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VOILE TRANSATLANTIQUE

Route du Rhum 2026 : 115 marins au départ de Saint-Malo

La 13e édition de la course transatlantique s’élancera dimanche 1er novembre de Saint-Malo vers Pointe-à-Pitre, sur plus de 6 000 kilomètres. Les huit Ultim concentrent l’attention, entre bateau neuf, favoris annoncés et contraintes de sécurité.

39 sources · 18 médias · 6 min

La Route du Rhum 2026 s’élancera dimanche 1er novembre à 13 h 02 au large de Saint-Malo. Les 115 marins engagés mettront le cap sur Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, pour une traversée en solitaire de plus de 6 000 kilomètres, répartie entre six classes. La flotte réunira des profils et des bateaux très différents, des Class40 aux Ultim de 32 mètres, en passant par les Imoca et les Ocean Fifty.

Dans la catégorie reine, huit Ultim sont annoncés au départ. Charles Caudrelier, tenant du titre et détenteur du record, naviguera sur le nouveau Maxi-Edmond-de-Rothschild, un trimaran de 32 mètres encore peu éprouvé. Tom Laperche, plus jeune marin de cette catégorie, figure lui aussi parmi les prétendants suivis avant le départ. En Imoca, Sam Goodchild est présenté comme l’un des favoris, alors qu’il avait été accidenté dès le début de la précédente édition.

Les conditions annoncées à Saint-Malo sont favorables au départ. La course imposera toutefois aux skippers de gérer seuls la vitesse, le sommeil, la préparation des bateaux et les règles de sécurité. La ligne de départ réunira ainsi une compétition technologique, des trajectoires personnelles différentes et une forte mobilisation autour du port malouin.

Charles Caudrelier remet son titre en jeu sur un Ultim neuf

Charles Caudrelier s’attaquera à une nouvelle Route du Rhum avec un bateau qui n’a pas encore été totalement éprouvé. Le tenant du titre et du record prendra la mer à bord du Maxi-Edmond-de-Rothschild, un trimaran de 32 mètres engagé dans la catégorie Ultim.

Le défi tient autant à la course qu’au bateau lui-même. Caudrelier, 52 ans, a déjà presque tout gagné et évoque la possibilité qu’il s’agisse de sa dernière Route du Rhum. Son trimaran neuf attire l’attention du milieu de la course au large, alors que la classe Ultim concentre les moyens technologiques et les principaux pronostics.

L’équipe Gitana a aussi annoncé la construction d’un nouvel Ultim, une décision qui a contribué à pousser Banque Populaire à faire de même. Cette dynamique pourrait conduire à onze Ultim au départ de l’édition 2030.

La Route du Rhum oppose ici deux temporalités de la course au large : un Ultim neuf, conçu pour repousser les performances, et des marins qui misent sur l’expérience, l’autonomie ou la connaissance de leur bateau. La technologie augmente les possibilités, mais elle ne supprime ni le temps nécessaire pour fiabiliser un bateau ni les contraintes de la navigation en solitaire.

Le Yak

En Imoca et en Ocean Fifty, les favoris restent exposés

La hiérarchie annoncée avant le départ reste ouverte dans plusieurs catégories. En Imoca, Sam Goodchild est présenté comme l’un des deux grands favoris, à la barre du bateau vainqueur du Vendée Globe 2024-2025. Le skipper de Macif sait toutefois que ce statut ne garantit rien : lors de la précédente Route du Rhum, il avait été accidenté dès le départ.

La concurrence s’annonce également dense en Ocean Fifty. Le jeune Basile Bourgnon, 24 ans, est considéré comme l’un des favoris pour sa première participation. Pierre Quiroga vise lui aussi le podium pour sa première Route du Rhum, tandis que la Belge Jonas Gerckens, engagée pour la troisième fois, vise une place dans les quinze ou vingt premiers malgré un bateau présenté comme moins performant que les modèles de dernière génération.

Violette Dorange, révélée lors du dernier Vendée Globe, prendra le départ en Imoca sur un bateau à foils et vise un top 10. La flotte oppose donc des bateaux récents et très performants à des marins qui comptent compenser un déficit matériel par leur expérience de la course.

Dans les Ultim, casque et micro-siestes répondent aux contraintes de la vitesse

À bord des trimarans lancés à plus de 80 km/h, Armel Le Cléac’h naviguera désormais avec un casque. La mesure rappelle les contraintes physiques particulières des Ultim, où la vitesse transforme les déplacements et les manœuvres en opérations à risque.

