BIODIVERSITÉ À EREVAN
À la COP17, la protection de la nature reste sans moyens suffisants
Près de 200 États ont adopté à Erevan une cinquantaine de textes, dont une feuille de route pour remettre les objectifs de biodiversité à l’horizon 2030 sur les rails. Mais plusieurs questions financières ont été renvoyées aux prochaines négociations, alimentant les critiques sur un compromis jugé insuffisant.
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Après deux semaines de négociations à Erevan, en Arménie, les participants à la COP17 sur la biodiversité ont adopté, dans la nuit du 30 au 31 octobre, une cinquantaine de textes. Le compromis réaffirme la nécessité d’accélérer l’action pour atteindre les objectifs de protection de la nature d’ici à 2030 et fixe une feuille de route pour suivre les engagements. Il porte également sur les moyens financiers à mobiliser.
L’accord relance les efforts internationaux après le retard pris sur les engagements de biodiversité, sans régler les désaccords sur leur mise en œuvre ni sur le financement. La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a estimé que les résultats n’étaient « pas à la hauteur des enjeux ». Des organisations environnementales et plusieurs analyses ont partagé ce jugement, tandis que d’autres observateurs ont retenu la remise à l’agenda de questions structurantes.
La « Voie d’Erevan » veut réduire les subventions nuisibles à la nature
La COP17 a retenu une priorité précise : accélérer l’identification et la réduction des subventions publiques considérées comme néfastes pour le vivant. La feuille de route adoptée à Erevan, baptisée « Voie d’Erevan », appelle aussi à aligner les budgets sur les objectifs de biodiversité, à accroître le soutien aux pays en développement et à renforcer le suivi des engagements.
Cette orientation doit contribuer à remettre sur les rails les objectifs fixés pour 2030, alors que les efforts mondiaux ont pris du retard. Les négociateurs ont également procédé au premier examen international du cadre mondial pour la biodiversité adopté à Montréal quatre ans plus tôt. Le texte fixe une direction et des instruments de suivi, sans résoudre l’ensemble des désaccords sur leur mise en œuvre.
Le financement reste le principal blocage des négociations
Les discussions financières ont buté sur une question centrale : qui doit payer pour protéger la biodiversité et à quelle hauteur. Plusieurs sujets ont été renvoyés à la prochaine COP, alors que les ressources nécessaires restent jugées insuffisantes.
Le compromis prévoit notamment d’associer davantage certains pays émergents riches au financement de la protection de la nature. Les discussions ont aussi porté sur les règles de distribution de l’argent du Fonds Cali et sur le soutien aux pays en développement. L’accord adopté ne résout pas le décalage entre les objectifs affichés et les moyens annoncés, laissant la mise en œuvre dépendre largement de la volonté des États.
Le compromis avance sur les règles, le suivi et la réduction des subventions nuisibles, mais renvoie encore une partie de la question décisive au financement. La COP17 remet donc la trajectoire de 2030 à l’agenda sans garantir les moyens nécessaires pour la suivre.
À Erevan, les observateurs opposent progrès de gouvernance et « progrès glacial »
Le bilan de la COP17 oppose deux constats. Pour Juliette Landry, spécialiste de la gouvernance internationale de la biodiversité à l’Iddri, cette COP de « clarification » a permis de mettre à l’agenda des enjeux structurants. L’accord a aussi été présenté comme une étape pour relancer l’action collective en faveur de la nature.
À l’inverse, la ministre française Monique Barbut a jugé les résultats « pas à la hauteur des enjeux ». Des associations environnementales et plusieurs publications ont dénoncé des avancées trop timides, estimant que les textes adoptés ne répondent pas suffisamment à l’érosion du vivant. Le désaccord porte moins sur l’urgence que sur la portée concrète du compromis obtenu à Erevan.
Médianalyse du Yak
Dans la couverture observée, le manque d’ambition et la question de l’argent dominent nettement. Les formulations sur le compromis « insuffisant », les moyens absents ou les occasions manquées reviennent davantage que le détail des mécanismes de suivi adoptés.
Deux cadrages coexistent. Une partie des publications insiste sur la remise sur les rails des objectifs de 2030 et sur la « Voie d’Erevan », tandis que d’autres privilégient les blocages financiers, les textes édulcorés et les sujets renvoyés à la prochaine conférence. La couverture française personnalise aussi la déception autour de Monique Barbut, alors que les analyses internationales mettent davantage en avant le financement.
Article généré par le Yak