La déforestation mondiale a reculé de 15 % en 2025, avec sept millions d’hectares de forêts détruits définitivement. Le rapport annuel du Forest Declaration Assessment présente toutefois cette baisse comme une exception plutôt que comme le début d’une nouvelle trajectoire.
L’amélioration vient surtout d’Amérique latine. La limitation de l’extension des terres agricoles et des pâturages a notamment réduit les pertes dans l’Amazonie brésilienne. « Cela montre que le progrès est possible », a estimé Erin Matson, experte de Climate Focus et coautrice du rapport, en précisant que le résultat de 2025 restait isolé.
Le bassin du Congo suit le mouvement inverse. La déforestation y a atteint 2,4 millions d’hectares en un an, soit, pour la première fois, un niveau comparable à celui de l’Amérique latine. L’exploitation du bois et la conversion des forêts au profit d’activités agricoles ou minières restent les principales causes avancées.
Sam Nguiffo, fondateur du Centre pour l’environnement et le développement au Cameroun, qualifie cette situation de « désastre ». Il alerte sur la réduction des espaces disponibles pour les communautés locales et autochtones, la perte de moyens de subsistance et l’alimentation de conflits.
La dégradation forestière, qui peut précéder une destruction définitive, a également augmenté en Afrique. À l’échelle mondiale, elle a néanmoins reculé de 34 %, après une année 2024 marquée par de nombreux incendies.
La baisse enregistrée reste insuffisante pour tenir l’engagement pris à la COP26 d’éliminer la déforestation d’ici à 2030. Il faudrait réduire les pertes d’environ un million d’hectares chaque année. Les auteurs jugent en outre improbable une nouvelle baisse comparable en raison d’un épisode El Niño exceptionnellement puissant, susceptible d’accroître les sécheresses et les incendies dans les forêts tropicales.