Après près de deux ans de manifestations contre la corruption et le pouvoir d’Aleksandar Vučić, le mouvement étudiant serbe se présente aux élections législatives anticipées du 25 octobre. Sa liste, qui porte le numéro 3 sur le bulletin, affronte le Parti progressiste serbe (SNS), au pouvoir depuis 2014.
Le mouvement est né après l’effondrement d’une marquise à la gare de Novi Sad, en novembre 2024, qui a fait 16 morts. Les étudiants ont fait de la convocation d’élections anticipées l’une de leurs principales revendications. Pour la campagne, ils ont constitué une liste de 250 candidats, parmi lesquels des enseignants universitaires, des acteurs, des agriculteurs et un rappeur.
La mobilisation s’est poursuivie dans la rue. Plus de 1 000 étudiants venus de plusieurs villes ont marché vers Belgrade, où plusieurs milliers de personnes les ont accueillis avec des drapeaux, des chants et des fumigènes. À Indjija, une colonne de 1 500 étudiants et sympathisants avait parcouru plus de 40 kilomètres depuis Novi Sad. Un sondage cité par Le Temps créditait alors la liste de 44,5 % des intentions de vote, devant celle du SNS. Ce chiffre restait une estimation préélectorale.
Le mouvement ne se présente pas comme un parti classique, mais comme une expérience politique issue des manifestations. Ses représentants disent vouloir rétablir le fonctionnement normal de l’État. Des organisations de la société civile dénoncent toutefois des conditions insuffisantes pour un vote libre et équitable, tandis que des signalements font état d’une surveillance numérique visant des opposants et des militants. La forme du futur gouvernement et les chances électorales de la liste restent incertaines.