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YVELINES

À Trappes, Kévin T. reconnaît les tirs mais conteste le mobile raciste

La garde à vue de Kévin T. a repris après un examen psychiatrique. Le parquet national antiterroriste décrit un périple préparé de 12 kilomètres, huit lieux visés et 128 tirs, qui ont fait un mort et cinq blessés.

175 sources · 42 médias · 5 min

Le 23 octobre, Kévin T., 39 ans, a ouvert le feu à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines. Son parcours, long d’environ 12 kilomètres, a concerné huit lieux et donné lieu à au moins 128 tirs, selon le procureur national antiterroriste. Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans d’origine congolaise, a été tué. Cinq autres personnes ont été blessées, dont une enfant, plusieurs grièvement.

Le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante liée à l’appartenance réelle ou supposée des victimes à une race, une ethnie, une nation ou une religion. Kévin T. reconnaît la matérialité des faits, mais conteste leur caractère raciste. Sa garde à vue, suspendue après un examen psychiatrique, a repris après qu’un nouvel examen a jugé son état compatible avec la poursuite des auditions. Quatre proches, dont ses parents, ont été remis en liberté.

Les déclarations du suspect et les éléments retrouvés chez lui alimentent la piste raciste

L’enquête antiterroriste privilégie un mobile raciste malgré les dénégations de Kévin T. Au début de sa garde à vue, le suspect aurait déclaré vouloir viser des personnes noires et arabes, selon le procureur, avant de contester le caractère raciste de ses crimes.

Des proches le décrivent comme raciste et expliquent qu’il s’était rapproché de l’extrême droite. Un exemplaire de Mein Kampf aurait été retrouvé à son domicile. Des documents liés au Rassemblement national ont également été évoqués, mais cette information a été démentie par le parquet, qui a précisé qu’aucun tract de parti politique n’avait été découvert dans le véhicule. Le mobile devra donc être établi à partir d’éléments dont certains font déjà l’objet de versions contradictoires.

La garde à vue reprend après l’examen psychiatrique, sans préjuger de la responsabilité pénale

Kévin T. a été placé en observation psychiatrique après avoir déclaré souffrir de schizophrénie et alors qu’il suivait un traitement. Sa garde à vue a été interrompue pour vérifier si son état permettait la poursuite des auditions. Un nouvel examen a conclu à l’absence de symptômes de décompensation aiguë ou de signes justifiant une hospitalisation sous contrainte, ce qui a permis sa reprise.

Cette mesure ne préjuge pas de sa responsabilité pénale au moment des faits. La question devra être examinée dans la suite de la procédure. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a affirmé que le profil psychiatrique du suspect ne changeait rien à la gravité de l’acte ni au mobile raciste retenu par les autorités. L’avocat de la famille de Pengo Bossio Wangi a, lui, interrogé la rapidité avec laquelle l’hypothèse psychiatrique avait été mise en avant.

La reprise de la garde à vue règle une question procédurale, pas celle du mobile. L’état psychiatrique du suspect détermine la possibilité de l’interroger ; il ne tranche ni le caractère raciste des tirs ni sa responsabilité pénale au moment des faits.

Le Yak

Des rescapées décrivent des tirs et des fuites dans une station-service de Trappes

Les images de vidéosurveillance d’une station-service de Trappes montrent une partie du parcours de Kévin T. Plusieurs rescapés ont aussi décrit des scènes de mise en joue et de fuite.

Sakinatou a raconté que le tireur l’avait visée avant que son arme ne semble s’enrayer. Une autre rescapée, Sofia, a expliqué avoir fait face au tireur alors que le chargeur était probablement vide. Elle aurait ainsi eu le temps de se mettre à l’abri et d’aider d’autres personnes à se cacher. À Aubervilliers, le club de MMA de Pengo Bossio Wangi a organisé une marche blanche. Le jeune homme est mort après avoir été touché par les tirs, malgré les gestes de premiers secours pratiqués sur place.

