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YVELINES

À Trappes et La Verrière, l’attaque raciste fait un mort et sept blessés

Le 23 octobre, Kévin T. a attaqué des habitants dans les deux communes. Mis en examen par un juge antiterroriste et placé en détention provisoire, il a reconnu avoir ciblé des personnes qu’il identifiait comme musulmanes, africaines ou nord-africaines. Une semaine plus tard, des rassemblements ont réuni plusieurs centaines de personnes à La Verrière et près de 12 000 à Trappes.

106 sources · 35 médias · 4 min

Le 23 octobre, Kévin T., âgé de 39 ans, a mené une attaque armée à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines. Pengo Bossio Wangi, un Français noir de 26 ans, a été tué à Trappes. Sept autres personnes ont été blessées, dont une fillette grièvement touchée à La Verrière.

Le suspect a été mis en examen par un juge antiterroriste le 29 octobre et placé en détention provisoire. Il a reconnu, selon le parquet national antiterroriste, avoir spécifiquement visé des personnes qu’il identifiait comme musulmanes, africaines ou nord-africaines. Il aurait choisi Trappes parce qu’il la considérait comme un « repaire d’islamistes ». Le 30 octobre, des rassemblements d’hommage et de dénonciation du racisme ont réuni quelques centaines de personnes à La Verrière et près de 12 000 à Trappes.

Trois jours avant l’attaque, Kévin T. avait agressé un automobiliste noir à Levallois-Perret

Le 20 octobre, trois jours avant l’attaque, Kévin T. avait été arrêté après avoir aspergé de gaz lacrymogène et frappé un automobiliste noir dans une station-service de Levallois-Perret. Le parquet a évoqué un « différend entre automobilistes », tandis que les éléments rapportés décrivent une agression visant un homme noir. Son employeur avait engagé une procédure de licenciement après ces faits.

Après l’attaque, une perquisition à son domicile a permis de retrouver des armes, un exemplaire de Mein Kampf et des autocollants en référence au Rassemblement national. Le suspect a toutefois déclaré n’être ni adhérent ni sympathisant d’un parti politique et a fait état de problèmes psychologiques et psychiatriques. Des enregistrements datant de 2024, publiés par Mediapart, montrent par ailleurs des propos ouvertement racistes qui lui sont attribués. Dans ces échanges, il évoque notamment l’immigration et le rôle des médias dans sa construction idéologique.

À Trappes, des habitants disent craindre de devenir des cibles et refusent l’image d’une ville dangereuse

Après l’attaque, des habitants de Trappes ont décrit la peur de voir leurs enfants ou eux-mêmes devenir des cibles en raison de leur couleur de peau ou de leur religion. Des personnes musulmanes ont évoqué la sidération, l’inquiétude et un sentiment de solitude.

D’autres habitants dénoncent l’image durablement stigmatisante accolée à Trappes. Ils contestent la présentation de la ville comme un territoire dangereux ou séparé du reste du pays. Dans les établissements scolaires de Trappes, du Mesnil-Saint-Denis et de La Verrière, des cellules psychologiques ont été prévues à la rentrée, avec une première heure de cours banalisée dans les collèges et lycées concernés.

À La Verrière puis à Trappes, deux hommages rassemblent jusqu’à 12 000 personnes

Le 30 octobre, quelques centaines de personnes se sont réunies à La Verrière pour rendre hommage aux victimes. Édouard Philippe et Valérie Pécresse figuraient parmi les personnalités présentes. Un second rassemblement s’est tenu deux heures plus tard à Trappes, à l’appel du maire Ali Rabeh. La ville a estimé la participation à près de 12 000 personnes.

La foule y a brandi des drapeaux français et des pancartes portant notamment les messages « Le racisme tue, le silence aussi » et « Nous ne sommes pas des cibles, nos vies comptent ». Une minute de silence a été observée en mémoire de Pengo Bossio Wangi et des sept blessés. La soirée s’est achevée par La Marseillaise. Les principaux représentants de la gauche étaient présents à Trappes, tandis que la droite et le centre y étaient peu représentés.

Les deux hommages ont réuni des élus de tous bords autour d’une condamnation du racisme, mais leur séparation a aussi rendu visible une fracture politique : la gauche s’est concentrée à Trappes, tandis que la droite et le centre ont privilégié La Verrière ou n’ont pas participé au rassemblement principal.

Le Yak

À Trappes, Ali Rabeh demande l’interdiction du « grand remplacement » et vise le RN

Lors du rassemblement de Trappes, Ali Rabeh a accusé le Rassemblement national d’avoir « assuré la transmission de la haine à travers les décennies ». Le maire a notamment cité des propos de Jordan Bardella présentant Trappes comme une « République islamique en miniature » et appelant à la « rendre à la France ». Il a également mis en cause CNews et les chaînes d’information qui, selon lui, diffusent des discours visant les personnes noires, maghrébines ou musulmanes.

L’élu demande de rendre illégale la théorie du « grand remplacement » et de condamner plus lourdement les propos racistes. Une proposition de loi a été déposée dans ce sens, mais cette piste soulève des objections juridiques liées à la liberté d’expression. De son côté, une victime a déposé une plainte contre Marine Le Pen, Jordan Bardella et CNews, estimant que certaines déclarations avaient conforté l’assaillant. Cette plainte et ces accusations politiques ne préjugent pas de responsabilités judiciairement établies.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, le bilan humain et le profil idéologique du suspect dominent d’abord : un mort, sept blessés, une fillette grièvement touchée, puis les armes, le livre et les autocollants retrouvés à son domicile ainsi que ses propos racistes. L’attention se déplace ensuite vers la bataille politique sur le RN, le « grand remplacement » et le rôle des chaînes d’information.

Les rassemblements et les prises de position nationales bénéficient d’une visibilité supérieure aux mesures locales destinées aux habitants, comme les cellules psychologiques dans les établissements scolaires, ou aux témoignages sur la peur et la stigmatisation de Trappes. Deux cadrages coexistent : certaines publications privilégient l’unité républicaine, d’autres la confrontation entre la gauche, le RN et les médias.

Article généré par le Yak

LES SOURCES35 médias · 106 sources

Le Monde 5 articles

Le Figaro 7 articles

Libération 11 articles

Le Parisien 5 articles

Le Nouvel Obs 3 articles

Valeurs Actuelles 1 article

La Croix 4 articles

HuffPost France 2 articles

20 Minutes 1 article

Actu.fr 2 articles

Franceinfo 11 articles

BFMTV 18 articles

France 24 6 articles

Euronews FR 1 article

RMC 2 articles

TV5MONDE 2 articles

Le Progrès 2 articles

Le Dauphiné Libéré 1 article

L’Est Républicain 1 article

Midi Libre 1 article

La Montagne 1 article

France Bleu 2 articles

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

JSL 3 articles

Le Bien Public 1 article

La Nouvelle République 2 articles

La 1ère 1 article

Mediapart 2 articles

Le Temps 1 article

LaPresse 1 article

Agence Anadolu 1 article

El País 1 article

StreetPress 1 article

Le JDD 1 article

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