MOBILISATIONS SOCIALES
Après le 24 octobre, Macron veut déplacer les cortèges hors des centres-villes
La mobilisation a été moins violente que celle du 17 octobre, mais 1 435 personnes ont été interpellées et 417 blessés recensés par le ministre de l’Intérieur. À Marseille, Emmanuel Macron a reconnu les défauts d’anticipation de l’État et demandé des parcours hors des centres-villes pour les prochaines manifestations.
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La mobilisation du samedi 24 octobre a réuni plusieurs centaines de milliers de personnes en France pour défendre le pouvoir d’achat et les services publics, dans le prolongement du mouvement parti des lycéens. La journée a été globalement moins violente que celle du 17 octobre, marquée par des pillages et des dégradations dans plusieurs villes. Des affrontements, des dégradations et des agressions ont toutefois encore eu lieu en marge des cortèges.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé 1 435 interpellations. Il a fait état de 267 blessés parmi les policiers et les gendarmes et de 150 blessés parmi les manifestants, dont trois grièvement. Le gouvernement a défendu un dispositif ayant permis de maîtriser la journée, tandis que des enquêtes ont été ouvertes sur des violences attribuées à des militants d’ultradroite et sur des interventions policières.
En déplacement à Marseille le 26 octobre, Emmanuel Macron a reconnu que les autorités n’avaient « pas du tout anticipé » les violences du 17 octobre et que les effectifs engagés n’étaient pas proportionnés. Il a estimé que l’ordre public avait été tenu le 24 octobre et demandé que les prochaines manifestations, dont celles annoncées les 31 octobre et 5 novembre, se tiennent hors des centres-villes. Il a maintenu la possibilité d’un recours à l’état d’urgence sans le présenter comme nécessaire à ce stade.
À Marseille, Macron reconnaît le défaut d’anticipation du 17 octobre
Emmanuel Macron s’est rendu le 26 octobre à la mairie de Marseille, encore marquée par l’irruption de manifestants le 17 octobre, avant de rencontrer des commerçants et des forces de l’ordre. Dans le hall, un mur tagué, une vitre cassée et un buste de Marianne ébréché témoignaient encore des dégradations.
Le président a reconnu un défaut d’anticipation de la mobilisation de l’ultragauche et des actes de délinquance qui l’avaient accompagnée. Il a aussi admis que les forces de police n’étaient pas « dûment proportionnées ». En parallèle, il a remercié les forces de l’ordre et affirmé que la République et l’ordre public étaient tenus sans état d’urgence.
Cette visite a placé le chef de l’État au premier plan alors que Sébastien Lecornu devait recevoir les organisations lycéennes et étudiantes pour répondre à leurs revendications. Emmanuel Macron a reconnu un problème de tempo dans la réponse du gouvernement, tout en appelant à regarder désormais « devant ».
Le 24 octobre est présenté par l’exécutif comme une journée maîtrisée, mais cette maîtrise repose aussi sur des restrictions déjà en place et sur le déplacement des cortèges hors des centres-villes. La baisse des pillages à Marseille — sept commerces touchés contre 317 le 17 octobre — ne signifie donc pas un retour aux conditions qui prévalaient avant la première journée de violences.
À Nice, Rouen et Montpellier, des enquêtes visent des violences attribuées à l’ultradroite
Des groupes présentés comme appartenant à l’ultradroite ont été accusés d’avoir agressé des manifestants dans plusieurs villes le 24 octobre. Des vidéos diffusées en ligne montrent notamment des hommes masqués ou cagoulés à Nice, Rouen, Montpellier, Nancy et Dijon.
À Nice, onze personnes doivent être jugées pour association de malfaiteurs en vue de commettre des violences volontaires aggravées. La préfecture avait évoqué la présence d’une centaine de militants masqués venus affronter physiquement des manifestants. À Rouen, une enquête pour violences aggravées a été ouverte après la diffusion d’une vidéo montrant un homme frappé à terre. D’autres procédures ont été lancées à Montpellier et à Dijon.
