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ÉLECTIONS AMÉRICAINES

À cinq jours des midterms, les démocrates favoris pour reprendre la Chambre

Les républicains contrôlent encore la Maison Blanche et les deux chambres du Congrès, mais une enquête nationale les donne onze points derrière les démocrates pour la Chambre des représentants. Donald Trump multiplie les meetings pour soutenir son camp, tandis que Barack Obama remobilise les démocrates dans les Etats disputés.

193 sources · 72 médias · 8 min

Les Américains voteront le 3 novembre pour renouveler les 435 sièges de la Chambre des représentants et 35 des 100 sièges du Sénat. Les républicains détiennent actuellement la majorité dans les deux chambres, mais les démocrates sont en position de reprendre la Chambre. Une enquête du New York Times et de l’institut Siena leur accordait onze points d’avance dans les intentions de vote nationales. La bataille pour le Sénat restait, elle, beaucoup plus serrée.

Donald Trump s’est fortement impliqué dans la campagne. Sa cote d’approbation est donnée à 36 % dans plusieurs estimations citées, et il a multiplié les déplacements dans l’Ohio, la Géorgie, le Michigan, le Mississippi, le Texas et la Caroline du Sud pour soutenir des candidats républicains. Barack Obama a repris la parole dans la dernière ligne droite, notamment en Géorgie, dans l’Ohio et le Michigan. Le scrutin se joue sur la vie chère, les prix du carburant, l’immigration et la politique étrangère, mais aussi sur la capacité de chaque camp à mobiliser ses électeurs.

La campagne est enfin marquée par des contestations visant les candidatures et le traitement de certains bulletins. En Alaska, l’affaire d’un candidat homonyme du sénateur républicain Dan Sullivan alimente les accusations de manipulation. En Californie, un juge fédéral a refusé de suspendre le traitement de 20 000 bulletins que le gouvernement accusait de provenir de non-citoyens. À quelques jours du vote, la compétition électorale se double donc d’une bataille sur les procédures et la régularité du scrutin.

En Alaska, le candidat homonyme de Dan Sullivan alimente une bataille judiciaire

La course au Sénat en Alaska a basculé dans une controverse sur l’identité des candidats. Dan S. Sullivan, sénateur républicain sortant, affronte notamment Dan J. Sullivan, un enseignant à la retraite dont le nom est identique à celui de son adversaire.

Une enquête du New York Times affirme que l’équipe de la candidate démocrate Mary Peltola a recherché des personnes portant ce nom et a contribué à la candidature de l’enseignant. Le comité démocrate chargé des campagnes sénatoriales aurait également été impliqué. L’équipe de Mary Peltola et le comité ont démenti toute implication. Une ancienne employée de campagne affirme pour sa part que la candidate était informée de la démarche sans y avoir participé directement.

La Cour suprême de l’Alaska avait autorisé Dan J. Sullivan à rester candidat. Après les révélations, Donald Trump a demandé la disqualification de Mary Peltola et des deux candidats nommés Sullivan, allant jusqu’à réclamer des poursuites pénales. Le gouverneur républicain Mike Dunleavy a ordonné une enquête pour déterminer si la manœuvre pouvait justifier des poursuites ou des sanctions civiles. Le ministère de la Justice a aussi engagé un recours préventif visant la certification d’un résultat qui pourrait être affecté par la confusion entre les deux candidats. Des experts du droit électoral cités dans la couverture ont toutefois estimé que cette procédure avait peu de chances d’aboutir.

En Californie, un juge refuse d’écarter 20 000 bulletins soupçonnés d’être irréguliers

Un juge fédéral a rejeté la demande de l’administration Trump visant à isoler et à ne pas compter les bulletins de 20 000 électeurs californiens que le gouvernement soupçonnait de ne pas être citoyens américains.

La procédure s’inscrivait dans une offensive plus large contre les listes électorales de l’Etat. Le gouvernement avait d’abord affirmé que 190 000 électeurs « illégaux » y figuraient avant de ramener ce chiffre à 20 000. Il avait transmis aux autorités électorales une liste de noms et demandé en urgence que les bulletins concernés soient séparés du décompte.

Le juge David Carter a refusé cette suspension, estimant que des électeurs inscrits ne pouvaient être privés de leur droit de vote sur la base d’allégations incertaines et d’une procédure sujette aux erreurs. Le ministère de la Justice a immédiatement fait appel. La décision ne met donc pas fin à la bataille judiciaire, mais elle empêche, à ce stade, l’administration fédérale d’imposer le traitement séparé de ces bulletins.

