CISJORDANIE
À Hébron, des familles palestiniennes déplacées après la mort de deux soldats israéliens
Après une attaque qui a tué deux soldats israéliens, l’armée a lancé une opération dans la région d’Hébron. Des familles ont été évacuées de nuit, des bâtiments détruits et la Cisjordanie placée sous restrictions, à quatre jours des élections législatives israéliennes.
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L’armée israélienne a lancé vendredi 23 octobre une vaste opération en Cisjordanie occupée, quelques heures après une attaque contre un point de contrôle près d’Hébron. Deux soldats israéliens ont été tués, trois autres blessés et les deux assaillants palestiniens abattus, d’après l’armée. Les forces israéliennes ont bouclé Hébron, mené des perquisitions dans plusieurs dizaines de secteurs et commencé à démolir des constructions que les autorités présentent comme illégales et susceptibles de constituer une menace.
Dans le quartier d’Ein Dir Baha, d’où seraient originaires les assaillants, des centaines de familles palestiniennes ont été contraintes de quitter leur domicile, notamment dans la nuit de vendredi à samedi. Les autorités locales palestiniennes ont évoqué entre 150 et 250 familles déplacées, tandis que d’autres estimations avancées dans la séquence font état de 1 200 à 2 000 personnes. L’armée affirme mener des recherches ciblées contre des infrastructures liées à des groupes armés et prévoit une opération de plusieurs jours. Benyamin Nétanyahou a annoncé une campagne plus large en Cisjordanie, à l’approche du scrutin législatif du 27 octobre.
À Hébron, des familles évacuées de nuit avant la destruction de bâtiments
Dans le quartier d’Ein Dir Baha, des habitants ont reçu l’ordre de quitter leur maison pendant la nuit. Après leur évacuation, des immeubles ont été marqués d’une croix et les rues se sont vidées, tandis que les véhicules militaires contrôlaient le secteur.
Higazi Shawer al-Tamimi, un commerçant de 70 ans, a raconté avoir été réveillé vers 1 heure du matin et avoir disposé de deux heures pour rassembler ses documents et quelques affaires. D’autres habitants ont été évacués par haut-parleur, sans qu’une durée leur soit annoncée. Des bâtiments, des commerces et des équipements ont été détruits près du lieu de l’attaque, dont un immeuble de trois étages.
Le gouverneur d’Hébron a estimé qu’un tiers de la ville était concerné par l’opération. Il a dénoncé une « punition collective », tandis que l’organisation israélienne B’Tselem a demandé une intervention internationale pour empêcher des déplacements forcés et des destructions susceptibles, selon elle, de constituer des crimes de guerre.
Nétanyahou annonce une opération en Cisjordanie et promet une « très grosse surprise »
Après l’attaque, Benyamin Nétanyahou s’est rendu à Hébron avec son ministre de la Défense, Israël Katz. Il a déclaré qu’une opération de grande ampleur était envisagée en Judée-Samarie, « comme il n’y en a pas eu depuis la guerre des Six-Jours » en 1967. L’armée a annoncé des arrestations dans plusieurs secteurs et le Premier ministre a ordonné un bouclage de la Cisjordanie le jour des élections législatives, mardi 27 octobre.
Le ministre d’extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a appelé au démantèlement de l’Autorité palestinienne. Nétanyahou a de son côté évoqué à la télévision une « très grosse surprise » en préparation pour cette Autorité, sans en préciser la nature. Aucun élément fourni dans la séquence ne relie cependant l’Autorité palestinienne à l’attaque.
Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a réclamé une offensive en Cisjordanie « exactement comme à Gaza » et a affirmé avoir ordonné des démolitions. L’attaque a replacé la sécurité et la riposte militaire au centre de la campagne, alors que Nétanyahou est donné au coude-à-coude avec son rival centriste Gadi Eisenkot.
La séquence combine une mesure immédiate, présentée par l’armée comme une recherche ciblée, et une annonce beaucoup plus large portée par le pouvoir politique. Le bouclage, les évacuations et les démolitions sont déjà en cours à Hébron lorsque Nétanyahou évoque une opération à l’échelle de toute la Cisjordanie : l’annonce dépasse donc le périmètre de la riposte engagée.
L’Autorité palestinienne réclame des mesures internationales contre les déplacements
L’Autorité palestinienne a demandé une action internationale urgente contre les déplacements forcés et les destructions à Hébron. Son ministère des Affaires étrangères a réclamé des mesures « concrètes et dissuasives », estimant que les condamnations seules ne suffisaient plus.
Le maire d’Hébron a promis des solutions d’hébergement et une aide d’urgence aux familles déplacées. Le secrétaire général de l’ONU, par l’intermédiaire de son porte-parole, s’est dit préoccupé par les bouclages qui affectent les moyens de subsistance palestiniens et a appelé à l’arrêt des violences de toutes les parties.
Le Hamas n’a pas revendiqué l’attaque, mais l’a qualifiée d’opération héroïque et a appelé à de nouvelles attaques. Les autorités israéliennes ont attribué l’opération à une cellule du Hamas issue d’un quartier d’Hébron. Ni cette attribution ni les appels du mouvement palestinien n’établissent une implication de l’Autorité palestinienne.
Les violences de colons s’ajoutent à la tension pendant la récolte des olives
L’opération à Hébron intervient alors que les violences de colons israéliens contre des Palestiniens et leurs biens se multiplient en Cisjordanie. Depuis le début d’octobre, l’ONU a recensé près de 160 attaques contre des cultivateurs palestiniens pendant la récolte des olives. Le groupe israélien Yesh Din a comptabilisé 672 incidents en 26 jours, dont près de la moitié liés à cette période agricole.
Des observateurs internationaux, dont un maire français et une photojournaliste américaine, ont également été pris à partie. Itamar Yaar, ancien haut responsable israélien et dirigeant de l’organisation Commanders for Israel’s Security, a dénoncé des « actes de terrorisme commis par des colons » et estimé que ces violences étaient contraires aux intérêts d’Israël.
La séquence de Hébron intervient dans un bilan plus large de violences en Cisjordanie depuis le début de la guerre à Gaza. Un décompte de l’AFP établi à partir de données du ministère palestinien de la Santé fait état de 1 117 Palestiniens tués depuis octobre 2023 par les forces israéliennes et les colons. Les données israéliennes recensent de leur côté au moins 51 Israéliens tués dans des attaques palestiniennes ou lors d’opérations militaires.
Médianalyse du Yak
Dans la couverture observée, le déplacement des familles palestiniennes domine : les estimations allant de 1 200 à 2 000 personnes, la fuite de nuit et les maisons marquées d’une croix rendent la conséquence immédiatement visible. Le traitement se personnalise ensuite autour de Nétanyahou, de ses menaces et de l’échéance électorale.
Deux vocabulaires coexistent. Les publications proches de la présentation militaire parlent d’opération antiterroriste, de recherches ciblées et de structures illégales ; d’autres privilégient les termes de déplacement forcé, de punition collective ou de zone de guerre. Les violences de colons et la récolte des olives sont documentées, mais restent moins centrales dans la hiérarchie de la couverture que l’attaque et la riposte à Hébron.
Article généré par le Yak
LES SOURCES40 médias · 59 sources
Le Monde 2 articles
Le Parisien 2 articles
La Croix 3 articles
20 Minutes 2 articles
Franceinfo 1 article
France 24 2 articles
Euronews FR 1 article
TV5MONDE 3 articles
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