La question de l’attitude des forces de l’ordre a déclenché une confrontation politique. La France insoumise les a accusées d’avoir protégé des groupes d’extrême droite. Laurent Nuñez a rejeté cette accusation, affirmant qu’« à aucun moment » la police n’avait travaillé avec ces groupes ou ne les avait protégés. Le ministre a demandé aux préfets de saisir la justice et évoqué des suites pénales et administratives, dont la dissolution de groupes constitués en vue de commettre des violences.
Des enquêtes visent aussi des policiers après plusieurs blessés dans les cortèges
Le parquet de Strasbourg a ouvert une enquête après la diffusion d’une vidéo montrant des policiers frapper plusieurs manifestants et street medics lors d’une interpellation le 24 octobre. À Clermont-Ferrand, une enquête porte sur la blessure grave à la main d’un homme après l’explosion, à proximité, d’une grenade GM2L lancée par la police, selon plusieurs vidéos vérifiées. À Reims, l’IGPN a été saisie après qu’un manifestant a été grièvement blessé au tibia par une grenade.
Ces procédures s’ajoutent au bilan communiqué par le ministère de l’Intérieur, qui recense 150 manifestants blessés, dont trois gravement. Elles déplacent le débat du seul maintien de l’ordre vers les conditions des interpellations et l’usage des armes de dispersion. Les enquêtes devront établir les circonstances précises de chaque blessure.
Couvre-feux et cortèges déplacés prolongent la réponse sécuritaire
Depuis les violences du 17 octobre, des couvre-feux ont été instaurés dans certains quartiers de Paris, Lyon, Marseille et Grenoble. Laurent Nuñez a indiqué que ces restrictions pourraient se poursuivre au cas par cas, à l’appréciation des préfets et des maires. Paris a reconduit son couvre-feu sur une zone plus restreinte, tandis que Lyon n’a pas reconduit le sien mais a interdit une manifestation prévue le 27 octobre dans le centre-ville. Le couvre-feu visant les mineurs a été levé à Nice le 26 octobre.
Emmanuel Macron veut désormais que les manifestations autorisées se tiennent hors des centres-villes. Il a présenté cette mesure comme un moyen de protéger les commerces, les bâtiments publics et l’ordre public avant le nouveau samedi d’action annoncé le 31 octobre. Des appels ont également été lancés pour le 5 novembre, avec une journée de grève intersyndicale sur les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie.
À Dijon, jusqu’à 7 000 personnes ont toutefois défilé malgré une interdiction préfectorale, selon les organisateurs. La contestation des interdictions et des changements de parcours s’ajoute au débat sur la sécurité des cortèges.
Le Sénat examine la loi « casseurs-payeurs » après les dégradations
Le projet de loi « casseurs-payeurs » doit être examiné au Sénat à partir du 27 octobre. Le texte prévoit une responsabilité civile collective pour les personnes ayant sciemment participé à un groupement formé en vue de commettre des dégradations, même si elles n’en sont pas les auteurs directs. Cette responsabilité pourrait atteindre 10 000 euros par personne et permettre la saisie de certaines prestations sociales, sous conditions.
Le gouvernement présente le dispositif comme un moyen de faire payer les auteurs de dégradations plutôt que l’État ou les contribuables. Sébastien Lecornu le juge « absolument indispensable ». La droite sénatoriale le soutient, tandis qu’Amnesty International, des syndicats et des organisations de magistrats et d’avocats demandent son abandon. Ils redoutent un effet dissuasif sur le droit de manifester et une pénalisation accrue des familles les plus pauvres.
Le texte comporte aussi des mesures visant les profils violents et un mécanisme d’urgence pour demander le blocage de contenus appelant à l’insurrection ou à l’armement contre l’État. Il prolonge ainsi la réponse policière par des mesures civiles, financières et numériques.
Médianalyse du Yak
Dans la couverture observée, le traitement sécuritaire domine nettement : le nombre d’interpellations, les blessés, les groupes d’ultradroite, les couvre-feux et les annonces d’Emmanuel Macron occupent davantage l’espace que les revendications initiales sur le pouvoir d’achat, les services publics ou l’éducation. La séquence est aussi fortement personnalisée autour du président, dont la visite à Marseille fournit le principal point d’entrée politique.
