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CONGRÈS DU RN À ORLÉANS

À Orléans, Marine Le Pen lance sa campagne et désigne Jordan Bardella comme Premier ministre

Devant près de 8 500 personnes, la candidate du Rassemblement national a lancé sa campagne présidentielle en promettant de rétablir l’ordre et l’autorité de l’État. Elle a annoncé que Jordan Bardella dirigerait un gouvernement « ouvert et pluraliste » en cas de victoire, dans une ville placée sous très haute surveillance.

142 sources · 52 médias · 6 min

Marine Le Pen a lancé dimanche 25 octobre sa campagne pour l’élection présidentielle lors d’un meeting organisé au Co’Met d’Orléans, devant près de 8 500 soutiens. Elle a placé son discours sous le thème de la « renaissance » de la France, avec la promesse de ne revenir ni au « pays d’avant » ni à une « rupture brutale ». Son projet repose notamment sur le rétablissement de l’ordre, la restauration de l’autorité de l’État et la protection des frontières.

La candidate a annoncé qu’en cas de victoire, Jordan Bardella serait son Premier ministre à la tête d’un gouvernement « ouvert et pluraliste » ou d’« union nationale ». Le président du RN venait d’être réélu à la tête du parti lors de la première journée du congrès. Éric Ciotti, allié du RN au sein de l’UDR, a participé au lancement de la séquence.

Le congrès s’est déroulé dans une ville fortement sécurisée. Environ 3 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés durant le week-end, avec des restrictions de circulation et des interdictions de rassemblement. Une manifestation anti-RN organisée samedi a réuni entre 13 000 et 26 000 personnes selon les estimations rapportées. Dimanche, une centaine de militants antifascistes se sont encore rassemblés à distance du lieu du meeting. La mairie a annoncé la levée des restrictions après un week-end sans dégradations majeures dans la ville.

Marine Le Pen détaille une ligne fondée sur l’autorité, les frontières et la « renaissance »

Le discours d’Orléans a cherché à présenter le RN comme une force capable de gouverner sans renoncer à ses marqueurs politiques. Marine Le Pen a promis d’inscrire la « communauté nationale » dans la Constitution, de rétablir les frontières françaises et européennes, et de restaurer « l’État de droit » dans ses moyens, son prestige et son autorité.

Elle a aussi annoncé un référendum pour rendre aux citoyens leur « droit d’expression politique », un mode de scrutin proportionnel avec une prime majoritaire et la réforme de Parcoursup, évoquée par Jordan Bardella. Sur le plan énergétique, elle a déclaré vouloir abolir la loi Hulot qui interdit la recherche d’hydrocarbures sur le sol français. Elle a également promis de faire entrer plus tôt les jeunes sur le marché du travail et de ne pas envoyer de soldats français dans des « guerres qui ne sont pas les nôtres ».

La candidate a présenté ces propositions sous le vocabulaire de la renaissance, de l’harmonie et de l’optimisme. Elle a affirmé que cette renaissance serait notamment celle de l’école et du savoir, tout en liant le projet à la puissance nationale et au rétablissement de l’ordre.

Jordan Bardella appelé à diriger un gouvernement « ouvert et pluraliste »

Marine Le Pen a donné à Jordan Bardella une place centrale dans la présidence qu’elle imagine. « Mon Premier ministre sera Jordan Bardella », a-t-elle déclaré, en le présentant comme le chef d’un gouvernement ouvert, pluraliste et d’union nationale.

Cette annonce intervient au lendemain de la réélection de Bardella à la présidence du RN. Elle fixe une répartition des rôles entre la candidate à l’Élysée et le dirigeant du parti, tout en cherchant à élargir la future équipe gouvernementale au-delà du seul Rassemblement national. Marine Le Pen a précisé que l’État qu’elle voudrait diriger « ne sera pas RN mais ce sera une œuvre collective », même si cette œuvre serait « patriote ».

Bardella a de son côté défendu la ligne du parti pendant le congrès et annoncé que le RN réformerait Parcoursup s’il arrivait au pouvoir. Sa reconduction et sa désignation comme futur chef du gouvernement donnent à la séquence d’Orléans une portée qui dépasse le lancement de la campagne : le parti y expose aussi une première organisation de l’exercice du pouvoir.

À distance du congrès, les opposants au RN manifestent sous forte surveillance

La préfecture avait interdit les rassemblements dimanche dans un large périmètre autour du Co’Met et dans plusieurs communes voisines. Malgré cette interdiction, une centaine de militants antifascistes se sont réunis à environ quatre kilomètres du site, devant le centre de rétention administrative, avant de se diriger vers Olivet sous escorte policière.

La veille, le défilé anti-RN avait rassemblé entre 13 000 et 26 000 personnes selon les estimations rapportées. Les manifestants dénonçaient la tenue du congrès et réclamaient une mobilisation contre l’extrême droite, dans un contexte marqué par un attentat raciste à Trappes. Les rassemblements se sont déroulés dans le calme, même si un petit groupe a brièvement bloqué une route départementale dimanche et que quelques coups de matraque ont été donnés lors d’un moment de confusion.

