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PARLEMENT ET BUDGET 2027

À l’Assemblée, l’examen du budget 2027 suspendu sans compromis

L’examen du budget de l’État a été interrompu avant celui de la Sécurité sociale. Le gouvernement veut ramener le déficit de cette dernière de 21,8 à 12,7 milliards d’euros en 2027, mais doit défendre deux textes contestés sans majorité stable.

26 sources · 13 médias · 4 min

L’Assemblée nationale a suspendu lundi 19 octobre l’examen du projet de loi de finances pour 2027. Les premiers débats n’ont fait apparaître aucun compromis autour de la copie gouvernementale. Les discussions sur le budget de l’État doivent reprendre, tandis que les députés ont commencé mardi l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).

Le gouvernement veut ramener le déficit de la Sécurité sociale à 12,7 milliards d’euros en 2027, après une dégradation attendue à 21,8 milliards en 2026. Les deux textes prévoient des économies et des recettes supplémentaires. Sans majorité stable, Sébastien Lecornu doit donc obtenir un accord parlementaire sur deux budgets dont plusieurs mesures sont déjà contestées.

Le vote sur les recettes du budget 2027 reporté au 3 novembre

Le calendrier du projet de loi de finances pour 2027 a été bousculé à l’Assemblée nationale. Les députés ont interrompu leurs débats lundi soir avant de passer au budget de la Sécurité sociale, sans qu’un compromis avec le gouvernement ne se dessine.

Le vote sur la partie fiscale du texte, prévu initialement mardi, a été reporté au 3 novembre. Les discussions sur le budget de l’État doivent reprendre le 27 octobre. La copie gouvernementale a déjà été largement amendée, sans faire apparaître de majorité permettant d’en sécuriser l’adoption.

Le PLFSS prévoit le gel des retraites et des allocations familiales

Le projet de budget de la Sécurité sociale prévoit un effort réparti entre les retraites, la famille, la santé et les entreprises. Il comprend notamment un gel des pensions de retraite et des allocations familiales, une extension de la taxe sur les produits les plus sucrés, ainsi que des mesures destinées à réduire les dépenses des branches maladie, vieillesse et famille.

Une disposition prévoit aussi de conditionner, pour les ressortissants hors Union européenne, l’accès aux prestations familiales et à l’aide au logement à une année de résidence. Des syndicats et des associations dénoncent une mesure qu’ils jugent injuste, inefficace et juridiquement fragile. Le gouvernement doit ainsi faire accepter un texte qui met à contribution des publics et des acteurs très différents.

La Cour des comptes juge fragile la baisse visée du déficit de la Sécu

La Cour des comptes appelle le gouvernement et les députés à maintenir l’objectif de ramener le déficit de la Sécurité sociale à 12,7 milliards d’euros en 2027. Elle juge toutefois fragile le schéma présenté pour y parvenir.

La juridiction financière met en cause des recettes optimistes et des économies encore incertaines. Elle souligne aussi que le déficit devrait atteindre 21,8 milliards d’euros en 2026 malgré 8,7 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Pour la Cour, le retour à l’équilibre ne peut plus être différé, mais les hypothèses politiques et économiques du projet rendent l’objectif difficile à atteindre.

La cible de 12,7 milliards d’euros repose sur une trajectoire qui part d’un déficit attendu de 21,8 milliards en 2026. Selon la Cour des comptes, elle dépend de recettes optimistes et d’économies encore incertaines. Le gouvernement doit donc à la fois faire adopter les mesures et rendre crédible leur rendement financier.

Le Yak

Le Medef évalue à plus de 11 milliards d’euros le surcoût du travail

Le Medef conteste les dispositions du PLFSS relatives aux allègements de cotisations. L’organisation patronale estime qu’elles imposeraient plus de 11 milliards d’euros de surcoût du travail aux entreprises.

Selon le Medef, ces mesures réduiraient la possibilité pour les entreprises d’augmenter les salaires et risqueraient d’introduire de nouvelles tensions dans les relations sociales. Cette opposition s’ajoute aux contestations du texte, alors que le gouvernement cherche à dégager des économies et des recettes supplémentaires.

Universités et psychiatrie demandent des moyens malgré les économies annoncées

Les présidents d’université demandent un milliard d’euros supplémentaire dès 2027 pour financer notamment les salaires du personnel et une réforme des bourses sur critères sociaux. Ils ont publié un manifeste alors que plusieurs établissements d’enseignement supérieur public rencontrent des difficultés financières.

Dans la santé mentale, déclarée grande cause nationale, un collectif de professionnels estime que la multiplication des objectifs de réforme n’est pas accompagnée des ressources humaines et structurelles nécessaires. Ces demandes opposent les économies recherchées par le gouvernement aux besoins de secteurs qui réclament des crédits pour appliquer les politiques annoncées.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, le risque politique domine : budget « mal engagé », texte rejeté ou adoption hors de portée, menace pour Sébastien Lecornu. Les articles consacrés à l’Assemblée privilégient cette lecture de la procédure, tandis que les dimensions techniques sont souvent ramenées à la question du déficit.

Un autre cadrage rend le projet plus concret en mettant en avant ses effets sur les retraites, les allocations, les entreprises, la psychiatrie ou les universités. Deux lectures coexistent ainsi : celle d’une épreuve de force parlementaire et celle d’un budget dont les mesures touchent des secteurs et des publics distincts.

Article généré par le Yak

LES SOURCES13 médias · 26 sources

Le Monde 2 articles

Le Figaro 5 articles

Libération 2 articles

Le Parisien 2 articles

La Croix 2 articles

20 Minutes 1 article

BFMTV 4 articles

RMC 2 articles

Public Sénat 1 article

Nice-Matin 1 article

France Bleu 2 articles

Agence Anadolu 1 article

Le Canard Enchaîné 1 article

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