En Alaska comme en Californie, la contestation porte moins sur un résultat déjà proclamé que sur les conditions dans lesquelles des bulletins pourraient être comptés ou des candidatures maintenues. Une accusation de manipulation peut ainsi produire un effet politique avant même qu’une juridiction ait établi une infraction.

Le Yak

Obama mobilise les démocrates, Trump resserre les rangs républicains

Barack Obama a multiplié les rassemblements dans la dernière semaine de campagne pour soutenir les candidats démocrates, notamment le sénateur Jon Ossoff en Géorgie et Abdul El-Sayed dans le Michigan. En Géorgie, il a appelé les électeurs à réagir à « des temps troublés » et dénoncé des responsables davantage préoccupés par la mise en scène et le dénigrement que par l’action publique.

L’ancien président s’est également attaqué à Donald Trump avec un ton plus frontal qu’au début du mandat. Il a raillé la réponse de la Maison Blanche à une plaisanterie sur sa décoration, en affirmant que l’administration avait mobilisé « l’ensemble de l’appareil d’État » pour répondre à une blague plutôt qu’à l’inflation. Cette formule a circulé dans une campagne où le pouvoir d’achat reste l’un des principaux sujets de mécontentement.

Donald Trump a continué à organiser des meetings pour stimuler sa base. Dans l’Ohio, il a défendu son bilan et attaqué les candidats démocrates sur l’immigration et la guerre. Ses interventions ont parfois été perturbées par des manifestants. Les démocrates misent sur la capacité d’Obama à faire venir les électeurs aux urnes ; des observateurs cités dans la couverture soulignent toutefois que sa popularité pourrait davantage se faire sentir dans les grandes villes que dans les circonscriptions les plus disputées.

La croissance progresse, mais la hausse des prix continue de peser sur Trump

Les derniers chiffres économiques offrent au président un bilan difficile à présenter comme une victoire nette. Le produit intérieur brut a progressé de 3,4 % en rythme annualisé au troisième trimestre, après 2,2 % au deuxième. Mais l’indice d’inflation PCE, suivi par la Réserve fédérale, a augmenté de 3,6 % sur un an en septembre, loin de l’objectif de 2 %.

Donald Trump avait promis une amélioration rapide du pouvoir d’achat. Or les prix du carburant et du diesel restent élevés, et l’accord annoncé avec Vladimir Poutine pour importer du diesel russe n’a pas entraîné la baisse promise. La hausse des coûts touche particulièrement les ménages modestes, certains recourant à leur épargne ou au crédit malgré un chômage décrit comme faible.

Cette contradiction alimente la campagne démocrate. Dans l’Arizona, où Donald Trump avait obtenu la majorité en 2024, des électeurs d’origine hispanique disent se détourner du président en raison de la vie chère et des excès de sa politique anti-immigration. Le même mécontentement apparaît dans des Etats agricoles : des producteurs de soja de l’Ohio subissent les effets de la guerre commerciale avec la Chine. La croissance donne donc un argument au pouvoir, mais elle ne suffit pas à effacer la hausse ressentie des dépenses quotidiennes.

Au Texas et dans le Michigan, le coût de la vie ne suffit pas à effacer les enjeux locaux

Le vote latino est présenté comme l’un des réservoirs décisifs de voix, mais il ne constitue pas un bloc homogène. Les Latinos représentent entre 36 et 39 millions d’électeurs éligibles, soit environ 15 % de l’électorat. Après le soutien apporté par 48 % d’entre eux à Donald Trump en 2024, plusieurs sondages donnent désormais un avantage démocrate, sans garantir une participation élevée ni un vote uniforme.

Au Texas, dans le Colorado et en Arizona, les candidats se disputent des électeurs sensibles à la fois au coût de la vie, à la santé, à l’eau, à la sécurité et à l’immigration. Dans le sud du Texas, le démocrate Bobby Pulido, vedette de la musique tex-mex, tente de reconquérir un siège républicain en défendant les intérêts économiques de la classe ouvrière. Au Sénat, James Talarico mise sur la vie chère et la corruption pour rendre compétitive une course dans un Etat conservateur.

