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PRÉSIDENTIELLE AU BRÉSIL

Lula décroche un quatrième mandat face à Flavio Bolsonaro

Donné légèrement battu à la veille du second tour, le président brésilien a été réélu avec près de 52 % des voix. Devancé après avoir gagné le premier tour, Flavio Bolsonaro ne reconnaît pas sa défaite et annonce qu’il demandera l’annulation du scrutin.

198 sources · 61 médias · 6 min

Luiz Inacio Lula da Silva a remporté le second tour de l’élection présidentielle brésilienne face à Flavio Bolsonaro. Avec près de 52 % des suffrages contre un peu plus de 48 % à son adversaire, le président sortant obtient un quatrième mandat, un fait inédit dans l’histoire démocratique du pays. Il avait pourtant été devancé par le fils de Jair Bolsonaro au premier tour, trois semaines plus tôt, dans une course que les derniers sondages donnaient encore très serrée.

Quelque 160 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes. La journée a été marquée par des difficultés de transport dans plusieurs villes et par la prolongation du vote de deux heures décidée par la Cour suprême. Après l’annonce des résultats, Flavio Bolsonaro n’a pas reconnu sa défaite et a annoncé son intention de demander l’annulation du scrutin. La victoire de Lula ne met donc pas fin à la contestation, tandis que le Congrès élu quelques semaines auparavant reste dominé par les forces conservatrices.

Des bus retenus et deux heures de vote en plus alimentent la contestation

Les conditions d’accès aux bureaux de vote ont constitué l’une des principales controverses de la journée électorale. Le camp de Lula a dénoncé la réduction de la circulation des bus à São Paulo, à Salvador et dans d’autres villes, estimant que des électeurs avaient été empêchés de voter. À Salvador, le Tribunal régional électoral a ordonné l’arrestation du secrétaire municipal chargé de la mobilité après la rétention de bus. Un organisme de protection des consommateurs a par ailleurs recensé 252 véhicules immobilisés dans trois garages.

Les autorités municipales ont contesté cette présentation. À São Paulo, le maire Ricardo Nunes a nié une pénurie de bus et accusé les alliés de Lula d’exploiter le sujet à des fins électorales. La société de transport public a évoqué des difficultés opérationnelles pour remettre l’ensemble de la flotte en circulation.

Saisie par les deux campagnes, la Cour suprême a finalement autorisé la prolongation du vote de deux heures. La décision, intervenue après l’horaire initial de fermeture, a toutefois créé de la confusion dans certains bureaux. Des assesseurs et des responsables électoraux ont déclaré n’en avoir été informés qu’après la fermeture prévue des urnes. Des magistrats du Tribunal supérieur électoral et de la Cour suprême ont reconnu des erreurs dans la gestion de cette prolongation, tout en écartant l’idée d’une annulation automatique de l’élection.

La prolongation du vote a répondu à un problème d’accès aux urnes, mais elle a aussi déplacé la contestation vers les institutions électorales. Les accusations sur les transports, la décision tardive de la Cour suprême et la confusion dans certains bureaux ont nourri une même question : comment garantir l’égalité d’accès au scrutin lorsque l’organisation matérielle devient elle-même un objet de conflit politique ?

Le Yak

Lula mise sur les aides sociales, Flavio Bolsonaro sur la sécurité et la baisse des dépenses

L’entre-deux-tours a opposé deux réponses aux difficultés citées par les électeurs : le coût de la vie, l’endettement et l’insécurité. Lula a multiplié les annonces sociales dans la dernière ligne droite, notamment en revalorisant la Bolsa Familia, son principal programme destiné aux familles pauvres. Son camp a aussi renforcé sa présence sur les réseaux sociaux après avoir été devancé au premier tour.

Flavio Bolsonaro a fait campagne sur un durcissement de la lutte contre la criminalité, une réduction des dépenses publiques et une politique économique plus libérale. Après avoir recueilli 47 % des voix au premier tour selon les éléments de campagne disponibles, il s’est présenté comme plus modéré que son père tout en revendiquant son héritage. Il a également promis de libérer Jair Bolsonaro, qui purge une peine de vingt-sept ans pour avoir cherché à se maintenir au pouvoir après sa défaite de 2022.

Les deux camps ont organisé leurs dernières démonstrations de force dans les rues de São Paulo, de Rio de Janeiro et sur la plage de Copacabana. Dans les bureaux de vote, les slogans des partisans des deux candidats se sont parfois affrontés. La mobilisation n’a pas effacé le mécontentement d’électeurs qui disaient choisir tout autant contre un camp que pour un programme.

La déforestation baisse sous Lula, mais l’Amazonie reste en retrait de la campagne

Le résultat aura des conséquences directes sur la politique environnementale brésilienne. Sous Lula, la déforestation de l’Amazonie a atteint son niveau le plus bas en quatre décennies. Le bilan est opposé pour la période de Jair Bolsonaro, pendant laquelle la destruction de la forêt s’était accélérée. Flavio Bolsonaro affirme vouloir mettre fin à la déforestation illégale, mais il défend un retour aux politiques de dérégulation associées au mandat de son père.

Les populations autochtones ont exprimé leurs inquiétudes. Le ministre des Peuples autochtones, Eloy Terena, a averti qu’une victoire de l’extrême droite pourrait menacer le ministère et les protections accordées aux 391 peuples originaires recensés dans le pays.

