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MOBILISATION DANS LES LYCÉES

La mobilisation lycéenne se poursuit, le face-à-face sécuritaire se durcit

Parti de la région parisienne le 17 septembre, le mouvement s’est étendu à de nombreux établissements et à quelques universités. À deux jours du 17 octobre, le dialogue avec le gouvernement reste bloqué, tandis que les affrontements, les interpellations et les accusations de violences policières prennent une place croissante.

255 sources · 56 médias · 6 min

Engagée depuis le 17 septembre, la mobilisation lycéenne s’est étendue à travers la France autour de revendications sur les conditions d’enseignement, le manque de professeurs, l’état des établissements, les emplois du temps et Parcoursup. Le ministère de l’Éducation nationale estime qu’un tiers des 3 700 lycées n’a jamais été perturbé, qu’un autre tiers a connu des perturbations limitées et que le dernier tiers a été davantage touché. Plus de 200 établissements ont été fermés ou bloqués au cours d’une des journées d’action de la semaine.

Jeudi 15 octobre, à la veille des vacances de la Toussaint et deux jours avant une nouvelle journée de mobilisation, le mouvement restait actif. Les organisations lycéennes annoncent vouloir poursuivre les actions et demandent à être reçues par Matignon. La troisième réunion avec le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, n’a pas permis d’avancée notable selon plusieurs d’entre elles, qui réclament des mesures sur le bâti scolaire, les remplacements et Parcoursup. La journée du 17 octobre doit élargir la mobilisation aux étudiants, aux Gilets jaunes et à d’autres catégories sociales, dans un climat marqué par les affrontements et les tensions autour du maintien de l’ordre.

Les organisations lycéennes quittent la table des discussions et réclament des mesures sur Parcoursup et les établissements

La troisième réunion entre Édouard Geffray et les organisations lycéennes s’est achevée sans nouvel accord. Les associations Les Lycéens! et l’Union syndicale lycéenne ont jugé les réponses insuffisantes. Elles ont annoncé qu’elles ne participeraient pas à une nouvelle réunion avec le ministre et préféraient s’adresser directement au Premier ministre.

Le gouvernement met en avant plusieurs mesures. Sur les 3 000 professeurs titulaires remplaçants mobilisés en urgence, le ministre affirme que près des deux tiers ont déjà été affectés. Le nombre d’établissements classés en grande difficulté devait passer de 114 à 47 avant les vacances, avec pour objectif de régler les cas restants à la rentrée. Les organisations lycéennes attendent aussi des annonces sur Parcoursup d’ici à la fin du mois. Le gouvernement refuse de supprimer la plateforme, mais promet des modifications sur l’accompagnement à l’orientation, son fonctionnement et la suite du processus.

La contestation s’appuie sur des difficultés matérielles. À Lormont, des élèves ont évoqué des toilettes sans porte et des classes de 38 élèves. À Saint-Denis, des lycéens ont parlé de manque de papier, de savon et d’installations dégradées. Une étude relayée pendant la mobilisation souligne par ailleurs que Parcoursup ne garantit pas toujours l’atteinte des quotas de boursiers dans toutes les formations. Les proviseurs, eux aussi épuisés après plusieurs semaines de tension, ont été appelés à une « opération rideaux », consistant à ne traiter que les urgences.

À Saint-Denis, l’interpellation d’un lycéen dans son établissement ravive la défiance envers la police

L’intervention de policiers en civil au lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, jeudi 15 octobre, a provoqué une vive réaction des élèves et des personnels. Deux agents sont entrés dans l’établissement pour interpeller un adolescent accusé d’avoir insulté des policiers pendant un blocus. La préfecture indique que l’intervention avait été demandée par la direction et réalisée avec l’accord du chef d’établissement. Une enquête a été ouverte et plusieurs personnes ont été interpellées.

Des membres du personnel dénoncent une opération violente et reprochent au proviseur d’avoir laissé entrer les policiers dans l’enceinte scolaire. Des vidéos montrent l’interpellation d’un adolescent, tandis que des enseignants disent avoir tenté de s’interposer. Devant le commissariat, des élèves et des professeurs ont réclamé la libération du jeune et la démission du proviseur. Ils défendent l’idée d’une école « sanctuaire » et estiment que l’intervention a franchi une limite.

Le ministère de l’Intérieur fait état de près de 900 policiers et gendarmes blessés depuis le début du mouvement, ainsi que de plus de 200 lycéens et de près de 150 personnels de l’Éducation. Trente-six enquêtes ont été ouvertes par l’Inspection générale de la Police nationale, dont quatre pour des blessures qualifiées de mutilantes et six pour des blessures significatives. À Tours, un policier a été mis en examen après qu’un lycéen de 16 ans a perdu l’usage d’un œil, une blessure jugée compatible avec un tir de LBD.

Le conflit ne porte plus seulement sur le maintien de l’ordre autour des établissements : il se déplace à l’intérieur même de l’école. Les autorités présentent la protection des personnes et la continuité des cours comme des priorités, tandis que des personnels et des élèves voient dans l’entrée de policiers en civil une rupture avec le rôle protecteur de l’établissement.

