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YVELINES

À Trappes et La Verrière, un homme tué dans une attaque raciste présumée

Un homme de 39 ans a tiré depuis une voiture vendredi 23 octobre, avant d’être arrêté à Coignières. Le Parquet national antiterroriste enquête sur un assassinat et cinq tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec un mobile lié à l’appartenance supposée des victimes à une race, une ethnie, une nation ou une religion.

153 sources · 44 médias · 5 min

Le 23 octobre, vers 10 heures, un homme a ouvert le feu à Trappes puis à La Verrière, dans les Yvelines, en tirant depuis une voiture. Il a été interpellé une vingtaine de minutes plus tard à Coignières. L’attaque a tué Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans et espoir du MMA, et blessé cinq personnes, dont une fillette de 12 ans restée en urgence absolue le lendemain. Deux hommes qui nettoyaient une école figurent également parmi les victimes.

Le suspect, Kévin T., 39 ans, a été placé en garde à vue, puis sa mesure a été prolongée après une première audition. Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits auraient été commis en raison de l’appartenance vraie ou supposée des victimes à une race, une ethnie, une nation ou une religion. Le suspect aurait déclaré aux enquêteurs avoir voulu s’en prendre aux « Noirs » et aux « Arabes » pour « venger les commerçants » pillés le 17 octobre. Ces déclarations et les éléments retrouvés lors des perquisitions sont examinés dans le cadre de l’enquête.

Un appartement piégé, une arme et des écrits nazis retrouvés dans l’enquête

La perquisition du domicile du suspect, situé à Plaisir, a révélé un appartement piégé avec des bouteilles de gaz et des fils électriques reliés à un minuteur. Dans sa Renault Clio, les enquêteurs ont retrouvé un pistolet-mitrailleur de type Sten et une bombe lacrymogène. Un exemplaire de « Mein Kampf » a également été découvert, ainsi qu’une Bible et un Coran.

Kévin T. avait quatre anciennes condamnations inscrites à son casier judiciaire. Il était connu de la police et figurait dans le fichier de traitement des antécédents judiciaires, mais une source policière a indiqué qu’il restait inconnu du renseignement territorial. Une analyse de sang devait encore déterminer son imprégnation toxicologique. Quatre proches de son entourage familial et amical, dont sa mère et son père selon une source proche du dossier, ont aussi été placés en garde à vue.

La famille de Pengo Bossio Wangi demande que soient examinées les conditions dans lesquelles le suspect n’aurait pas fait l’objet d’un signalement préventif. Par la voix de son avocat, elle s’interroge sur un éventuel suivi et se réserve la possibilité de rechercher une responsabilité administrative si une défaillance était établie.

Le dossier fait apparaître deux niveaux de responsabilité qui ne se confondent pas : l’enquête cherche à établir les actes et les motivations du tireur, tandis que la famille de la victime interroge déjà la prévention en amont. Le premier relève de la procédure pénale en cours ; le second dépendra d’éventuelles défaillances qui restent à établir.

Le Yak

À Trappes, l’hommage à Pengo Bossio Wangi laisse place à la peur d’être ciblé

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Trappes au lendemain des tirs pour rendre hommage à Pengo Bossio Wangi. Âgé de 26 ans, le jeune homme était un combattant amateur de MMA qui rêvait de devenir professionnel. Son club d’Aubervilliers l’a décrit comme un garçon déterminé, souriant et attentif aux autres. Une cagnotte a été ouverte pour aider ses proches à financer ses obsèques, tandis que des figures du MMA, dont Salahdine Parnasse, lui ont rendu hommage.

Dans les deux communes touchées, la sidération s’accompagne d’une inquiétude très concrète chez des habitants d’origine africaine ou maghrébine. Une commerçante a estimé que les tirs auraient pu viser n’importe qui parmi les personnes noires ou arabes présentes dans la ville. Le maire de La Verrière a parlé d’une situation d’effroi et d’habitants terrorisés. Une cellule d’urgence médico-psychologique a été ouverte et une association d’aide aux victimes a été saisie.

