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PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE DE 2027

Gabriel Attal veut une primaire pour désigner un candidat commun face au RN et à LFI

À six mois du premier tour, le bloc central et la droite cherchent une issue à leur division. Édouard Philippe et Bruno Retailleau refusent la procédure proposée par Gabriel Attal, tandis que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon restent les mieux placés dans les sondages cités.

98 sources · 34 médias · 6 min

Gabriel Attal a proposé une « grande primaire des démocrates » pour désigner un candidat commun aux forces qui refusent un second tour entre La France insoumise et le Rassemblement national. Il veut réunir la droite républicaine, le centre et la gauche sociale-démocrate autour de valeurs communes — République, autorité, laïcité, Europe, compétitivité, progrès social et écologique — et organiser le vote d’ici à la fin janvier, avec une participation symbolique d’un ou deux euros.

L’initiative intervient alors que le centre et la droite se concurrencent sans faire émerger de candidature commune. Édouard Philippe reste opposé à la procédure, tandis que Bruno Retailleau la juge « fantaisiste et ridicule ». David Lisnard, qui défend une primaire ouverte depuis deux ans, la considère au contraire comme une idée désormais en progression. Dans les sondages cités, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon profitent de la colère sociale, alors que Gabriel Attal et Édouard Philippe reculent et que Raphaël Glucksmann et David Lisnard progressent.

La séquence se déroule aussi sur fond de tensions autour du calendrier électoral. Le gouvernement maintient pour l’instant les dates annoncées en conseil des ministres, avec un premier tour le 18 avril et un second le 2 mai 2027. Bruno Retailleau et le RN demandent le déplacement de ce second tour, prévu au lendemain du 1er-Mai, mais le décret doit encore fixer juridiquement le calendrier.

Attal élargit sa primaire, Philippe et Retailleau refusent son périmètre

La primaire proposée par Gabriel Attal se heurte à deux obstacles : son périmètre et la participation d’Édouard Philippe. Le candidat Renaissance affirme que ceux qui resteront à l’écart porteront une part de responsabilité dans la division. Horizons lui répond que cette proposition ne permet pas d’éviter le duel qu’elle prétend empêcher. Bruno Retailleau la juge « morte-née » parce qu’elle n’exclut pas clairement Raphaël Glucksmann.

Attal envisage une primaire allant de la droite républicaine à la gauche sociale-démocrate, à condition que les candidats refusent toute alliance avec l’extrême droite ou l’extrême gauche. Retailleau refuse cette extension et considère qu’une primaire allant de Glucksmann à lui-même reconduirait le « en même temps ». Les modalités restent à arrêter, même si un vote avant la fin janvier, une charte de valeurs et une faible participation financière ont été évoqués.

La primaire est présentée comme un outil de rassemblement, mais elle répond aussi à la fragilisation de Gabriel Attal : lui-même et Édouard Philippe reculent dans les sondages. Le désaccord porte donc autant sur le périmètre du futur bloc que sur la personne appelée à le diriger.

Le Yak

David Lisnard cherche des élus LR pour concurrencer Retailleau

David Lisnard cherche à transformer sa progression dans les sondages en implantation politique. Le maire de Cannes a invité les députés de la Droite républicaine à échanger autour de son projet, sans la présence annoncée de Laurent Wauquiez. Il a aussi appelé Éric Ciotti à se séparer du RN et à rejoindre sa candidature, jugeant Marine Le Pen peu crédible sur les questions économiques et financières.

Cette offensive ouvre un nouveau front à droite. Bruno Retailleau affirme que chacun doit mener sa campagne jusqu’en janvier avant d’envisager une alliance avec Lisnard. Les deux hommes défendent des lignes concurrentes. Lisnard revendique un programme libéral comprenant une baisse des dépenses publiques, une hausse du salaire net et un durcissement de la justice des mineurs. Sa visibilité repose largement sur les réseaux sociaux : certaines présentations évoquent un véritable engouement, d’autres une possible « bulle algorithmique ». Sa double fonction de candidat et de président de l’Association des maires de France est également contestée par Marc Fesneau, qui dénonce un « mélange des genres ».

Marine Le Pen prépare sa campagne malgré l’incertitude sur son éligibilité

Marine Le Pen poursuit la structuration de sa campagne avec la nomination du député Charles Alloncle comme porte-parole. Éric Ciotti, dont le mouvement est allié au RN, voit ainsi l’un de ses députés rejoindre directement l’équipe de la candidate.

Son éligibilité fait parallèlement l’objet d’une nouvelle controverse. Didier Guérin, président de chambre honoraire à la Cour de cassation, estime que Marine Le Pen demeure inéligible en raison de son pourvoi en cassation après sa condamnation dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Ses avocats dénoncent une prise de position politique et ont saisi le Conseil supérieur de la magistrature. La candidate reste dans l’attente de la décision de la Cour de cassation. Cette incertitude juridique intervient alors que les sondages la placent en position de force et que le RN organise déjà sa campagne.