Les sujets locaux compliquent aussi les calculs nationaux. Au Texas, les projets de centres de données destinés à soutenir l’intelligence artificielle suscitent des oppositions chez des démocrates comme chez des républicains, en raison de leur consommation d’eau, d’électricité et de terres. Dans le Michigan, Abdul El-Sayed défend notamment une assurance maladie universelle et pourrait devenir le premier sénateur musulman du pays, tandis que ses adversaires républicains mettent sa religion au centre de leurs attaques. Dans ces circonscriptions, l’orientation partisane compte, mais les préoccupations locales peuvent déplacer le vote.

Au Texas et en Californie, les nouvelles cartes électorales redessinent la bataille pour la Chambre

La composition de la prochaine Chambre ne dépend pas seulement du vote national. Dans plusieurs Etats, les cartes des circonscriptions ont été modifiées pour favoriser un parti, une pratique connue sous le nom de gerrymandering.

Au Texas, un redécoupage soutenu par Donald Trump devait permettre aux républicains de consolider leur avance à la Chambre des représentants. Mais les nouvelles cartes ont séparé certains habitants de zones rurales en les rattachant à des territoires éloignés. Cette stratégie peut donc produire l’effet inverse de celui recherché si elle alimente le mécontentement local.

La Californie offre un autre exemple de l’impact de ces cartes. Une nouvelle configuration a morcelé une ancienne circonscription républicaine du nord-est de l’Etat, laissant ses électeurs face à la perspective d’être représentés par un démocrate. La modification des districts ne change pas le nombre de bulletins déposés, mais elle détermine quels électeurs sont regroupés et quels candidats peuvent transformer un vote en siège.

Médianalyse du Yak

La couverture est fortement personnalisée autour de Donald Trump et Barack Obama, alors qu’aucun des deux ne figure sur les bulletins. Leurs meetings, leurs échanges et leurs formules donnent un visage national à un scrutin composé de centaines de courses locales.

L’affaire des deux Dan Sullivan et la bataille des 20 000 bulletins californiens bénéficient d’une visibilité particulière parce qu’elles offrent une scène immédiatement lisible autour de la fraude et de l’intégrité du vote. Les questions plus structurelles — redécoupage des circonscriptions, coût de la vie, centres de données ou fragmentation du vote latino — restent davantage traitées comme des développements de fond.

Deux cadrages coexistent : une lecture nationale centrée sur le référendum contre Donald Trump et une lecture locale qui insiste sur les prix, la santé, l’immigration, l’énergie ou l’eau. La première domine les titres les plus visibles ; la seconde explique pourquoi plusieurs bastions républicains deviennent disputés sans que l’existence d’une « vague bleue » soit assurée.

Article généré par le Yak

LES SOURCES72 médias · 193 sources

Le Monde 9 articles

Le Figaro 6 articles

Libération 3 articles

Le Parisien 2 articles

Le Nouvel Obs 2 articles

L’Express 1 article

La Croix 2 articles

HuffPost France 2 articles

Franceinfo 4 articles

BFMTV 1 article

BFM 7 articles

France 24 7 articles

TV5MONDE 4 articles

La Dépêche du Midi 2 articles

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

L’Est Républicain 1 article

L’Indépendant 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

L’Alsace 1 article

JSL 1 article

Le Bien Public 1 article

La Nouvelle République 1 article

Courrier International 2 articles

RFI 1 article

Mediapart 1 article

Le Temps 2 articles

La Libre 5 articles

La Dernière Heure 2 articles

RTS 1 article

Radio-Canada 1 article

LaPresse 3 articles

Le Devoir 1 article

BBC News 2 articles

The Guardian 7 articles

Financial Times 7 articles

NPR 9 articles

CBC News 1 article

The Globe and Mail 3 articles

Al Jazeera English 12 articles

South China Morning Post 2 articles

Channel NewsAsia 2 articles

The Hindu 3 articles

Folha de S.Paulo 3 articles

La Nación Argentina 13 articles

Daily Maverick 1 article

El País 2 articles

Público 1 article

Die Zeit 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 4 articles

La Repubblica 1 article

De Standaard 4 articles

De Tijd 3 articles

de Volkskrant 3 articles

The Irish Times 1 article

Der Standard 3 articles

Politiken 3 articles

Dagens Nyheter 2 articles

Aftenposten 2 articles

Helsingin Sanomat 1 article

Gazeta Wyborcza 3 articles

Hospodářské noviny 1 article

Telex 1 article

Vanguardia 2 articles

The National 1 article

The Times of Israel 2 articles

The Korea Herald 1 article

Dawn 1 article

The Conversation France 1 article

Basta! 2 articles

Le Canard Enchaîné 1 article

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