Le projet i-Police devait moderniser les outils informatiques de la police belge. Il a été stoppé après 139 millions d’euros de dépenses, alors que son coût total avait été évalué à 299 millions. Dans son audit, la Cour des comptes pointe des lacunes de gouvernance et de pilotage qui ont empêché de corriger la trajectoire du chantier.
Le rapport relève une gestion insuffisante des risques, un suivi budgétaire défaillant et un nombre trop élevé de consultants. Il décrit aussi un enchevêtrement de contrats. L’attribution du marché à Sopra Steria s’était déroulée conformément aux règles, mais l’exécution du projet a ensuite accumulé les difficultés.
Le gouvernement et l’opposition se disputent désormais les responsabilités. Le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin estime que les manquements du prestataire informatique doivent aussi être examinés, reprochant à l’audit de s’être surtout concentré sur le rôle de la police. La N-VA demande que le rapport soit confronté aux déclarations de l’ancienne ministre Annelies Verlinden et réclame des éclaircissements sur la responsabilité politique.