Mélenchon veut doubler l’investissement public de Bpifrance

Jean-Luc Mélenchon a annoncé qu’il remplacerait le directeur général de Bpifrance s’il était élu. Pour le candidat insoumis, la banque publique n’est pas suffisamment pilotée et sa direction est incompatible avec sa conception de l’action de l’État.

La France insoumise propose de faire passer l’investissement public de son pôle financier de 100 à 200 milliards d’euros par an, sans prévoir à ce stade une nationalisation générale des banques. Le mouvement veut réorienter l’épargne nationale vers la réindustrialisation, la transition écologique et le logement social. Il propose notamment de relever le plafond du livret A de 23 000 à 30 000 euros et de créer un « livret B », bloqué de trois à dix ans et mieux rémunéré, pour financer la production et la reconversion industrielle.

Cette orientation accompagne une stratégie de présence auprès de publics ciblés. À la Paris Games Week, des élus insoumis ont défendu le secteur du jeu vidéo, notamment à travers une proposition visant à garantir l’accès aux jeux achetés lorsqu’ils sont retirés du marché. LFI investit aussi Twitch et a mis en ligne plusieurs jeux liés à la campagne.

Retailleau et le RN veulent déplacer le second tour du 2 mai 2027

Bruno Retailleau et le Rassemblement national demandent de modifier la date du second tour, fixé au 2 mai 2027, au lendemain des manifestations traditionnelles du 1er-Mai. Ils redoutent que d’éventuels débordements liés aux défilés perturbent le scrutin, après les violences du 17 octobre.

Le gouvernement refuse cette demande et affirme qu’il n’y a « pas de raison de changer » les dates retenues. Le premier tour doit se tenir le 18 avril et le second le 2 mai, mais ces dates doivent encore être fixées par décret. Le débat s’ajoute à une séquence tendue, marquée par la mobilisation lycéenne, des échanges virulents au Parlement et des affrontements politiques autour du traitement médiatique de l’attentat de Trappes.

Après plusieurs incidents, Glucksmann réduit ses déplacements de campagne

Raphaël Glucksmann peine à mener sa campagne sur le terrain depuis sa victoire à la primaire sociale-démocrate. Il a été enfariné, insulté ou pris à partie lors de plusieurs déplacements et rassemblements. Son entourage affirme que ces incidents sont organisés par des militants de La France insoumise, ce que le mouvement conteste.

Le candidat de la gauche sociale-démocrate, écologiste et pro-européenne, qui se présente en rupture avec Jean-Luc Mélenchon, doit désormais garder certains déplacements secrets et les préparer avec davantage de précautions. Il bénéficie du service d’ordre du Parti socialiste et d’une protection policière permanente. Ses proches présentent ces violences comme un obstacle au débat démocratique ; LFI répond que Glucksmann entretient lui-même la confrontation avec les Insoumis.

Médianalyse du Yak

La couverture de la précampagne privilégie les rapports de force entre personnes et les formules de confrontation : primaire « morte-née », duel RN-LFI, offensive de Lisnard, inéligibilité de Marine Le Pen ou incidents visant Glucksmann. Les propositions programmatiques existent pourtant, de la planification de l’innovation défendue par Attal au pôle bancaire public de Mélenchon, mais elles occupent une place plus spécialisée et moins visible.

Deux cadrages coexistent. Une partie des publications insiste sur la polarisation, les violences et la colère sociale qui profiteraient à Marine Le Pen et à Jean-Luc Mélenchon ; d’autres suivent la recomposition interne des blocs à travers les sondages, les primaires et les alliances. La proposition d’Attal et la candidature de Lisnard bénéficient ainsi d’une visibilité supérieure aux modalités concrètes de leur éventuel rassemblement.

Article généré par le Yak

LES SOURCES34 médias · 98 sources

Le Monde 3 articles

Le Figaro 3 articles

Libération 2 articles

Le Parisien 10 articles

Le Nouvel Obs 1 article

L’Express 2 articles

L’Humanité 1 article

Valeurs Actuelles 1 article

HuffPost France 1 article

20 Minutes 2 articles

Actu.fr 2 articles

Franceinfo 5 articles

BFMTV 11 articles

RMC 6 articles

TV5MONDE 7 articles

Public Sénat 2 articles

Ouest-France 1 article

La Dépêche du Midi 5 articles

Le Progrès 3 articles

Le Dauphiné Libéré 3 articles

L’Est Républicain 3 articles

L’Indépendant 1 article

Midi Libre 4 articles

La Montagne 2 articles

DNA 1 article

Le Républicain Lorrain 2 articles

Vosges Matin 2 articles

L’Alsace 2 articles

JSL 1 article

Le Bien Public 3 articles

Courrier International 1 article

Mediapart 1 article

Causeur 2 articles

Le JDD 2 articles

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