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CARBURANTS ET PROFITS PÉTROLIERS

Dix millions de barils pour faire baisser le prix du gazole

La France va mettre à disposition dix millions de barils issus de ses réserves stratégiques, avec un objectif de baisse de 12 à 18 centimes par litre à la pompe à partir du 1er novembre. Alors que TotalEnergies a annoncé 8,3 milliards de dollars de bénéfice net au troisième trimestre, le gouvernement lui demande de répercuter pleinement l’avantage sur les automobilistes.

92 sources · 36 médias · 4 min

Pour freiner la hausse du prix du gazole, plusieurs pays européens vont libérer 42,6 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques, dont environ la moitié de gazole. L’opération, décidée dans le cadre d’un engagement du G7, doit se dérouler au cours des prochains mois. En France, dix millions de barils seront mis à la disposition des distributeurs pendant trois mois, avec l’objectif d’une baisse de 12 à 18 centimes par litre à la pompe à partir du 1er novembre. Le dispositif concerne aussi le gazole non routier utilisé par les agriculteurs, les pêcheurs et le BTP, mais pas l’essence.

Un arrêté publié au Journal officiel impose aux stations-service d’afficher clairement la baisse liée au déstockage. Le gouvernement demande également à TotalEnergies de répercuter cet avantage et de maintenir son plafonnement des prix tant que la crise perdure. La demande intervient après l’annonce par le groupe d’un bénéfice net de 8,3 milliards de dollars au troisième trimestre, plus du double de celui enregistré un an plus tôt, dans un contexte de forte hausse des prix des hydrocarbures.

Les distributeurs pourront répercuter la baisse du gazole dès le 1er novembre

La France vend aux distributeurs des stocks de gazole achetés avant la guerre au Moyen-Orient à 0,28 euro par litre, contre environ 1,10 euro pour le prix du marché à la mi-octobre, selon Matignon. Les opérateurs peuvent commencer à répercuter cet avantage dans leurs tarifs avant même d’avoir acquis physiquement les volumes, afin de rendre la baisse visible dès le 1er ou le 2 novembre.

Le dispositif doit durer jusqu’à la fin janvier. Le gouvernement estime qu’il permettra une réduction de 12 à 18 centimes par litre, tandis que Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, avait évoqué une baisse de l’ordre de 8 à 12 centimes pour son groupe. L’arrêté impose aux distributeurs de faire apparaître le montant de la baisse sur place. Les contrôles doivent commencer le lundi suivant la mise en œuvre, avec une attention annoncée aux stations indépendantes et rurales.

L’écart entre l’objectif gouvernemental et l’estimation de TotalEnergies constitue le principal point de contrôle de la mesure : 12 à 18 centimes de baisse attendue par litre pour l’exécutif, contre 8 à 12 centimes évoqués par le groupe. L’affichage obligatoire doit permettre de vérifier cette différence à la pompe.

Le Yak

TotalEnergies annonce 8,3 milliards de dollars de bénéfice au troisième trimestre

TotalEnergies a plus que doublé son bénéfice net sur un an au troisième trimestre, à 8,3 milliards de dollars. Le groupe explique cette performance par l’envolée des cours des hydrocarbures et ses activités de raffinage, dans un contexte marqué par les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient.

Le chiffre a relancé le débat sur les « superprofits ». La ministre de l’Énergie Maud Bregeon demande à l’entreprise d’être « exemplaire », tout en refusant le « Total bashing » et en soulignant le plafonnement déjà appliqué par le groupe. À gauche, le Parti socialiste réclame un encadrement des marges du raffinage et une baisse de 20 à 30 centimes par litre. Marine Le Pen demande également une taxation des profits tirés des crises. La possibilité technique d’imposer les bénéfices exceptionnels des pétroliers reste discutée, tandis que le gouvernement refuse à ce stade de baisser les taxes sur les carburants.

La hausse du gazole réduit les volumes vendus et les tournées alimentaires

La hausse des prix réduit déjà les volumes vendus. Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, a évoqué un recul de 10 % de la consommation de carburant depuis le début de l’année dans les magasins U. Dans certaines stations du réseau, les volumes distribués ont diminué jusqu’à 40 %, les automobilistes différant ou réduisant leurs pleins dans l’attente de la baisse annoncée.

Le prix moyen du gazole atteignait environ 2,38 euros le litre le 29 octobre, selon un calcul fondé sur les remontées de plus de 8 800 stations. Le gazole est utilisé par le transport routier, l’agriculture, la construction et l’industrie. Dans les Hautes-Pyrénées, une association du Secours populaire prévoit une facture de diesel de 10 866 euros en 2026, contre 7 869 euros en 2025, et a réduit l’organisation de ses tournées alimentaires.

Les bénéfices de TotalEnergies ravivent le conflit sur sa trajectoire climatique

La publication des résultats a relancé une procédure engagée par Actionnaires pour le climat. L’association cherche à contraindre TotalEnergies, par voie judiciaire, à publier un plan de transition vers le zéro émission en 2050. Le groupe refuse, en faisant valoir que le contexte a changé depuis l’Accord de Paris.

Cette contestation ajoute une dimension climatique au débat sur les bénéfices réalisés pendant la crise énergétique. Les actionnaires activistes et les ONG contestent la place accordée aux activités fossiles, tandis que le groupe met en avant l’évolution du contexte international. La redistribution des profits exceptionnels et la trajectoire climatique de l’entreprise sont ainsi discutées dans la même séquence.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, le chiffre de 8,3 milliards de dollars et le face-à-face entre le gouvernement et TotalEnergies dominent nettement. La mesure technique de déstockage, pourtant déterminante pour le prix payé à la pompe, est souvent présentée comme le cadre de cette confrontation.

Deux cadrages coexistent. Les médias économiques insistent davantage sur les marges de raffinage, les résultats et les effets pour les actionnaires, tandis que d’autres publications privilégient le pouvoir d’achat, la baisse des pleins et les conséquences pour des acteurs de terrain. La transition climatique et la taxation des profits apparaissent surtout dans les articles consacrés aux ONG, aux actionnaires activistes et au débat politique.

Article généré par le Yak

LES SOURCES36 médias · 92 sources

Le Monde 3 articles

Le Figaro 3 articles

Libération 3 articles

Le Parisien 11 articles

L’Humanité 1 article

La Croix 1 article

HuffPost France 2 articles

20 Minutes 2 articles

Actu.fr 1 article

Franceinfo 8 articles

BFMTV 17 articles

RMC 4 articles

TV5MONDE 2 articles

Ouest-France 2 articles

La Dépêche du Midi 3 articles

Le Progrès 2 articles

Le Dauphiné Libéré 1 article

Nice-Matin 1 article

L’Est Républicain 2 articles

L’Indépendant 1 article

La Montagne 1 article

France Bleu 1 article

Le Républicain Lorrain 2 articles

Vosges Matin 2 articles

L’Alsace 2 articles

JSL 2 articles

Le Bien Public 1 article

La Nouvelle République 1 article

La Nouvelle République des Pyrénées 1 article

Mediapart 1 article

La Libre 2 articles

La Dernière Heure 1 article

Agence Anadolu 1 article

De Standaard 2 articles

De Tijd 1 article

The National 1 article

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