L’avenir des Forges de Tarbes dépend d’une procédure de redressement judiciaire demandée par leur propriétaire, Europlasma. Le site est présenté comme le seul fabricant français de corps d’obus de 155 mm, des pièces utilisées notamment pour les munitions des canons Caesar fournis par la France à l’Ukraine. Il emploie actuellement une soixantaine de salariés.
En 2023, Europlasma avait promis de moderniser cette usine vieillissante et de porter sa production à 15 000 corps d’obus par mois en 2025. Les salariés disent n’avoir vu venir ni ces investissements ni une communication régulière de la direction. Dans une lettre ouverte publiée début octobre, ils demandaient l’intervention de l’État : « Nous avons le sentiment de ne pas être soutenus, ni entendus. »
La situation financière s’est depuis dégradée. Le groupe, spécialisé à l’origine dans la dépollution, a reconnu des tensions de trésorerie et annoncé en avril vouloir céder ses activités de défense, en évoquant des discussions avec un industriel français. Aucune annonce n’a confirmé cette cession. La Direction générale de l’Armement a par ailleurs saisi la procureure de la République de Tarbes au sujet de décisions de gestion qui auraient, selon elle, accéléré la dégradation de la situation financière. Europlasma a indiqué se tenir à la disposition des autorités.
D’après la députée des Hautes-Pyrénées Sylvie Ferrer, la production prévue pour 2026 doit s’achever fin novembre. Les salariés restent dans l’incertitude sur la suite. La préfecture a aussi demandé la mise en conformité de certains équipements avant la fin décembre, sous peine d’une mise à l’arrêt. Des élus réclament une intervention publique, tandis que le groupe La France insoumise entend défendre un amendement en faveur d’une nationalisation.