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WASHINGTON ET UKRAINE

Trump suspend l’application de nouvelles sanctions contre la Russie

Deux jours avant leur entrée en vigueur, Donald Trump a suspendu des mesures économiques visant notamment le secteur énergétique russe. Washington présente cette décision comme une pause de 60 jours destinée à en mesurer les effets, tandis que Kiev y voit un encouragement donné à Vladimir Poutine.

68 sources · 44 médias · 5 min

Donald Trump a suspendu l’application de nouvelles sanctions américaines contre la Russie, alors que les mesures prévues par une loi adoptée par le Congrès devaient entrer en vigueur. Le président américain a invoqué « l’intérêt national ». Son secrétaire d’État, Marco Rubio, a présenté cette décision comme une pause de 60 jours destinée à mesurer les effets des restrictions sur l’économie mondiale et américaine. Le texte visait notamment le secteur énergétique russe et prévoyait des mesures contre des responsables, des institutions financières et les acheteurs d’hydrocarbures russes.

Kiev estime que Washington récompense Moscou et risque d’encourager la poursuite de la guerre. Donald Trump défend au contraire une décision destinée à protéger les intérêts américains et à ne pas éloigner la Russie de la table des négociations. Cette pause intervient alors que la relation entre Washington et Volodymyr Zelensky se tend, malgré la reprise annoncée du partage de renseignements américains avec l’Ukraine.

Au Congrès, la pause de 60 jours est dénoncée comme un recul face à Moscou

La décision de Donald Trump a suscité des critiques dans les deux camps du Congrès américain. La loi adoptée en septembre avait été présentée comme une réponse majeure à Moscou depuis le retour du président à la Maison-Blanche. Elle prévoyait des sanctions contre des responsables russes, des oligarques et des institutions financières, ainsi que la possibilité de viser les principaux acheteurs de pétrole et de gaz russes.

Marco Rubio a tenté d’en limiter la portée politique. Selon lui, Donald Trump veut utiliser les 60 jours à venir pour mesurer l’effet des sanctions et des droits de douane sur les prix de l’énergie et sur l’économie américaine. Le secrétaire d’État a aussi insisté sur l’importance du diesel pour le transport routier, l’agriculture et la construction. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a affirmé qu’aucune sanction n’avait été supprimée, mais seulement exemptée.

Cette présentation n’a pas dissipé les critiques. Des élus républicains ont qualifié la décision d’erreur ou de geste irresponsable envers Vladimir Poutine. Donald Trump affirme qu’il ne veut pas éloigner la Russie de la table des négociations et défend une mesure favorable, selon lui, aux intérêts américains.

Trump accuse Zelensky de ne jamais avoir voulu mettre fin à la guerre

Le conflit entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky s’est aggravé malgré la reprise des contacts diplomatiques. Dans un message publié sur Truth Social, le président américain a affirmé que son homologue ukrainien « ne veut pas mettre fin à cette guerre » et qu’il ne l’avait « probablement jamais voulu ». Donald Trump a opposé cette accusation à sa propre déclaration : « JE VEUX QUE CETTE GUERRE PRENNE FIN ».

Volodymyr Zelensky a demandé à Washington de revenir sur ses décisions. Il a déclaré qu’un soutien officiel des États-Unis à la Russie constituerait une « erreur historique » et a dit craindre que l’exemption de sanctions ne pousse Vladimir Poutine à poursuivre son offensive. Le président ukrainien a néanmoins échangé avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner. Il a assuré que Kiev restait prête à travailler de manière « constructive » et « honnête » avec les États-Unis et les Européens.

Les deux dirigeants défendent donc des lectures opposées de la négociation : Donald Trump accuse Kiev de bloquer la fin du conflit, tandis que Volodymyr Zelensky demande que la pression américaine ne soit pas déplacée de Moscou vers l’Ukraine.

Washington reprend le partage de renseignements avec Kiev après une interruption

Les États-Unis ont repris la transmission de renseignements à l’Ukraine après une interruption que Volodymyr Zelensky a décrite comme ayant duré « un certain temps ». Le président ukrainien a expliqué que ces informations concernaient notamment les tirs de missiles russes et a dit en être « reconnaissant ». Il a ajouté que beaucoup dépendaient de la position américaine dans le conflit.