La gestion du sommeil constitue une autre difficulté centrale. Lors d’une précédente course, un marin expliquait avoir dormi dix heures en onze jours, au rythme de micro-siestes destinées à préserver la performance sans perdre le contrôle du bateau. Les 115 skippers devront également composer avec les règles de sécurité et les décisions du comité d’arbitrage, où siègent notamment les Antillais Sacha Daunar et Alexis Duvernoy.

Ces arbitres interviendront pendant toute la course, tandis que les marins devront décider seuls de leurs trajectoires, de leurs manœuvres et de leur rythme de repos.

Nicolas Rouger revient au départ après avoir perdu son Imoca

Nicolas Rouger a dû reconstruire son projet après la destruction accidentelle de son Imoca à Marseille en 2023. Trois ans plus tard, il sera de nouveau au départ avec le bateau Demain c’est loin, réparé grâce à une mobilisation solidaire et à un financement participatif mêlant art et sport.

Le skipper participera à sa deuxième Route du Rhum après avoir surmonté la perte de son bateau et de ses moyens de course. Son retour est l’aboutissement d’un long travail de remise en état et de recherche de financements.

D’autres trajectoires personnelles traversent cette édition : Tanguy Caradec prendra le départ quarante ans après la disparition de son père, Loïc Caradec, tandis que Francis Joyon, 70 ans, s’alignera en Vintage Multi sur un bateau associé à une approche fondée sur la sobriété et l’autonomie. Alexia Barrier sera la première femme à prendre le départ de la Route du Rhum en Ultim.

Fabrice Amedeo larguera des balises pour suivre les microplastiques

Fabrice Amedeo profitera de la Route du Rhum pour larguer des balises destinées à mieux surveiller les courants et la dérive des microplastiques dans l’Atlantique. Le dispositif doit documenter une zone où se concentrent des plastiques flottants.

La course servira ainsi aussi de terrain d’observation scientifique. Les données seront recueillies pendant la navigation entre Saint-Malo et la Guadeloupe, au cours de la traversée du navigateur.

Saint-Malo encadre une fête qui avait attiré 1,5 million de visiteurs

La quinzaine précédant le départ transforme Saint-Malo en village de course. L’édition 2022 avait attiré 1,5 million de visiteurs et généré 29,1 millions d’euros de retombées économiques directes, d’après une étude du cabinet EY. Plus de 500 bénévoles et des préparatifs engagés un an à l’avance participent à l’organisation de l’événement.

Cette affluence impose aussi de limiter la croissance du dispositif. Après avoir dû recourir à des spécialistes de la gestion des flux en 2022, les organisateurs ont réduit le nombre de bateaux et stabilisé la taille du village de départ. Le passage de la tempête Austen a par ailleurs endommagé des installations du village, sans empêcher les bateaux amarrés dans les bassins de résister.

La course associe une forte visibilité populaire à une volonté affichée de ne pas agrandir indéfiniment l’événement.

Médianalyse du Yak

La couverture observée personnalise fortement l’édition autour de quelques figures : Charles Caudrelier et son bateau neuf, les jeunes Tom Laperche et Violette Dorange, ou encore les retours de Nicolas Rouger et Tanguy Caradec. Les trajectoires individuelles rendent la course immédiatement lisible, tandis que les mécanismes plus techniques — sommeil, arbitrage, sécurité et préparation des bateaux — restent davantage présents dans des publications spécialisées ou des formats distincts.

Deux cadrages coexistent. Les médias ultramarins insistent davantage sur les skippers guadeloupéens et polynésiens ainsi que sur le rôle des arbitres antillais, tandis que la couverture consacrée aux favoris métropolitains privilégie les pronostics et la technologie. La course apparaît ainsi comme une bataille de bateaux, une collection de récits personnels et un rendez-vous reliant Saint-Malo aux territoires d’arrivée.

La dimension populaire et économique reste visible, mais elle passe derrière le spectacle du départ et des Ultim. Les chiffres de fréquentation et de retombées, comme les efforts pour contenir les flux à Saint-Malo, apparaissent surtout dans les traitements consacrés à la ville et à l’organisation de l’événement.

Article généré par le Yak

LES SOURCES18 médias · 39 sources

Le Monde 2 articles

Le Figaro 7 articles

Le Parisien 2 articles

Le Nouvel Obs 1 article

La Croix 2 articles

Actu.fr 2 articles

Franceinfo 2 articles

RMC 1 article

Ouest-France 3 articles

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

Nice-Matin 3 articles

Midi Libre 2 articles

La 1ère 5 articles

RFI 1 article

Le Temps 2 articles

La Libre 1 article

La Dernière Heure 1 article

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