Le mot « premier » employé par Macron déclenche une polémique sur les précédents attentats

En déplacement à Trappes le soir de l’attaque, Emmanuel Macron a parlé d’un « tournant » et d’un « acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne ». Il a aussi présenté les faits comme la première attaque terroriste de ce type en France.

Cette affirmation a été contestée par des responsables politiques de plusieurs bords, qui lui ont reproché d’effacer des précédents attentats visant notamment des personnes juives ou chrétiennes. L’Élysée a précisé que le président parlait du premier attentat raciste fondé sur la couleur de peau, tout en ajoutant cette nuance au début de son intervention. Emmanuel Macron a ensuite déclaré vouloir éviter la polémique.

La controverse a déplacé une partie du débat de l’enquête vers la qualification historique de l’attaque. Le maire de Trappes, Ali Rabeh, des associations antiracistes et plusieurs responsables de gauche ont surtout dénoncé la banalisation de propos racistes et demandé une réponse des pouvoirs publics. Marine Le Pen a, de son côté, condamné le mobile raciste et appelé à une justice implacable.

Un homonyme du suspect accusé à tort sur les réseaux sociaux

Après l’attaque, des messages largement relayés sur X et Facebook ont accusé à tort un homme portant le même prénom que le suspect. Ces publications, vues plusieurs millions de fois, ont diffusé son identité et sa photographie alors qu’il n’était pas l’auteur des tirs. L’homme, qui semble souffrir de problèmes psychologiques, a été présenté comme le tireur présumé sans élément établissant cette accusation.

Cette erreur s’est ajoutée à la séquence de l’attaque alors que les enquêteurs interrogeaient encore le principal suspect et ses proches. Avant la stabilisation complète des informations judiciaires, une identité erronée a ainsi circulé massivement en ligne.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, le bilan humain, le profil du suspect et la découverte de « Mein Kampf » dominent nettement. La séquence est aussi fortement personnalisée autour de Pengo Bossio Wangi, dont le parcours sportif sert de point d’entrée aux hommages et à l’émotion locale.

Un second cadrage s’est imposé autour de la phrase d’Emmanuel Macron sur le « premier » attentat raciste : une partie des publications a traité la polémique historique presque au même niveau que la procédure judiciaire. Les voix des habitants, la situation de la fillette blessée et la question du suivi du suspect restent davantage rattachées au récit factuel de l’attaque qu’à ce débat politique.

Les traitements diffèrent également par leur angle. Les médias locaux et les reportages de terrain donnent davantage de place aux hommages, à la peur et aux réactions des riverains, tandis que les publications politiques insistent sur le climat raciste, l’extrême droite et la querelle autour des propos présidentiels. L’ensemble fait coexister un récit de victimes et un récit de confrontation politique.

Article généré par le Yak

LES SOURCES44 médias · 153 sources

Le Monde 6 articles

Le Figaro 6 articles

Libération 4 articles

Le Parisien 11 articles

Le Nouvel Obs 5 articles

L’Humanité 1 article

La Croix 1 article

Atlantico 2 articles

HuffPost France 5 articles

20 Minutes 6 articles

Franceinfo 6 articles

BFMTV 17 articles

France 24 2 articles

RMC 6 articles

TV5MONDE 3 articles

Ouest-France 3 articles

La Dépêche du Midi 7 articles

Le Progrès 3 articles

Le Dauphiné Libéré 2 articles

L’Est Républicain 2 articles

L’Indépendant 3 articles

Midi Libre 3 articles

La Montagne 3 articles

France Bleu 4 articles

DNA 3 articles

Le Républicain Lorrain 2 articles

Vosges Matin 2 articles

L’Alsace 2 articles

JSL 2 articles

Le Bien Public 2 articles

Courrier International 1 article

RFI 4 articles

Mediapart 4 articles

Le Temps 1 article

La Libre 2 articles

La Dernière Heure 1 article

RTS 1 article

LaPresse 1 article

Agence Anadolu 4 articles

Al Jazeera English 1 article

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Der Standard 1 article

Causeur 1 article

Le JDD 6 articles

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