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YVELINES

À Trappes, Kévin T. mis en examen après avoir reconnu avoir ciblé des musulmans et des Africains

L’attaque du 23 octobre à Trappes et La Verrière a fait un mort et sept blessés. Placé en détention provisoire, le suspect de 39 ans admet avoir choisi ses victimes selon leur apparence, mais conteste toute intention terroriste.

169 sources · 52 médias · 6 min

Le 23 octobre, Kévin T., 39 ans, a tiré depuis une voiture à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines. Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans originaire de République démocratique du Congo, a été tué. Sept autres personnes ont été blessées, dont une enfant grièvement atteinte. Quelques jours après l’attaque, son pronostic vital n’était plus engagé, tandis que plusieurs victimes restaient hospitalisées.

Le parquet national antiterroriste a ouvert une information judiciaire pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante d’une motivation raciste. Lors de ses auditions, Kévin T. a reconnu avoir ciblé des personnes qu’il percevait comme musulmanes, africaines ou nord-africaines. Il a expliqué avoir choisi Trappes parce qu’il considérait la ville comme un « repaire d’islamistes ». Il conteste toute intention terroriste et a déclaré ne ressentir aucun regret.

Mis en examen le 29 octobre par un juge antiterroriste, il a été placé en détention provisoire. L’enquête porte sur la préparation de l’attaque, son idéologie, son arsenal et les éventuels signaux qui auraient précédé le passage à l’acte. Des rassemblements et des hommages ont été organisés après les tirs, tandis que l’attaque a alimenté une confrontation politique sur la banalisation du racisme et la responsabilité des discours publics.

Le logement de Kévin T. était piégé et son arsenal préparé depuis plusieurs semaines

L’attaque avait été préparée plusieurs semaines à l’avance, selon le procureur antiterroriste Olivier Christen. En septembre, Kévin T. avait acquis des éléments destinés à renforcer l’efficacité de son pistolet-mitrailleur Sten, ainsi qu’un brassard de police et des menottes. Il avait aussi remboursé des dettes familiales, supprimé ses comptes sur les réseaux sociaux, revendu son ordinateur et dissimulé son téléphone avant les faits.

Son appartement de Plaisir était équipé de bouteilles de gaz et de fils électriques reliés à un minuteur. Le dispositif pouvait détruire le logement et endommager les appartements voisins, a précisé le parquet. Dans la voiture utilisée lors de l’attaque et à son domicile, les enquêteurs ont retrouvé des armes ou éléments d’armes, des munitions, un couteau, une bombe lacrymogène et des objets destinés à renforcer son équipement.

La perquisition a également permis de découvrir un exemplaire de Mein Kampf, un Coran, une Bible et des autocollants fabriqués à sa demande. Trente portaient la mention « Vive la France, RN, fier d’être français », 99 « 100% français/vive la France » et 98 « Soutien aux forces de l’ordre ». Kévin T. a déclaré n’être adhérent ni sympathisant d’aucun parti, tout en expliquant avoir, à un moment de sa vie, « infiltré les gauchistes ».

Le dossier distingue deux éléments que le débat politique tend à rapprocher : les autocollants fabriqués par Kévin T. attestent un univers de références pro-RN, tandis que le suspect affirme n’avoir adhéré à aucun parti. L’enquête établit ainsi des indices idéologiques précis sans établir, à ce stade, une appartenance partisane.

Le Yak

Trois jours avant les tirs, Kévin T. avait été interpellé après une agression

Le 20 octobre, trois jours avant l’attaque, Kévin T. avait été interpellé après avoir frappé un homme noir dans une station-service de Levallois-Perret. Des images de cette agression ont été signalées dans le cadre de l’enquête. Le parquet de Nanterre a indiqué qu’il avait ensuite été entendu en audition libre pour violences volontaires.

L’origine et les motivations précises de cette première agression doivent encore être établies, mais sa proximité temporelle avec l’attaque est devenue un élément central du dossier. L’avocat de plusieurs victimes, Yassine Bouzrou, a évoqué « plusieurs ratés » et demandé que l’enquête examine comment un homme décrit comme dangereux a pu préparer les tirs sans être repéré et se procurer un tel arsenal.

Kévin T. était inconnu des services de renseignement. Il avait été condamné à quatre reprises, la dernière fois en 2012. Des analyses ont révélé la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang au moment des faits. Le procureur a par ailleurs indiqué que le diagnostic de schizophrénie avancé par le suspect n’était pas confirmé par son médecin, qui l’attribuait à une interprétation de l’intéressé.

