La Minurso, la mission des Nations unies chargée depuis 1991 d’organiser un référendum au Sahara occidental, n’a plus de mandat après le rejet de deux projets au Conseil de sécurité. La Russie a mis son veto au texte américain, qui plaçait le plan marocain d’autonomie sous souveraineté marocaine au centre du règlement du conflit. Les États-Unis ont ensuite bloqué le contre-projet russe, qui proposait de prolonger la mission dans ses termes précédents.
Le texte américain avait le soutien de onze membres sur quinze. Il prévoyait aussi de renommer la mission en « MINUSO », sans référence au référendum. Moscou a dénoncé une approche unilatérale. Washington a reproché à certains membres du Conseil de vouloir préserver la référence au référendum, alors que l’ONU ne s’est plus préparée à en organiser depuis des décennies.
La mission comptait 359 personnels civils et militaires en juin 2026. Le Maroc a demandé le départ rapide de ses personnels, de ses véhicules, de son matériel et de ses symboles. Le retrait doit être coordonné avec l’ONU, mais son organisation reste à établir. La question la plus immédiate concerne la surveillance du cessez-le-feu conclu en 1991 : le Front Polisario le considère déjà comme caduc depuis novembre 2020.
Rabat s’est félicité de la non-reconduction, tandis que le Front Polisario et l’Algérie ont salué le veto russe. Les discussions peuvent reprendre au Conseil de sécurité, mais la Minurso n’a, pour la première fois depuis sa création, plus de mandat en vigueur.