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PRÉSIDENTIELLE BRÉSILIENNE

Flávio Bolsonaro garde l’avantage du premier tour, mais Lula revient à égalité

Le sénateur d’extrême droite a devancé le président sortant le 4 octobre, avant de voir son avance se réduire. À deux jours du second tour, Datafolha donne les deux candidats à 50 %, dans une campagne dominée par la sécurité, le coût de la vie et la bataille numérique.

104 sources · 36 médias · 7 min

Le Brésil doit choisir dimanche 25 octobre entre Luiz Inácio Lula da Silva et Flávio Bolsonaro. Le sénateur du Parti libéral, fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, est arrivé en tête du premier tour, le 4 octobre, avec 47,03 % des suffrages valides, contre 45,16 % pour Lula. L’écart s’est toutefois resserré pendant l’entre-deux-tours : une enquête Datafolha publiée à deux jours du scrutin donne les deux candidats à 50 % des intentions de vote. Une autre étude, réalisée par Ipespe/Abrapel, place Flávio Bolsonaro à 50,5 % des votes valides contre 49,5 % pour Lula.

Le duel oppose deux projets et deux héritages politiques. Lula défend son bilan social et se présente comme le candidat de la démocratie et de la souveraineté nationale. Flávio Bolsonaro promet une ligne plus dure sur la sécurité, des baisses d’impôts, une réduction des dépenses publiques et des privatisations. Il cherche aussi à se présenter comme une version plus modérée de son père, qui purge en résidence surveillée une peine de 27 ans de prison pour tentative de coup d’État. Le scrutin se déroule dans un pays très polarisé, où le coût de la vie, l’insécurité et la situation budgétaire de l’État pèsent sur le choix des électeurs.

Des aides sociales à la sécurité, les électeurs revoient leurs priorités

Lula conserve des soutiens grâce aux programmes sociaux, mais cet acquis ne suffit plus à de nombreux électeurs. À Salvador de Bahia, Renata Lima, mère célibataire, explique que la Bolsa Família et le Gaz du Peuple permettent à ses trois enfants de manger trois fois par jour. Elle dit toutefois subir la hausse des prix alimentaires et la progression de la violence. Pour la première fois, elle n’a pas voté pour Lula en raison de l’insécurité.

Ce déplacement existe aussi dans les classes moyennes et dans les régions agricoles ou évangéliques. Dans le Minas Gerais, où Flávio Bolsonaro est arrivé en tête au premier tour, des électeurs associent le rejet du Parti des travailleurs à la défense des valeurs traditionnelles et à la demande d’une réponse plus ferme contre les gangs. Une enquête de Datafolha indique que 69 % des électeurs considèrent la lutte contre la violence comme l’une des priorités du prochain président.

Dans le cœur financier de São Paulo, des investisseurs et des banquiers soutiennent les promesses de réduction des dépenses publiques, de privatisations et de baisses d’impôts portées par Flávio Bolsonaro. Le débat économique oppose ainsi le bilan social revendiqué par Lula à la promesse d’un rééquilibrage des comptes publics défendue par son rival. La situation budgétaire brésilienne est décrite comme alarmante, alors que plusieurs indicateurs sociaux restent meilleurs que sous les précédents gouvernements.

La justice électorale demande des comptes à Meta et à X sur la campagne numérique

La campagne du second tour se joue largement sur WhatsApp, Facebook, Instagram et X. Le camp de Lula accuse Meta de favoriser Flávio Bolsonaro par la distribution des contenus politiques et par des restrictions qui auraient touché les publications du président. Meta évoque des problèmes techniques et affirme, avec Google et X, ne pas avoir identifié d’irrégularité dans les actions du canal WhatsApp « Exército do Lula ».

Le Tribunal supérieur électoral a demandé à Meta et à X des explications techniques sur l’usage de l’intelligence artificielle, la diffusion des contenus politiques, les publicités électorales et les suppressions de publications. La justice électorale a par ailleurs ordonné le retrait d’un audio contenant de fausses accusations contre des assesseurs, diffusé par le canal « Tropa do Flávio ».

La gauche a investi les réseaux pour combler son retard. Le canal « Exército do Lula » revendique 8,5 millions d’abonnés et ses animateurs ont organisé une mobilisation de 24 heures après le débat de TV Globo. Le camp adverse conserve toutefois une forte présence numérique. Des contenus générés par intelligence artificielle sont utilisés à des fins de propagande et de désinformation : la bataille porte donc aussi sur les conditions de circulation de l’information électorale.

La campagne numérique ne se limite pas à un affrontement de récits : elle est devenue un objet du contentieux électoral. Les deux camps saisissent la justice pour contester les pratiques de l’adversaire, tandis que les plateformes nient les irrégularités qui leur sont reprochées. La bataille pour convaincre les électeurs se double donc d’une bataille sur les conditions de visibilité des messages.

Le Yak

Armes, majorité pénale et irrigation : le programme sécuritaire de Flávio Bolsonaro s’étend au Cerrado

Le programme de Flávio Bolsonaro dépasse la seule question de la sécurité. Il prévoit la fin de l’obligation de marquage des munitions, un accès élargi aux armes à feu, l’abaissement de la majorité pénale et un durcissement des règles d’exécution des peines. Le candidat est également critiqué pour ses liens supposés avec des milices ultra-violentes de Rio de Janeiro, des accusations qu’il affronte dans une campagne où la sécurité est devenue la première priorité citée par les électeurs.

Sur l’environnement, Flávio Bolsonaro promet d’accroître l’irrigation des cultures, notamment dans le Matopiba. Cette région agricole, située entre le Maranhão, le Tocantins, le Piauí et la Bahia, connaît déjà une baisse du débit des rivières et la disparition de sources associées à l’activité agricole. Des responsables de l’environnement redoutent aussi le retour de pressions exercées sur les agents publics. Des organisations alertent sur les conséquences d’une victoire pour l’Amazonie et les peuples autochtones.