Le Yak

De HEC aux universités, des étudiants rejoignent ponctuellement la mobilisation lycéenne

La mobilisation a franchi les portes des lycées. À HEC, entre vingt et trente étudiants ont bloqué partiellement l’entrée de l’école de commerce jeudi, une première depuis le début du mouvement. Des étudiants de Centrale, des Mines et de l’ENS avaient déjà apporté leur soutien. À Menton, une centaine d’étudiants de Sciences Po ont bloqué leur campus pour dénoncer la dégradation des conditions d’études et défendre la liberté de manifester. Des actions ont aussi été signalées dans plusieurs universités et établissements d’enseignement supérieur.

Cette extension reste localisée et inégale. Certains campus ont rouvert, comme l’université du Mans, tandis que des lycées et des universités demeuraient bloqués à Lyon, Toulouse, Poitiers ou dans les Alpes-Maritimes. À Rambouillet, les cours se poursuivaient normalement et des élèves estimaient que la mobilisation ne répondait pas à leur situation.

Les formes du mouvement circulent aussi sur les réseaux sociaux. Des slogans comme « Bismillah, c’est les ténèbres », des références à des mangas et des « battles d’aura » sont repris dans les blocus et les cortèges. Cette grammaire mêle dérision, références numériques et revendications politiques, sans faire disparaître les demandes sur les professeurs, les locaux ou l’orientation.

Le 17 octobre doit réunir plusieurs colères, sous la surveillance étroite des autorités

Plus de 1 000 actions étaient recensées jeudi sur une carte collaborative pour la journée du 17 octobre. La mobilisation, initialement organisée contre la vie chère et la hausse des carburants, doit aussi réunir des lycéens, des étudiants, des agriculteurs et d’anciennes figures des Gilets jaunes. Des syndicats, des organisations de jeunesse et des collectifs écologistes ont appelé à participer, avec des niveaux d’engagement différents.

À Paris, la préfecture de police a refusé le trajet déclaré entre la place de la République et la place de la Concorde, en invoquant des « risques sérieux de troubles à l’ordre public ». Elle a proposé un parcours entre République et Nation, refusé par les organisateurs, puis interdit le trajet initial. À Lyon, plusieurs rassemblements ont également été interdits après des dégradations. Les autorités se préparent à une mobilisation hétérogène et le gouvernement redoute de nouvelles violences.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu estime que le mouvement s’est transformé en « mouvement de violences urbaines », tout en reconnaissant que cette évolution fait « injure » aux lycéens venus exprimer leur angoisse et leur mécontentement. Le syndicat Alliance, qui accuse la hiérarchie de donner des consignes contradictoires et d’exposer les policiers, a annoncé une plainte contre l’État pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Le ministère de l’Intérieur affirme de son côté soutenir les forces de l’ordre.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, les violences, les interpellations et les accusations visant la police occupent une place particulièrement visible. L’intervention au lycée Paul-Éluard, le lycéen ayant perdu l’usage d’un œil et les chiffres de policiers blessés prennent davantage de place que les discussions techniques sur les remplacements, les emplois du temps ou les critères de Parcoursup.

Deux cadrages coexistent. Les publications nationales insistent souvent sur le risque de débordement et la préparation du 17 octobre, tandis que les reportages locaux donnent davantage à voir les conditions matérielles des établissements et la diversité des mobilisations. Les médias dont la ligne éditoriale est plus favorable au mouvement mettent en avant la parole des élèves et la répression ; d’autres reprennent surtout la qualification gouvernementale de « violences urbaines ».

La couverture personnalise aussi fortement la séquence autour de Sébastien Lecornu, d’Édouard Geffray et des syndicats de police. Cette visibilité des responsables politiques et sécuritaires laisse plus souvent au second plan la progression inégale du mouvement : certains établissements restent bloqués, d’autres ont rouvert, et un tiers des lycées n’aurait jamais été perturbé selon le ministre de l’Éducation.

Article généré par le Yak

LES SOURCES56 médias · 255 sources

Le Monde 5 articles

Le Figaro 9 articles

Libération 8 articles

Le Parisien 16 articles

Le Nouvel Obs 5 articles

L’Humanité 9 articles

Valeurs Actuelles 1 article

La Croix 2 articles

HuffPost France 3 articles

20 Minutes 8 articles

Actu.fr 10 articles

Franceinfo 14 articles

BFMTV 33 articles

France 24 2 articles

RMC 4 articles

TV5MONDE 5 articles

Public Sénat 2 articles

Ouest-France 5 articles

La Dépêche du Midi 5 articles

Le Progrès 6 articles

Le Dauphiné Libéré 6 articles

Nice-Matin 8 articles

L’Est Républicain 6 articles

L’Indépendant 4 articles

Midi Libre 2 articles

La Provence 2 articles

La Montagne 6 articles

France Bleu 6 articles

DNA 5 articles

Le Républicain Lorrain 5 articles

Vosges Matin 4 articles

L’Alsace 6 articles

JSL 5 articles

Le Bien Public 2 articles

La Nouvelle République 2 articles

La Nouvelle République des Pyrénées 2 articles

Courrier International 1 article

Mediapart 2 articles

Le Temps 2 articles

La Libre 1 article

Le Devoir 1 article

Agence Anadolu 4 articles

BBC News 1 article

Die Zeit 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 1 article

Neue Zürcher Zeitung 2 articles

Der Standard 1 article

Gazeta Wyborcza 1 article

The Conversation France 3 articles

Mediacités 1 article

Arrêt sur images 1 article

Basta! 1 article

Blast 1 article

Bondy Blog 2 articles

Off Investigation 1 article

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