À Trappes et La Verrière, les hommages se multiplient pour Pengo Bossio Wangi et les blessés

Les rassemblements organisés après l’attaque ont rendu hommage à Pengo Bossio Wangi et aux sept blessés, tout en dénonçant la haine raciste. Âgé de 26 ans, Pengo Bossio Wangi était présenté par ses proches et ses partenaires d’entraînement comme un jeune homme souriant, travailleur et engagé dans le MMA. Il s’entraînait presque chaque jour à Aubervilliers, après un trajet d’environ une heure vingt depuis les Yvelines.

Sa sœur Ambre a déclaré lors d’un rassemblement que son frère voulait simplement vivre sa vie. À Trappes, à La Verrière et dans d’autres villes, des participants ont demandé que justice soit rendue et dénoncé la banalisation des discours racistes. Le gouvernement a annoncé un hommage national qui devait être présidé par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Ramatou, une enfant grièvement blessée par huit impacts de balle, a vu son pronostic vital ne plus être engagé quelques jours après les tirs. Sa mère a déclaré que sa fille continuait à se battre et que le chemin serait long. Une marche citoyenne organisée à La Verrière a également donné lieu à une collecte de soutien pour la famille.

Les messages de soutien à l’assaillant prolongent la bataille politique après l’attaque

L’attaque a rapidement provoqué une confrontation politique sur le racisme et l’extrême droite. Emmanuel Macron a dénoncé une « désinhibition du racisme » à l’extrême droite et cité le Rassemblement national et ceux qui lui sont proches. Le RN a répondu que le président laissait lui-même prospérer des idéologies haineuses. À gauche, Manuel Bompard a accusé l’extrême droite de tenir des propos « particulièrement insupportables » envers Trappes et ses habitants.

Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a appelé à la concorde et dénoncé la banalisation des discours racistes. À La Verrière, le maire Nicolas Dainville a condamné l’instrumentalisation politique de l’attaque et appelé à la dignité. Ces réactions ont accompagné les hommages, tandis que des messages de soutien à l’assaillant circulaient en ligne.

Des internautes l’ont présenté comme un « héros » ou l’ont remercié. À Marseille, un homme a été condamné à seize mois de prison, dont huit avec sursis, pour apologie du terrorisme après avoir affirmé être inspiré par l’auteur de l’attaque. Ces messages ont donné lieu à une procédure distincte de celle visant Kévin T., pour glorification de l’attentat.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, les déclarations du procureur sur le ciblage des victimes, l’absence de regret et la préparation de l’attaque dominent nettement. Le traitement est aussi fortement personnalisé autour de Kévin T., de l’enfant blessée et de Pengo Bossio Wangi, ce qui rend immédiatement visibles le bilan humain et le profil de l’assaillant.

Un second cadrage se forme autour de la bataille politique : autocollants pro-RN, accusations croisées entre le gouvernement, le RN et LFI, puis messages de soutien diffusés en ligne. Les questions plus techniques — l’agression survenue trois jours avant les tirs, l’accès à l’arsenal et les éventuels ratés dans le repérage du suspect — sont présentes, mais restent moins centrales dans la séquence.

Article généré par le Yak

LES SOURCES52 médias · 169 sources

Le Monde 5 articles

Le Figaro 8 articles

Libération 8 articles

Le Parisien 8 articles

Le Nouvel Obs 1 article

L’Humanité 2 articles

Valeurs Actuelles 1 article

La Croix 2 articles

Atlantico 1 article

HuffPost France 3 articles

20 Minutes 4 articles

Franceinfo 11 articles

BFMTV 15 articles

France 24 6 articles

Euronews FR 1 article

RMC 5 articles

TV5MONDE 7 articles

Ouest-France 2 articles

La Dépêche du Midi 2 articles

Le Progrès 4 articles

Le Dauphiné Libéré 3 articles

Nice-Matin 5 articles

L’Indépendant 4 articles

Midi Libre 6 articles

La Montagne 3 articles

France Bleu 5 articles

DNA 4 articles

Le Républicain Lorrain 3 articles

Vosges Matin 3 articles

L’Alsace 4 articles

JSL 3 articles

Le Bien Public 2 articles

La Nouvelle République 3 articles

RFI 2 articles

Mediapart 1 article

Le Temps 1 article

La Libre 3 articles

La Dernière Heure 3 articles

RTS 1 article

Agence Anadolu 2 articles

BBC News 1 article

Financial Times 1 article

The New York Times 1 article

Al Jazeera English 1 article

El País 1 article

NRC 1 article

de Volkskrant 1 article

Der Standard 1 article

Marsactu 1 article

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Causeur 1 article

Le JDD 1 article

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