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PRÉSIDENTIELLE BRÉSILIENNE

Lula et Flávio Bolsonaro abordent le second tour au coude-à-coude

Flávio Bolsonaro a devancé Lula au premier tour, 47 % contre 45 %, mais son avance s’est réduite avant le vote du 25 octobre. Les derniers sondages placent les deux candidats dans la marge d’erreur, après une campagne marquée par les attaques personnelles, les rassemblements et la bataille numérique.

158 sources · 33 médias · 7 min

Le Brésil doit départager Lula et Flávio Bolsonaro lors d’un second tour présidentiel très serré. Au premier tour, le sénateur du Parti libéral, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, a obtenu 47 % des voix contre 45 % pour Luiz Inácio Lula da Silva, qui brigue un quatrième mandat non consécutif.

L’avantage initial de Flávio Bolsonaro s’est réduit pendant l’entre-deux-tours. Datafolha a mesuré une égalité à 50 % des intentions de vote, puis plusieurs enquêtes publiées à la veille du scrutin ont placé le candidat de droite légèrement en tête, autour de 51 % contre 49 %. Tous ces écarts restent dans la marge d’erreur. La participation peut donc peser sur l’issue : environ 21 % des électeurs ne s’étaient pas déplacés au premier tour, tandis que les deux campagnes tentaient de convaincre les abstentionnistes et les électeurs de la troisième voie.

Le scrutin oppose deux orientations politiques et prolonge la fracture ouverte pendant la campagne. Il doit déterminer si le Brésil conserve une présidence de gauche ou rejoint le mouvement de bascule à droite observé dans plusieurs pays d’Amérique latine.

Les abstentionnistes et les électeurs de la troisième voie peuvent encore faire la différence

Le second tour se joue aussi en dehors des intentions de vote déclarées. Environ 21 % des électeurs ne se sont pas rendus aux urnes lors du premier tour, soit 33 millions de personnes selon une analyse consacrée à la participation. L’écart entre Flávio Bolsonaro et Lula atteignait alors environ 9,2 millions de voix.

Lula cherche en priorité à mobiliser les électeurs âgés, dont une partie a connu ses mandats de 2003 à 2010, ainsi que les personnes empêchées de voter par le coût ou la difficulté du transport. Sa campagne a aussi tenté de toucher les jeunes en rajeunissant ses équipes de communication et en mettant en avant des élus très présents sur les réseaux sociaux.

Les deux candidats se disputent également les électeurs des autres candidatures du premier tour. Datafolha a toutefois mesuré un rejet presque équivalent des deux finalistes : 46 % des électeurs déclaraient rejeter Lula et 45 % Flávio Bolsonaro. La mobilisation du dimanche peut donc peser autant que le choix affiché dans les sondages.

Le dernier débat a calmé la forme sans faire disparaître les attaques

Le dernier face-à-face télévisé entre Lula et Flávio Bolsonaro, vendredi 23 octobre, a été plus policé que le précédent, marqué par une succession d’insultes. Les échanges ont porté sur le coût de la vie, l’économie, la santé, la sécurité et les retraites, mais les deux candidats ont continué à s’attaquer sur leur bilan et leur personnalité.

Lula a insisté sur le manque d’expérience de son adversaire et l’a accusé de ne pas connaître le Brésil. Flávio Bolsonaro a présenté le président sortant comme un candidat du passé et lui a reproché d’avoir laissé un pays ruiné. Il a aussi utilisé l’expression « neuf doigts » pour viser Lula, qui a perdu un doigt dans un accident du travail, avant de s’excuser.

Le débat a également été marqué par la présence de la mère d’Ana Clara, une enfant tuée par balle à Niterói en 2021. Lula l’a associée à une affaire dans laquelle Flávio Bolsonaro avait défendu le policier militaire accusé de la mort de la fillette. Après l’émission, les vérifications ont relevé des informations fausses, exagérées ou sorties de leur contexte dans les propos des deux candidats. Une enquête Datafolha indique que le débat n’a modifié le choix que de 2 % des électeurs.

Le dernier débat a surtout réduit la violence de la mise en scène, pas la polarisation du contenu : les propositions ont été davantage présentes, mais les attaques personnelles, les accusations et les vérifications de faits ont continué à structurer l’échange. Le fait que seuls 2 % des électeurs disent avoir changé de choix indique que l’émission a davantage consolidé les camps qu’elle n’a déplacé le rapport de force.

Le Yak

À Rio et Belo Horizonte, les deux camps affichent leurs forces avant le vote

Des milliers de partisans de Lula et de Flávio Bolsonaro sont descendus dans la rue samedi, à la veille du second tour. À Rio de Janeiro, Lula a parcouru la plage de Copacabana à l’arrière d’un camion, au milieu d’une foule vêtue de rouge et de drapeaux du Parti des travailleurs. Il devait ensuite se rendre à São Paulo pour un rassemblement sur l’avenue Paulista.