Cette reprise intervient alors que l’Ukraine affirme avoir été rendue plus vulnérable aux frappes balistiques russes pendant la suspension. Elle ne met pas fin aux tensions sur les moyens techniques américains utilisés par Kiev. Volodymyr Zelensky a accusé les autorités américaines d’avoir volontairement réduit l’accès ukrainien à Starlink, le réseau satellitaire utilisé par les forces ukrainiennes. Washington a jugé cette accusation irresponsable. Marco Rubio a indiqué que l’accès à la version militaire de Starlink, Starshield, restait discuté et que l’Ukraine demandait son utilisation pour des frappes en profondeur contre la Russie.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a mis en avant le rôle de la France et de l’Europe dans le renseignement militaire fourni à l’Ukraine, tout en reconnaissant l’importance particulière des moyens satellitaires américains.

Les frappes énergétiques se poursuivent malgré la trêve annoncée par Trump

De nouvelles frappes russes et ukrainiennes ont visé des installations énergétiques dans la nuit de samedi à dimanche. À Saint-Pétersbourg, une attaque de drones ukrainiens a provoqué un incendie sur un terminal pétrolier et fait au moins un mort et cinq blessés, selon les autorités locales. Des frappes russes ont également touché Kiev, où une station de métro a été endommagée et où les autorités ont fait état d’un mort et de plusieurs blessés.

Donald Trump avait annoncé le 11 octobre une trêve énergétique, sans que les attaques cessent durablement. Volodymyr Zelensky affirme que la Russie a attaqué à 76 reprises des installations énergétiques, pétrolières ou gazières ukrainiennes depuis cette annonce. Kiev présente ses frappes contre les raffineries russes comme des représailles aux bombardements qui endommagent son système énergétique et comme un moyen de réduire les revenus pétroliers finançant l’effort de guerre russe.

Donald Trump soutient au contraire que les attaques ukrainiennes contre les raffineries contribuent à la hausse du prix du diesel, y compris aux États-Unis. La trêve annoncée par Washington se heurte ainsi à la poursuite des frappes et à des interprétations opposées de leur responsabilité.

L’annonce d’une trêve énergétique n’a pas interrompu les frappes croisées, tandis que la reprise du renseignement américain coexiste avec la poursuite du conflit entre Washington et Kiev.

Le Yak

Médianalyse du Yak

La couverture est fortement personnalisée autour du duel Trump-Zelensky. Les formules accusant le président ukrainien de ne pas vouloir la paix occupent une place très visible, alors que la mécanique précise de la suspension des sanctions et ses effets économiques sont davantage portée par les articles spécialisés.

Un second cadrage repose sur les images et les conséquences concrètes des frappes : incendie du terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg, dégâts à Kiev et menace sur les infrastructures énergétiques. Cette dimension rend immédiatement visible la contradiction entre la trêve annoncée par Washington et la poursuite des attaques, tandis que le rôle technique du renseignement et des réseaux satellitaires reste traité dans un registre plus spécialisé.

Les publications européennes ne hiérarchisent pas toutes la séquence de la même manière. Certaines insistent sur le rapprochement entre Washington et Moscou et sur l’isolement possible de Kiev ; d’autres mettent davantage en avant la contribution européenne au renseignement militaire ou les conséquences énergétiques de la décision américaine.

Article généré par le Yak

LES SOURCES44 médias · 68 sources

Le Monde 3 articles

Le Parisien 1 article

20 Minutes 2 articles

Franceinfo 2 articles

BFMTV 1 article

BFM 2 articles

Euronews FR 1 article

TV5MONDE 1 article

Ouest-France 1 article

La Nouvelle République 1 article

Courrier International 1 article

La Libre 2 articles

La Dernière Heure 1 article

Radio-Canada 2 articles

LaPresse 1 article

BBC News 1 article

The Guardian 1 article

Financial Times 1 article

NPR 1 article

Al Jazeera English 1 article

South China Morning Post 2 articles

Channel NewsAsia 1 article

The Hindu 1 article

Daily Maverick 1 article

El País 1 article

La Vanguardia 2 articles

Frankfurter Allgemeine Zeitung 2 articles

La Repubblica 1 article

De Standaard 4 articles

De Tijd 2 articles

de Volkskrant 2 articles

The Irish Times 2 articles

Dagens Nyheter 1 article

Aftenposten 3 articles

Helsingin Sanomat 1 article

Gazeta Wyborcza 1 article

Telex 1 article

Adevărul 1 article

The Kyiv Independent 6 articles

La Tercera 2 articles

The National 1 article

The Korea Herald 1 article

Dawn 1 article

Le JDD 1 article

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