandis que les ingérences étrangères sont traitées sous un angle plus institutionnel, entre détection par Viginum, prudence face à l’amplification et projet de loi.

Le retour de Marine Tondelier a été fortement associé à sa maternité et à son appel à « lâcher la grappe aux femmes ». Sa stratégie d’union de la gauche est présente, mais partage l’attention avec une séquence personnelle devenue un fait politique de campagne.

Article généré par le Yak

LES SOURCES44 médias · 180 sources

Le Monde 3 articles

Le Figaro 12 articles

Libération 4 articles

Le Parisien 15 articles

Le Nouvel Obs 3 articles

L’Express 1 article

Valeurs Actuelles 3 articles

La Croix 2 articles

Atlantico 1 article

HuffPost France 4 articles

20 Minutes 4 articles

Actu.fr 1 article

Franceinfo 5 articles

BFMTV 35 articles

France 24 3 articles

Euronews FR 1 article

RMC 5 articles

TV5MONDE 7 articles

Public Sénat 4 articles

Ouest-France 2 articles

La Dépêche du Midi 5 articles

Le Progrès 4 articles

Le Dauphiné Libéré 4 articles

Nice-Matin 2 articles

L’Est Républicain 2 articles

Midi Libre 5 articles

La Provence 2 articles

La Montagne 4 articles

France Bleu 2 articles

DNA 2 articles

Le Républicain Lorrain 4 articles

Vosges Matin 4 articles

L’Alsace 3 articles

JSL 4 articles

Le Bien Public 3 articles

La Nouvelle République 2 articles

Le Temps 1 article

La Libre 2 articles

La Dernière Heure 1 article

Agence Anadolu 2 articles

NRC 1 article

Numerama 1 article

Causeur 1 article

Le JDD 4 articles

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