Deux cadrages coexistent. Une partie de la couverture insiste sur le retour de l’ordre, la protection des commerces et la nécessité de nouveaux outils contre les dégradations. D’autres publications mettent au premier plan les violences policières, les agressions attribuées à l’ultradroite et le risque de restriction du droit de manifester. Les publications locales rendent plus visibles les effets matériels — commerces touchés, cortèges interdits ou blessés — tandis que les traitements nationaux privilégient davantage le rapport de force entre l’exécutif et la mobilisation.
Article généré par le Yak
LES SOURCES49 médias · 231 sources
Le Monde 10 articles
- EN DIRECT, mobilisations sociales : Emmanuel Macron estime que le 31 octobre est un samedi « à risque » et prévoit que les manifestations se dérouleront en dehors des centres-villes
- Après les manifestations du 24 octobre, l’exécutif confronté à la perspective d’un long automne social
- Le couvre-feu prolongé à Paris et à Lille, non reconduit à Lyon ; des rassemblements interdits
- Manifestations du 24 octobre : le parquet ouvre une enquête sur le matraquage de deux personnes par des policiers
- Projet de loi « casseurs-payeurs » : Amnesty International demande au gouvernement d’y « renoncer »
- Violences de militants d’ultradroite en marge du 24 octobre : plusieurs enquêtes ouvertes ; « à aucun moment la police ne les a protégés », défend Laurent Nuñez
- Mobilisations sociales : à Marseille, Emmanuel Macron fait le mea culpa de l’Etat
- Mobilisation du 24 octobre : de Nice à Rouen, des groupuscules d’extrême droite violents ont déferlé dans les rues
- VIDEO Clermont-Ferrand : enquête sur la blessure à la main par une grenade de la police le 24 octobre
- « On n’avait pas anticipé ce qui s’est passé », les images d’Emmanuel Macron en visite à Marseille
Le Figaro 11 articles
- «Il est urgent de rétablir l’ordre» : le Sénat prêt à adopter une version renforcée du projet de loi casseurs-payeurs
- « Plus jamais de 17 octobre » : à Marseille, Emmanuel Macron admet n’avoir « pas du tout anticipé » les violences
- Violences à Nice en marge des manifestations : dix membres présumés de l’ultradroite devant la justice
- Colère sociale : Laurent Nuñez conteste que des forces de l'ordre aient protégé l'ultradroite en marge des manifestations
- À Rouen, ouverture d’une enquête après une vidéo virale de violences en marge des manifestations
- 17 octobre, futur de la mobilisation, rôle des réseaux sociaux… Ce qu’il faut retenir de l’intervention d’Emmanuel Macron à Marseille
- Colère sociale : «L’État a été fort et a eu le dessus ce week-end», salue Maud Bregeon
- Emmanuel Macron en visite surprise à Marseille une semaine après les émeutes
- Le président de CCI France appelle à «une pause» des manifestations pendant la «période cruciale» de la fin d’année pour les commerçants
- Casserolade, «acte III», grève de l’intersyndicale, retraités, pompiers… Quelles sont les prochaines mobilisations ?
- Grève intersyndicale du 5 novembre : transports, éducation, santé... Quels sont les secteurs mobilisés ?
Libération 6 articles
- «Le 17 octobre, on n’avait pas du tout anticipé ce qui s’est passé» : en visite express à Marseille, Emmanuel Macron en opération apaisement
- Manifestants et «street medics» matraqués par des policiers à Strasbourg : le parquet ouvre une enquête
- Les manifestations seront hors des centres-villes samedi 31 octobre pour une nouvelle journée «à risque», selon Macron
- Sébastien Lecornu interdit à ses ministres de critiquer Laurent Nuñez
- Casserolades, manifestation, grève générale : quelles sont les prochaines actions annoncées ?
