Le Royaume-Uni se dit ouvert à l’idée de présenter des excuses officielles pour son rôle dans la traite transatlantique des esclaves. Le Premier ministre Andy Burnham l’a écrit dans une tribune publiée avant le sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth, qui réunit 56 pays à Antigua-et-Barbuda du 1er au 4 novembre.
Andy Burnham a déclaré vouloir exprimer « sa tristesse et ses regrets » pour les souffrances infligées à des millions de personnes et reconnaître que cette histoire « continue de façonner notre monde aujourd’hui ». Il a proposé un dialogue structuré avec les populations concernées et indiqué qu’il était ouvert aux demandes d’excuses au nom de l’État britannique.
Cette position ne constitue pas encore une décision formelle. Elle rompt toutefois avec la ligne suivie jusqu’ici par Londres, qui n’avait jamais présenté d’excuses officielles pour l’esclavage. Le roi Charles III doit également s’exprimer devant le sommet, après avoir reconnu lors de sa tournée dans les Caraïbes les « grandes souffrances du passé ».
Le gouvernement britannique exclut en revanche toute réparation financière. Andy Burnham estime que les Britanniques actuels ne peuvent pas être tenus responsables de faits commis à une autre époque et sous d’autres lois. Cette position ne répond pas aux demandes d’organisations et de militants caribéens, qui prévoient de réclamer des réparations lors du sommet. La Grande-Bretagne a transporté environ 3,2 millions d’Africains réduits en esclavage à travers l’Atlantique et a tiré profit pendant des siècles de la colonisation et de la traite.