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SERBIE

Les étudiants renversent Aleksandar Vučić après quatorze ans de pouvoir

La Liste étudiante a remporté les législatives anticipées avec environ 52,9 % des voix et 140 sièges sur 250. Cette victoire, issue de deux années de mobilisations anticorruption, ouvre une alternance historique, mais la formation du gouvernement reste à régler.

127 sources · 63 médias · 5 min

La Liste étudiante a remporté les élections législatives anticipées en Serbie face au camp d’Aleksandar Vučić, mettant fin à quatorze années de domination politique de l’ancien président. D’après une estimation du Cesid portant sur 96 % des suffrages, elle a obtenu 52,9 % des voix, contre 38,8 % pour le Parti progressiste serbe (SNS), soit 140 sièges sur 250 contre 103 pour la formation sortante. Avec 69,3 % des électeurs, la participation a atteint son plus haut niveau depuis plus de trente ans.

Le scrutin a transformé en victoire électorale une mobilisation lancée après l’effondrement, en novembre 2024, d’un auvent de la gare de Novi Sad, qui avait fait seize morts. Les étudiants avaient alors accusé la corruption et les défaillances institutionnelles d’avoir contribué au drame. Leur liste, composée de candidats issus de la société civile et présentée sans chef unique, a fait campagne pour lutter contre la corruption, restaurer l’État de droit et réformer les institutions. Vučić, qui avait quitté la présidence pour briguer le poste de premier ministre, a reconnu sa défaite moins de deux heures après la fermeture des bureaux de vote.

Après le drame de Novi Sad, deux ans de mobilisation étudiante

Le mouvement étudiant est né d’un drame devenu le point de départ d’une contestation nationale. En 2024, l’effondrement d’un auvent de la gare récemment rénovée de Novi Sad a tué seize personnes. Les étudiants ont réclamé une enquête rapide et ont relié l’accident à la corruption qu’ils dénonçaient dans le fonctionnement de l’État.

Les blocages d’universités et les manifestations se sont poursuivis pendant près de deux ans. La mobilisation, largement organisée sans direction unique, a rassemblé des étudiants, mais aussi des enseignants, des avocats, des acteurs et des agriculteurs. Lorsque Vučić a convoqué des élections anticipées, le mouvement a constitué une liste unique avec des candidats extérieurs aux grands partis. Son objectif commun était de battre le SNS, en laissant de côté les questions susceptibles de diviser une coalition allant des pro-Européens aux électeurs plus eurosceptiques.

Avec 140 sièges, la Liste étudiante doit encore choisir un chef de gouvernement

La majorité absolue ne règle pas encore la question de l’exécutif. La Liste étudiante doit engager des discussions pour former un gouvernement, alors qu’elle ne dispose pas d’un dirigeant clairement désigné et que ses candidats n’ont aucune expérience gouvernementale.

Ilija Srdanović, cardiologue et tête de liste, a porté la campagne sans être assuré de devenir premier ministre. D’autres noms circulent, dont celui de l’ancien gouverneur de la banque centrale Soskic, présenté comme un prétendant possible. Le mouvement défend un fonctionnement collectif destiné à rompre avec le culte de la personnalité associé au système précédent. Cette organisation a permis de réunir des profils et des sensibilités diverses autour de la réforme démocratique ; elle devra maintenant produire une équipe capable de gouverner.

Les représentants de la Liste étudiante ont placé au premier rang la restauration de l’État de droit, la libération des institutions de l’influence partisane et l’établissement des responsabilités dans le drame de Novi Sad. Radomir Saicic a déclaré que le travail devait commencer pour construire une Serbie où la loi s’appliquerait de la même manière à chacun.

La même absence de chef qui a protégé la coalition des divisions électorales devient désormais une difficulté institutionnelle : gagner avec un programme commun contre Vučić ne suffit pas à désigner une équipe ni à arbitrer entre des sensibilités politiques différentes.

Le Yak

La Liste étudiante maintient le refus de sanctions contre Moscou

La politique étrangère a été volontairement tenue à distance de la campagne. Pour préserver l’unité de sa coalition, la Liste étudiante a surtout parlé de corruption, d’institutions et de liberté de la presse. Les analyses publiées après le scrutin estiment que ces réformes pourraient rapprocher la Serbie de l’Union européenne, sans signifier automatiquement une rupture avec la Russie.