Les hommages à Trappes et dans plusieurs villes deviennent des rassemblements contre le racisme

Des rassemblements ont eu lieu à Trappes et à Aubervilliers dès le week-end suivant l’attaque, puis dans de nombreuses villes le lundi 26 octobre. Près de 3 000 personnes se sont réunies dans le nord de Paris, selon la préfecture de police. Plusieurs centaines ont aussi participé à des hommages à Lyon et à Marseille, tandis que des mobilisations ont été signalées de Tours à Toulouse, de Metz à Perpignan et de Clermont-Ferrand à Tarbes.

Les associations et syndicats à l’origine de ces rassemblements ont dénoncé la banalisation de la haine raciste. Des participants ont dit craindre d’être pris pour cible en raison de leur origine ou de leur couleur de peau. À Trappes, certains habitants ont expliqué sortir moins depuis l’attaque. Une cagnotte destinée à soutenir Ramatou, une fillette blessée, a dépassé 55 000 euros.

La gauche et des associations accusent le RN d’alimenter un climat de haine

La gauche et plusieurs associations ont accusé le Rassemblement national de contribuer, par ses discours sur l’immigration, les musulmans ou les habitants de Trappes, à un climat de haine. Le Conseil représentatif des associations noires a annoncé vouloir se constituer partie civile et affirmé que l’attentat n’était pas survenu dans le vide. Des élus et des responsables associatifs ont aussi mis en cause la place accordée aux propos racistes sur certains plateaux de télévision.

Le RN rejette toute responsabilité collective. Sébastien Chenu a dénoncé une récupération politique et affirmé que le parti n’avait aucun lien avec l’attaque. Thomas Ménagé a estimé que la gauche exploitait un fait criminel à des fins politiques. Cette confrontation s’est déroulée alors que le parti réunissait son congrès à Orléans et lançait la campagne présidentielle de Marine Le Pen, donnant à l’attentat une dimension politique qui dépasse le seul déroulement de l’enquête.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, trois éléments dominent : le bilan humain, le chiffre des 128 tirs et le profil psychiatrique du suspect. Les images de vidéosurveillance et les témoignages de rescapés rendent l’attaque très concrète, tandis que les détails de la procédure antiterroriste restent davantage concentrés dans les comptes rendus judiciaires.

Deux cadrages coexistent. Les médias généralistes et audiovisuels suivent surtout la chronologie de l’attaque, la garde à vue et l’état des victimes. Des publications d’opinion et plusieurs récits politiques déplacent l’attention vers le rôle du RN, de l’extrême droite et des chaînes d’information dans la banalisation des discours racistes. La contradiction sur les documents prétendument retrouvés dans le véhicule est devenue un sujet de couverture à part entière.

Le traitement s’élargit rapidement du fait divers local à une séquence nationale : après les récits sur Trappes et La Verrière, les publications mettent en avant les rassemblements organisés dans de nombreuses villes et les prises de parole politiques. Les victimes et leurs proches restent toutefois le point de départ le plus constant de cette couverture.

Article généré par le Yak

LES SOURCES42 médias · 175 sources

Le Monde 6 articles

Le Figaro 6 articles

Libération 6 articles

Le Parisien 10 articles

Le Nouvel Obs 5 articles

L’Humanité 2 articles

Valeurs Actuelles 1 article

La Croix 2 articles

HuffPost France 2 articles

20 Minutes 4 articles

Actu.fr 5 articles

Franceinfo 13 articles

BFMTV 21 articles

France 24 2 articles

Euronews FR 1 article

RMC 11 articles

TV5MONDE 4 articles

Ouest-France 1 article

La Dépêche du Midi 6 articles

Le Progrès 2 articles

Le Dauphiné Libéré 2 articles

Nice-Matin 3 articles

L’Est Républicain 5 articles

L’Indépendant 5 articles

Midi Libre 3 articles

La Montagne 7 articles

France Bleu 4 articles

DNA 2 articles

Le Républicain Lorrain 4 articles

Vosges Matin 3 articles

L’Alsace 1 article

JSL 7 articles

Le Bien Public 5 articles

La Nouvelle République 3 articles

La Nouvelle République des Pyrénées 1 article

La 1ère 2 articles

Le Temps 1 article

La Libre 1 article

La Dernière Heure 1 article

Agence Anadolu 2 articles

Causeur 2 articles

Le JDD 1 article

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