La ville avait été largement fermée et contrôlée : ponts et axes de circulation restreints, commerces fermés et couvre-feu instauré la nuit pour les moins de 15 ans. Plus de 16 000 véhicules ont été contrôlés, selon la préfecture du Loiret. En fin de journée, le maire Serge Grouard a annoncé la levée des mesures, en se félicitant de l’absence de violences de rue et de dégradations de commerces.

Le RN a voulu présenter Orléans comme le point de départ d’une campagne placée sous le signe de l’ordre et de la concorde. La séquence s’est pourtant déroulée dans une ville fortement contrainte par les restrictions, avec 3 000 membres des forces de l’ordre mobilisés et des opposants maintenus à distance. Le calme final décrit par la mairie est aussi le résultat de ce dispositif.

Le Yak

Militants de l’UEJF expulsés, journalistes écartés : le congrès du RN sous tension

Le discours de Jordan Bardella a été interrompu dimanche par des militants de l’Union des étudiants juifs de France. Ils ont déployé une banderole pour rappeler, selon leurs propres termes, l’antisémitisme et le racisme du RN. Le service d’ordre les a expulsés de la salle. Les militants ont affirmé avoir été violentés et ont annoncé leur intention de déposer plainte.

Bardella a dénoncé l’action de « militants d’ultra-gauche », une qualification contestée par les organisateurs de l’intervention. Sébastien Chenu a lui aussi accusé une « extrême gauche » de mettre de « l’huile sur le feu ». L’interruption a opposé le parti à ses adversaires au moment où le RN cherchait à installer un discours de rassemblement.

Le service de sécurité a également été mis en cause après l’expulsion temporaire de journalistes de Mediapart. Des journalistes présents sur place ont rapporté des contrôles particulièrement intrusifs lors des fouilles, notamment des vérifications concernant le port d’un soutien-gorge. Dans les tribunes, un militant a par ailleurs effectué un geste présenté comme un probable salut nazi ; le parti a indiqué qu’il le condamnerait si le geste était avéré.

La séquence avait commencé avant même l’arrivée des congressistes à Orléans : à Grenoble, un bus transportant des sympathisants du RN a été attaqué vers 5 heures par des individus cagoulés munis de barres de fer, selon le parquet. Le véhicule a été rendu inutilisable, sans faire de blessé parmi les onze personnes présentes, et une enquête a été ouverte.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, deux cadrages dominent : le lancement d’une campagne présidentielle présenté comme une démonstration de normalisation, et un week-end marqué par la sécurité, les manifestations et les incidents. Les formules « renaissance », « optimisme » et « gouvernement pluraliste » donnent le ton du meeting, tandis que la ville fortement sécurisée et les interruptions en salle rendent visible une conflictualité persistante.

La séquence est fortement personnalisée autour de Marine Le Pen et de Jordan Bardella. Le projet politique apparaît surtout à travers quelques annonces immédiatement attribuables — Bardella Premier ministre, « communauté nationale » dans la Constitution, rétablissement de l’ordre — plutôt que par une présentation détaillée de leur mise en œuvre.

Les traitements diffèrent aussi par leur angle de proximité. Les médias locaux insistent davantage sur les restrictions, les contrôles et le bilan de sécurité d’Orléans, tandis que des publications nationales et internationales mettent au premier plan la stratégie de respectabilité, l’exploitation du contexte de crise et la promesse d’un retour à l’autorité.

Article généré par le Yak

LES SOURCES52 médias · 142 sources

Le Monde 4 articles

Le Figaro 4 articles

Libération 3 articles

Le Parisien 7 articles

Le Nouvel Obs 2 articles

L’Express 1 article

L’Humanité 1 article

Valeurs Actuelles 1 article

HuffPost France 2 articles

Actu.fr 1 article

Franceinfo 11 articles

BFMTV 38 articles

France 24 5 articles

Euronews FR 1 article

RMC 2 articles

TV5MONDE 3 articles

Public Sénat 2 articles

Ouest-France 1 article

La Dépêche du Midi 3 articles

Le Progrès 2 articles

Le Dauphiné Libéré 2 articles

Nice-Matin 1 article

L’Est Républicain 2 articles

Midi Libre 1 article

La Montagne 3 articles

France Bleu 3 articles

DNA 1 article

Le Républicain Lorrain 2 articles

JSL 2 articles

Le Bien Public 2 articles

Courrier International 1 article

Mediapart 1 article

Le Temps 1 article

La Libre 1 article

La Dernière Heure 2 articles

RTS 1 article

Radio-Canada 1 article

LaPresse 1 article

Agence Anadolu 1 article

Financial Times 1 article

Al Jazeera English 2 articles

South China Morning Post 1 article

Daily Maverick 1 article

La Vanguardia 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 1 article

NRC 1 article

The Irish Times 2 articles

Der Standard 1 article

Helsingin Sanomat 1 article

La Tercera 1 article

Blast 1 article

Le JDD 5 articles

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