Malgré les incendies favorisés par le phénomène El Niño et la fumée qui a touché des villes amazoniennes, le changement climatique est resté peu présent dans les débats de campagne. Les questions de sécurité, de pouvoir d’achat et de dette ont davantage retenu l’attention des candidats et des électeurs.

Flavio Bolsonaro veut faire annuler le scrutin et la droite cherche un nouveau chef

La victoire de Lula pourrait prolonger la bataille électorale au-delà du dépouillement. Flavio Bolsonaro a annoncé qu’il demanderait l’annulation du scrutin, après avoir mis en cause les conditions de vote et appelé ses soutiens à surveiller les bureaux. Une partie de la campagne s’était déjà déplacée devant le Tribunal supérieur électoral, avec des recours portant sur les transports, les réseaux sociaux et l’organisation du vote.

Le prochain mandat s’annonce politiquement contraint. Le Congrès issu des législatives est marqué par une forte progression des forces conservatrices. L’analyse citée dans la couverture électorale prévoit pour Lula une confrontation avec un Congrès hostile et la menace de procédures de destitution. En cas de victoire de Flavio Bolsonaro, la Cour suprême aurait été directement ciblée : le candidat avait promis de demander la destitution du juge Alexandre de Moraes, associé aux poursuites contre son père.

La défaite de Flavio Bolsonaro ouvre parallèlement une compétition pour la direction de la droite brésilienne. La famille Bolsonaro conserve un poids électoral important, mais la défaite du candidat peut accélérer la réorganisation du mouvement autour d’une autre figure.

Les algorithmes et les deepfakes déplacent la bataille sur les réseaux sociaux

La campagne s’est aussi jouée sur les plateformes numériques. L’équipe de Lula a accusé Meta, maison mère de WhatsApp, Facebook et Instagram, de favoriser Flavio Bolsonaro par une manipulation des algorithmes. Le groupe américain a rejeté tout parti pris, tout en reconnaissant des problèmes techniques ayant désactivé certaines publicités de la campagne de gauche.

Des vidéos générées par intelligence artificielle ont par ailleurs circulé avant le vote. L’une d’elles mettait en scène une fausse militante dansant aux côtés de Flavio Bolsonaro et a été largement relayée sur les réseaux sociaux. La diffusion de deepfakes, capables de faire croire qu’une personne réelle a tenu des propos ou réalisé des gestes qu’elle n’a jamais eus, figurait parmi les préoccupations de la justice électorale.

Après son retard du premier tour, Lula a modifié sa stratégie numérique et s’est davantage exposé sur les réseaux sociaux. À la veille du scrutin, sa popularité digitale progressait face à celle de son adversaire, sans que cette évolution permette de prédire le résultat.

Médianalyse du Yak

La couverture a d’abord privilégié le suspense électoral : « coude-à-coude », « duel à suspense », « course très serrée » et avance d’un point dans les sondages reviennent fréquemment. Après le vote, l’attention s’est déplacée vers le retournement de Lula, présenté comme le fait central de la soirée des résultats.

Le traitement est fortement personnalisé autour de Lula, de Flavio Bolsonaro et de l’héritage de Jair Bolsonaro. Les scènes de mobilisation, les slogans, les soutiens de personnalités et les affrontements symboliques sont très visibles, tandis que les mécanismes plus techniques — finances publiques, fonctionnement du Congrès ou application des programmes sociaux — restent davantage dispersés.

L’Amazonie est bien identifiée comme un enjeu environnemental et international, mais elle reste décrite comme un sujet de fond peu présent dans la campagne. Le contraste entre l’importance climatique du scrutin et la place accordée à la sécurité, au coût de la vie et à la bataille numérique ressort nettement.

Article généré par le Yak

LES SOURCES61 médias · 198 sources

Le Monde 5 articles

Le Figaro 3 articles

Libération 1 article

Le Parisien 2 articles

Le Nouvel Obs 1 article

Le Point 1 article

L’Humanité 1 article

La Croix 1 article

HuffPost France 2 articles

20 Minutes 1 article

Actu.fr 1 article

Franceinfo 5 articles

BFMTV 3 articles

France 24 5 articles

Euronews FR 1 article

TV5MONDE 4 articles

Ouest-France 3 articles

Le Dauphiné Libéré 1 article

L’Est Républicain 1 article

Midi Libre 1 article

DNA 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

L’Alsace 1 article

JSL 1 article

Le Bien Public 1 article

RFI 3 articles

La Libre 2 articles

RTS 2 articles

Radio-Canada 4 articles

LaPresse 1 article

Le Devoir 1 article

Agence Anadolu 2 articles

BBC News 1 article

The Guardian 1 article

Financial Times 2 articles

The New York Times 9 articles

The Globe and Mail 1 article

Al Jazeera English 3 articles

South China Morning Post 1 article

Folha de S.Paulo 55 articles

La Nación Argentina 18 articles

El País 2 articles

La Vanguardia 3 articles

Público 5 articles

Die Zeit 3 articles

Frankfurter Allgemeine Zeitung 2 articles

The Irish Times 1 article

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Der Standard 3 articles

Politiken 1 article

Dagens Nyheter 2 articles

Aftenposten 1 article

Gazeta Wyborcza 1 article

Vanguardia 1 article

El Tiempo 1 article

La Tercera 10 articles

The Times of Israel 2 articles

Dawn 1 article

LVSL 1 article

Le JDD 2 articles

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