Le mouvement a auparavant indiqué qu’il maintiendrait le refus serbe d’imposer des sanctions à Moscou. La Serbie reste par ailleurs dépendante du gaz russe tout en bénéficiant de prêts européens, ce qui laisse ouverte la question de l’équilibre extérieur du futur gouvernement. Le Kremlin a déclaré espérer que les nouvelles autorités comprendraient que la coopération avec la Russie servirait les intérêts de la Serbie.

À l’inverse, Ursula von der Leyen a affirmé que l’Union européenne était prête à faire avancer l’avenir de la Serbie au sein du bloc. La France et l’Allemagne ont également réaffirmé leur soutien au parcours européen du pays. Ces réactions saluent l’alternance, mais les réformes annoncées devront encore être mises en œuvre.

Après les célébrations, les premières tensions autour des médias et du scrutin

La victoire a déclenché des rassemblements massifs dans le centre de Belgrade et dans d’autres villes. Des participants ont décrit une impression de liberté retrouvée, tandis que des concerts de klaxons, des fumigènes et des feux d’artifice accompagnaient les célébrations. Ilija Srdanović a toutefois appelé les militants au calme tant que les résultats n’étaient pas officiellement proclamés.

La nuit électorale a aussi donné lieu à une brève tension autour d’un média proche du pouvoir sortant : plusieurs dizaines de personnes ont pénétré dans ses locaux et interrompu sa diffusion, avant des échauffourées avec la police anti-émeute. Srdanović a demandé de ne recourir à aucune forme de violence.

La question de l’environnement électoral reste par ailleurs posée. Une délégation d’observation du Parlement européen a salué la forte participation et la mobilisation pacifique, tout en signalant des pressions sur les électeurs et l’utilisation abusive de ressources publiques. La Liste étudiante devra donc aussi traiter les pratiques de la période précédente.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, la séquence est d’abord racontée comme une chute personnelle : Vučić, ses quatorze années de pouvoir et les scènes de liesse à Belgrade occupent le premier plan. Le fonctionnement de la Liste étudiante, la formation du gouvernement et les conditions du scrutin apparaissent davantage dans les développements consacrés à l’après-victoire.

Deux cadrages coexistent. Une partie des publications présente le résultat comme une ouverture européenne et un recul pour Moscou ; d’autres rappellent que la campagne étudiante portait d’abord sur les affaires intérieures et que le futur équilibre diplomatique reste indéterminé.

Les formules de liberté retrouvée et les images de foule donnent une forte visibilité à la dimension émotionnelle du résultat. Les réserves sur les pressions exercées sur les électeurs, l’usage des ressources publiques et la capacité à gouverner sont plus techniques et apparaissent surtout dans les analyses de l’après-scrutin.

Article généré par le Yak

LES SOURCES63 médias · 127 sources

Le Monde 2 articles

Le Figaro 1 article

Libération 3 articles

Le Parisien 1 article

Le Nouvel Obs 1 article

Le Point 1 article

L’Express 2 articles

L’Humanité 2 articles

La Croix 2 articles

HuffPost France 1 article

20 Minutes 1 article

Franceinfo 3 articles

BFMTV 1 article

BFM 2 articles

France 24 3 articles

Euronews FR 4 articles

TV5MONDE 4 articles

Midi Libre 1 article

La Montagne 1 article

Courrier International 2 articles

RFI 1 article

Mediapart 1 article

La Libre 2 articles

RTS 1 article

Radio-Canada 1 article

BBC News 2 articles

The Guardian 2 articles

Financial Times 2 articles

The New York Times 2 articles

The Globe and Mail 3 articles

Al Jazeera English 5 articles

Folha de S.Paulo 1 article

La Nación Argentina 1 article

El País 2 articles

La Vanguardia 3 articles

Público 1 article

Die Zeit 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 5 articles

La Repubblica 1 article

De Standaard 1 article

De Tijd 1 article

NRC 1 article

de Volkskrant 4 articles

The Irish Times 3 articles

Neue Zürcher Zeitung 3 articles

Der Standard 1 article

Dagens Nyheter 3 articles

Aftenposten 1 article

Helsingin Sanomat 1 article

Gazeta Wyborcza 3 articles

Hospodářské noviny 3 articles

Telex 5 articles

Adevărul 7 articles

Kathimerini 2 articles

The Kyiv Independent 1 article

European Western Balkans 5 articles

EUobserver 1 article

The National 1 article

The Times of Israel 1 article

The Korea Herald 1 article

Dawn 1 article

Reporterre 1 article

La Relève et la Peste 1 article

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