- Mobilisations du 24 octobre : un total de 1 435 interpellations et plus de 400 blessés, selon Laurent Nuñez
Le Parisien 10 articles
- L’influenceuse Manon Delcourt interpellée à Orly et placée en garde à vue pour ses propos sur les mobilisations et les violences
- Manifestations du samedi 24 octobre : 267 membres des forces de l’ordre et 150 manifestants ont été blessés, annonce Laurent Nuñez
- Paris : la préfecture de police reconduit le couvre-feu, mais sur une zone plus restreinte
- Violences du 17 octobre : Emmanuel Macron attendu ce lundi à Marseille pour une visite surprise sur le « retour de l’ordre »
- « Acte III », grève, casserolades… quelles sont les prochaines dates de la mobilisation ?
- « Changement de parcours » ou « interdiction » des manifestations : le président de la CCI estime que les commerces ont « besoin d’une pause »
- « La situation ne va pas vraiment changer » : Laurent Nuñez annonce que les couvre-feux vont être maintenus dans plusieurs villes du pays
- « Liberticide » : Amnesty International appelle le gouvernement français à renoncer au projet de loi « casseurs-payeurs »
- « On ne protège personne » : Nuñez répond aux accusations de LFI d’avoir favorisé des groupes d’ultradroite lors des manifestations samedi
- Lyon : une manifestation interdite ce mardi, le couvre-feu non reconduit
Le Nouvel Obs 4 articles
- Face à la menace d’un conflit social qui dure, l’exécutif s’affiche sur le terrain
- « Acte III », grève intersyndicale, blocus… A quoi faut-il s’attendre pour la suite du mouvement social ?
- « Il n’est pas normal, en France, d’avoir peur de manifester » : à Dijon, le cortège brave l’interdiction préfectorale
- « C’est une tactique pour nous épuiser » : à Paris, un cortège déplacé mais des manifestants déterminés
L’Express 1 article
L’Humanité 4 articles
- 24 octobre : le gouvernement avait préparé un black-out des réseaux sociaux
- Des enquêtes ouvertes contre les milices d’extrême droite qui ont attaqué les cortèges avec la neutralité bienveillante de la police
- En déplacement à Marseille, Macron estime que l’état d’urgence n’est pas « un tabou » si « les choses devaient se dégrader »
- « Acte III Halloween », grève du 5 novembre… Quelles sont les prochaines mobilisations ?
La Croix 2 articles
HuffPost France 3 articles
20 Minutes 5 articles
- Après les 17 et 24 octobre, à quoi va ressembler la suite de la mobilisation ?
- C’est quoi la « grève générale de la consommation » que réclament certains manifestants ?
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- Pour Richard Ramos, député "Modem", la loi casseur-payeurs "ne tient pas la rampe du Conseil constitutionnel"
- Pour Pierre Jouvet, député européen PS, la loi casseurs-payeurs, examinée dès le 27 octobre au Sénat, "ne sera jamais applicable"
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- "Ce n'est pas normal qu'à six mois d'une élection présidentielle, notre pays soit dans cet état d'ébullition", affirme Emmanuel Macron
- "Je sais ce qui se serait passé si vous n'aviez pas été là": Emmanuel Macron félicite les forces de l'ordre à Marseille
- Emmanuel Macron reçu à la mairie de Marseille pour un déplacement sur le thème de la sécurité et de l’économie
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- Macron promet de maintenir le "calme" avant un nouveau samedi "à risque"
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L’Est Républicain 1 article
L’Indépendant 2 articles
Midi Libre 4 articles
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La Montagne 3 articles
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France Bleu 11 articles
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DNA 3 articles
- Strasbourg. Mobilisation du 24 octobre : la justice ouvre une enquête après des interpellations violentes
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- Social. Acte II du 24 octobre : 1 435 personnes interpellées au total, Macron attendu à Marseille ce lundi
Le Républicain Lorrain 2 articles
Vosges Matin 2 articles
L’Alsace 3 articles
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Le Bien Public 3 articles
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La Nouvelle République 2 articles
RFI 1 article
La Libre 3 articles
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