Le ministre des Peuples autochtones, Eloy Terena, estime qu’un gouvernement d’extrême droite pourrait supprimer rapidement son ministère. Les communautés concernées rencontrent aussi des difficultés d’accès au vote : des organisations autochtones, quilombolas et de la société civile ont demandé des mesures de transport pour le second tour. Lors du premier tour, deux femmes autochtones ne parlant pas portugais avaient été privées de l’assistance de leur interprète dans un bureau de vote.

Neymar, les évangéliques et Madonna s’engagent dans le duel Lula-Flávio Bolsonaro

La campagne de Flávio Bolsonaro s’appuie sur le nom de sa famille et sur des soutiens publics venus de secteurs très différents. Le footballeur Neymar a publié une vidéo sur Instagram en faveur du candidat. Dans les milieux évangéliques, qui représentent désormais une part importante de la population brésilienne, des responsables religieux présentent Flávio Bolsonaro comme le défenseur des valeurs traditionnelles face à la gauche.

Lula cherche de son côté à élargir sa coalition au-delà de son électorat traditionnel. Des jeunes mobilisés dans les universités participent à une opération de reconquête après le premier tour, tandis que des artistes et des communautés de fans ont rejoint ses rassemblements. La chanteuse Madonna a également affiché son soutien au président sur les réseaux sociaux. Cette mobilisation culturelle n’a toutefois pas effacé le poids du rejet du Parti des travailleurs dans une partie de l’électorat.

Le scrutin est aussi observé depuis l’étranger. Donald Trump soutient l’orientation régionale de la droite latino-américaine et Flávio Bolsonaro promet un rapprochement avec son administration. Une victoire du sénateur serait présentée comme un nouveau succès pour les forces conservatrices ou réactionnaires qui ont remporté une large part des présidentielles organisées récemment en Amérique latine.

Au dernier débat, Lula et Flávio Bolsonaro tentent de contenir leur rejet

Lors du dernier débat télévisé, organisé par TV Globo, Lula et Flávio Bolsonaro ont adopté un ton plus policé que lors de leur première confrontation, marquée par les insultes. Le président sortant a attaqué le manque d’expérience de son adversaire : « Il ne connaît pas le Brésil. » Flávio Bolsonaro a présenté Lula comme un candidat du passé laissant « un pays ruiné ».

Les échanges sont restés tendus. Flávio Bolsonaro a accusé Lula de distribuer les aides sociales « d’une main et de les reprendre avec ses neuf doigts », en référence à la mutilation subie par Lula lorsqu’il était ouvrier. Lula a répliqué en évoquant les supposées relations de son rival avec des groupes parapoliciers et l’a accusé de s’inspirer de la « tronçonneuse » de Javier Milei. Les deux candidats ont ensuite échangé des accusations de corruption et de mensonge.

Le débat intervenait alors que les enquêtes plaçaient les deux hommes au coude à coude. Flávio Bolsonaro devait éviter d’accroître son image de candidat clivant, tandis que Lula cherchait à provoquer son rival sans perdre les électeurs qui venaient de réévaluer son bilan.

Médianalyse du Yak

La couverture observée personnalise fortement l’élection autour du duel Lula-Flávio Bolsonaro et de la continuité familiale avec Jair Bolsonaro. Les débats, les insultes, les soutiens de Neymar ou de Madonna et les mobilisations sur WhatsApp occupent une place très visible. Les dimensions plus techniques — situation budgétaire, fonctionnement des plateformes, irrigation du Cerrado ou accès des peuples autochtones au vote — apparaissent davantage dans des traitements spécialisés.

Deux cadrages coexistent. Les publications généralistes insistent surtout sur le resserrement des sondages, la polarisation et la possibilité d’un retour de l’extrême droite. Les médias économiques mettent davantage en avant les coupes budgétaires, les privatisations et la réaction des investisseurs, tandis que les publications consacrées à l’environnement et aux peuples autochtones décrivent les effets concrets possibles d’un changement de politique. Le même scrutin est ainsi présenté tantôt comme un duel de personnalités, tantôt comme un choix économique, institutionnel ou écologique.

Un vocabulaire de confrontation revient fréquemment : « duel », « virada », « vague de droite », « armée » et « bataille » décrivent une campagne où les réseaux sociaux sont traités comme un champ de lutte. Cette mise en récit accompagne la progression de Lula dans les sondages, sans effacer l’avance obtenue par Flávio Bolsonaro au premier tour.

Article généré par le Yak

LES SOURCES36 médias · 104 sources

Le Monde 2 articles

Le Figaro 2 articles

Le Nouvel Obs 1 article

L’Humanité 1 article

Valeurs Actuelles 1 article

La Croix 1 article

20 Minutes 1 article

Franceinfo 1 article

BFMTV 1 article

BFM 1 article

TV5MONDE 2 articles

RFI 5 articles

Le Temps 1 article

The Guardian 1 article

The New York Times 2 articles

NPR 1 article

CBC News 1 article

The Globe and Mail 1 article

Al Jazeera English 1 article

Folha de S.Paulo 51 articles

La Nación Argentina 5 articles

Daily Maverick 1 article

El País 1 article

La Vanguardia 2 articles

Público 3 articles

Frankfurter Allgemeine Zeitung 1 article

La Repubblica 1 article

De Standaard 1 article

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Dagens Nyheter 1 article

El Tiempo 2 articles

La Tercera 1 article

Alternatives Économiques 1 article

Reporterre 1 article

Causeur 1 article

Mongabay 3 articles

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