À Belo Horizonte, des milliers de soutiens de Flávio Bolsonaro se sont réunis autour de la place de la Liberté, accompagnés de centaines de motards. Beaucoup portaient le maillot jaune de l’équipe nationale de football, devenu un signe de ralliement de la droite. Le candidat devait ensuite rejoindre Barra da Tijuca, à Rio, un quartier associé à la famille Bolsonaro.

Les deux rassemblements ont mis en avant des récits opposés. Lula a appelé à choisir entre la souveraineté nationale et l’alignement sur les États-Unis. Les soutiens de Flávio Bolsonaro ont opposé la liberté et le travail aux programmes sociaux du gouvernement sortant. Les slogans et les couleurs des cortèges ont prolongé la fracture politique de la campagne.

La droite reste mieux implantée en ligne, mais la gauche a rattrapé une partie de son retard

Les réseaux sociaux sont devenus un terrain central de la campagne. Le camp Bolsonaro y avait dominé les échanges du premier tour, porté notamment par des influenceurs élus au Congrès. Pendant l’entre-deux-tours, la gauche a tenté de combler son retard avec « O Exército do Lula » et une équipe de communication rajeunie.

Les deux camps ont accusé Meta de favoriser l’adversaire. La plateforme a démenti toute ingérence, tout en reconnaissant des problèmes techniques ayant pénalisé le candidat progressiste. La controverse s’est prolongée jusqu’à la veille du vote, lorsque des parlementaires latino-américains ont appelé l’entreprise à ne pas interférer dans les élections brésiliennes.

Mèmes, jingles, montages audiovisuels et contenus produits par intelligence artificielle ont circulé dans les deux camps. Une analyse des réactions au dernier débat a donné à Lula davantage de mentions positives sur X, tandis que Flávio Bolsonaro a pris l’avantage sur WhatsApp. La bataille numérique reste donc partagée selon les plateformes, malgré l’avance plus ancienne du camp de droite.

Le scrutin engage aussi la démocratie et le contrôle des institutions

Les deux candidatures présentent le scrutin comme un choix de modèle politique. Lula appelle à défendre la démocratie et met en avant son bilan social. Flávio Bolsonaro promet de prolonger la ligne de son père : fermeté contre la criminalité, politique favorable aux entreprises et partenariat avec les États-Unis.

Le passé récent de la famille Bolsonaro pèse sur cette lecture. Jair Bolsonaro, ancien président, est présenté dans les éléments de campagne comme condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État après sa défaite face à Lula en 2022. Flávio Bolsonaro a par ailleurs signé une pétition demandant la révision du jugement ayant conduit à la condamnation d’un ancien conseiller présidentiel impliqué dans cette affaire.

La campagne a aussi ravivé les inquiétudes sur les institutions électorales. L’équipe de Flávio Bolsonaro a dit craindre un traitement inégal de la part de ministres du Tribunal supérieur électoral et a contesté certaines décisions de la cour. Dans le même temps, des magistrats ont appelé à empêcher que les chaînes et la publicité politique ne deviennent un « ringue ». Le futur président disposera rapidement d’un pouvoir institutionnel important : 45 dirigeants d’agences et d’organes de régulation et 12 membres de juridictions supérieures doivent être nommés d’ici à la fin de 2027.

Médianalyse du Yak

La couverture se concentre fortement sur la course serrée : égalité ou écart d’un à deux points, derniers meetings et suspense autour de la participation. La personnalisation du scrutin autour de Lula et de Flávio Bolsonaro rend immédiatement visible le duel, tandis que les mécanismes institutionnels et les nominations à venir restent davantage en retrait.

Le dernier débat a surtout été traité à travers ses formules les plus saillantes — « neuf doigts », « miliciano », les mèmes et les vérifications — alors qu’il portait aussi sur la santé, les retraites, la sécurité et le coût de la vie. L’affrontement personnel domine ainsi la visibilité, tandis que les propositions apparaissent plus vagues ou moins décisives.

Plusieurs cadrages coexistent dans la couverture : une partie insiste sur la fracture nationale et le retour possible de l’extrême droite ; d’autres privilégient les abstentionnistes, les réseaux sociaux, la place des femmes ou les conséquences régionales d’une victoire. La même élection est ainsi présentée comme un duel de personnes, un vote de participation et un choix d’orientation pour l’Amérique latine.

Article généré par le Yak

LES SOURCES33 médias · 158 sources

Le Monde 1 article

Le Figaro 1 article

Libération 1 article

L’Humanité 1 article

La Croix 1 article

Franceinfo 2 articles

France 24 2 articles

Euronews FR 1 article

TV5MONDE 4 articles

RFI 1 article

Mediapart 1 article

Le Temps 1 article

La Libre 1 article

RTS 1 article

Radio-Canada 1 article

LaPresse 1 article

Le Devoir 1 article

BBC News 2 articles

The Guardian 1 article

The New York Times 3 articles

Al Jazeera English 5 articles

Folha de S.Paulo 81 articles

La Nación Argentina 17 articles

El País 7 articles

La Vanguardia 1 article

Die Zeit 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 1 article

La Repubblica 1 article

Der Standard 1 article

Telex 1 article

Vanguardia 1 article

El Tiempo 4 articles

La Tercera 9 articles

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