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CHINE ET FOOTBALL

En Chine, les excuses de Mbappé ne suffisent pas à faire revenir la Liga à l’antenne

Après une séquence humoristique de The Bridge Show où il qualifiait Mao Zedong de « dictateur chinois », Kylian Mbappé a présenté ses excuses en trois langues. La Liga et le Real Madrid ont fait de même, mais la télévision d’État maintient la suspension des matches et plusieurs entreprises ont rompu leurs liens avec le joueur.

82 sources · 43 médias · 4 min

Kylian Mbappé a déclenché une polémique en Chine après avoir évoqué, dans The Bridge Show, un mème le représentant avec les traits de Mao Zedong. Le capitaine de l’équipe de France a expliqué que l’image qui l’avait « le plus fait rigoler » l’associait à un homme qu’il croyait être « un dictateur chinois ». L’extrait vidéo a ensuite été retiré.

Le joueur a présenté ses excuses en français, en anglais et en mandarin, en invoquant son « profond respect pour le peuple chinois et son histoire ». La Liga et le Real Madrid ont également exprimé leurs regrets. Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré prendre ces excuses « au sérieux », sans que cela entraîne la reprise immédiate de la diffusion du championnat espagnol à la télévision d’État.

La polémique a aussi produit des effets commerciaux : plusieurs entreprises ont rompu leur coopération avec Mbappé et son image a été retirée de contenus et de produits en Chine. Une plaisanterie diffusée sur internet s’est ainsi transformée en crise pour le joueur, son club et le football espagnol sur ce marché.

Le mème de Mao diffusé par The Bridge Show déclenche la polémique

La séquence à l’origine de l’affaire a été tournée en avril par The Bridge Show. Un montage des coulisses faisant apparaître Mao Zedong a été publié le 26 octobre, avant d’être retiré. Mbappé répondait à une question sur les mèmes qui le représentent et expliquait que celui qui l’avait le plus amusé le rapprochait d’un homme qu’il croyait être « un dictateur chinois ».

L’émission a elle aussi présenté ses excuses sur ses réseaux sociaux. Le créateur français du montage, Younes Khelifi, alias « frenchaicovers » sur X, a raconté avoir été propulsé au centre de la polémique après la diffusion du mème. La séquence a rapidement dépassé le cadre d’une plaisanterie sur internet.

Pékin prend les excuses de Mbappé « au sérieux », mais la Liga reste suspendue

Le ministère chinois des Affaires étrangères a adopté un ton d’apaisement tout en laissant subsister une mesure concrète. Son porte-parole, Guo Jiakun, a déclaré que la Chine prenait « au sérieux les excuses présentées par la personne concernée ».

Avant cette réaction, Mbappé avait publié un message d’excuses en trois langues. La Liga avait fait de même, puis le Real Madrid avait publié son propre communiqué. Le club regrettait le « désagrément » causé par les propos du joueur et rappelait son respect pour la Chine et ses millions de supporters chinois.

Ces messages n’ont pas entraîné la reprise immédiate des matches espagnols à la télévision d’État. La diffusion de la Liga est restée suspendue, tandis que les critiques se poursuivaient sur les plateformes chinoises.

La formule chinoise sur des excuses prises « au sérieux » marque une désescalade verbale, mais elle ne vaut pas levée des mesures. Dans la même séquence, Pékin accueille le message de Mbappé tandis que la télévision d’État maintient la suspension de la Liga : l’apaisement diplomatique reste distinct du retour à la normale commercial et sportif.

Le Yak

En Chine, les critiques contre Mbappé visent ses maillots et ses affiches

Les excuses du footballeur n’ont pas fait disparaître les critiques. Les déclarations initiales n’étaient pas publiées, ou avaient été supprimées, sur les réseaux sociaux chinois. Les médias d’État évoquaient des propos « inappropriés concernant la Chine » sans reprendre la référence à Mao Zedong.

Sur Weibo, un internaute écrivait que les mots de Mbappé étaient « blessants envers la Chine et le peuple chinois ». Les comptes du joueur sur Weibo et Xiaohongshu ne permettaient plus de s’abonner, alors qu’ils réunissaient plus de deux millions d’abonnés. Des vidéos montraient aussi des personnes brûlant un maillot de l’équipe de France floqué à son nom ou dégradant une affiche publicitaire à son effigie.

Le retrait était également visible dans les magasins. Des journalistes de l’AFP ont observé des maillots du Real Madrid dans une grande boutique Adidas de Pékin, mais aucun ne portait le nom de Mbappé. Des produits dérivés non officiels restaient en revanche disponibles sur Taobao.

Trois entreprises chinoises rompent avec Mbappé et les marques retirent son image

La polémique a produit des effets commerciaux avant la fin du débat diplomatique. Trois grandes entreprises chinoises ont annoncé la rupture de leur coopération avec Mbappé. D’autres marques ont retiré des contenus liés au joueur de leurs comptes Weibo, notamment Dior et Hublot, d’après des vérifications menées sur leurs pages chinoises.

La crise concerne aussi l’écosystème du joueur. La suspension de la Liga par la télévision d’État prive le championnat espagnol d’une exposition importante sur ce marché. Un article consacré à l’équipementier On fait par ailleurs état d’une chute de son cours en Bourse après les propos de Mbappé.

Le Real Madrid a dû présenter des excuses en rappelant ses liens avec la Chine. Plusieurs publications ont décrit l’affaire comme un rappel de la dépendance économique du sport occidental à ce marché.

Médianalyse du Yak

La couverture se concentre fortement sur Mbappé : la phrase sur Mao, le mème, les excuses et les images de maillots brûlés occupent l’essentiel de l’attention. Les conséquences institutionnelles et commerciales — suspension de la Liga, retrait de contenus de marques et rupture de contrats — apparaissent surtout dans les développements consacrés à l’économie du sport.

Deux cadrages coexistent. Une partie des publications traite l’affaire comme une incompréhension autour d’une vidéo humoristique ; d’autres la présentent comme un exemple de la pression exercée par le marché chinois sur les clubs, les ligues et les sportifs étrangers. Le vocabulaire varie aussi selon les espaces : les médias chinois évitent généralement de reprendre le nom de Mao et parlent de propos « inappropriés », tandis que les publications européennes reprennent plus directement le terme « dictateur ».

Article généré par le Yak

LES SOURCES43 médias · 82 sources

Le Figaro 2 articles

Libération 1 article

Le Parisien 7 articles

Le Point 1 article

20 Minutes 4 articles

Actu.fr 1 article

Franceinfo 4 articles

BFMTV 4 articles

France 24 3 articles

RMC 4 articles

TV5MONDE 3 articles

Ouest-France 1 article

Le Progrès 2 articles

Le Dauphiné Libéré 2 articles

L’Est Républicain 2 articles

Midi Libre 1 article

La Montagne 1 article

France Bleu 1 article

Le Républicain Lorrain 2 articles

Vosges Matin 2 articles

L’Alsace 2 articles

JSL 2 articles

Le Bien Public 2 articles

Le Temps 1 article

La Libre 1 article

La Dernière Heure 1 article

Al Jazeera English 4 articles

South China Morning Post 1 article

Channel NewsAsia 1 article

Folha de S.Paulo 1 article

La Nación Argentina 2 articles

El País 1 article

La Vanguardia 4 articles

Público 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 2 articles

The Irish Times 1 article

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Dagens Nyheter 1 article

Helsingin Sanomat 1 article

Telex 1 article

Adevărul 1 article

Vanguardia 1 article

The National 1 article

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