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MÉDIAS ET PARLEMENT

La pétition pour fermer CNews franchit 600 000 signatures

Lancée en juin, la pétition réclamant la suppression de CNews a dépassé 500 000 puis 600 000 signatures après un regain de mobilisation fin octobre. La commission des Affaires culturelles doit encore décider de son classement ou de son examen, tandis que le retrait de la fréquence relève de l’Arcom.

42 sources · 31 médias · 5 min

La pétition mise en ligne sur le site de l’Assemblée nationale pour « supprimer CNews de l’audiovisuel français » a dépassé 500 000 signatures le lundi 2 novembre 2026, avant de franchir les 600 000 dans la journée. Lancée en juin par un particulier, elle comptait encore moins de 100 000 signatures quelques jours plus tôt. Sa progression s’est accélérée après l’attentat raciste de Trappes du 23 octobre, dans un climat de mobilisations sociales et de critiques visant CNews, chaîne du groupe Canal+ détenue par Vincent Bolloré.

Le seuil de 500 000 signatures, avec des signataires issus d’au moins 30 départements, ouvre la possibilité d’un débat dans l’hémicycle, mais ne le rend pas automatique. La commission des Affaires culturelles doit d’abord choisir entre le classement et l’examen du texte. Si elle le retient, elle devra présenter un rapport aux députés. Une autre pétition ayant franchi ce seuil a été classée en juillet par la commission des Lois.

La pétition accuse CNews d’être une « machine de propagande » et de favoriser les opinions et les thèmes d’extrême droite. La chaîne conteste ces accusations et a déclaré ne pas vouloir commenter une « pétition politique ». La fermeture de CNews ne pourrait toutefois pas être décidée directement par un vote parlementaire : l’attribution et le retrait d’une fréquence de la TNT relèvent de l’Arcom, qui peut sanctionner les manquements aux obligations audiovisuelles jusqu’au retrait de l’autorisation d’émettre.

Après l’attentat de Trappes, la pétition passe de 100 000 à 600 000 signatures

Déposée en juin sur la plateforme de l’Assemblée nationale, la pétition plafonnait encore à moins de 100 000 signatures la semaine précédant le franchissement du seuil. Elle a ensuite progressé rapidement : plus de 500 000 signatures lundi matin, puis plus de 600 000 en fin de journée selon les décomptes relayés au fil de la séquence.

Cette hausse est intervenue après l’attentat raciste de Trappes, le 23 octobre. Une partie de la gauche, dont le maire de Trappes Ali Rabeh, a accusé certains médias, et particulièrement CNews, d’accorder trop de place aux discours stigmatisant les immigrés ou leurs descendants et d’avoir une responsabilité dans l’attaque. Cette responsabilité est contestée et n’est pas établie par les éléments disponibles sur l’attentat. La pétition a changé d’échelle alors que la ligne éditoriale de la chaîne était déjà critiquée.

À l’Assemblée, les 500 000 signatures n’imposent pas un débat

Le franchissement des 500 000 signatures ouvre une procédure, mais ne garantit pas une issue politique immédiate. Le règlement de l’Assemblée prévoit qu’une pétition atteignant ce niveau, avec des signataires issus d’au moins 30 départements, peut donner lieu à un débat dans l’hémicycle. La commission compétente doit auparavant réunir son bureau, décider de classer le texte ou de l’examiner, puis rédiger un rapport si elle le retient.

Le précédent d’une pétition contre la loi sur la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre rappelle que le débat n’est pas automatique : malgré le franchissement du seuil, le texte avait été classé en juillet. Le président de la commission des Affaires culturelles, Alexandre Portier, a indiqué qu’une réunion du bureau était convoquée pour évoquer la pétition. Les 600 000 signatures renforcent sa visibilité, mais ne suppriment pas cette étape.

Les 600 000 signatures changent l’ampleur politique de la séquence, mais pas son mécanisme institutionnel : la commission conserve le choix entre classement et examen, et un éventuel débat parlementaire ne remplacerait pas la procédure de régulation de l’Arcom.

Le Yak

Seule l’Arcom peut retirer la fréquence TNT de CNews

Même si un débat parlementaire était organisé, il ne suffirait pas à fermer CNews. L’attribution et le retrait d’une fréquence de la TNT relèvent de l’Arcom, qui peut sanctionner progressivement les manquements aux obligations audiovisuelles : mise en demeure, amende, réduction temporaire du droit d’émettre, puis retrait de l’autorisation.

CNews a déjà été mise à l’amende à plusieurs reprises. En juin 2026, l’Arcom l’a mise en demeure de corriger un « déséquilibre manifeste et durable dans l’expression des courants de pensée et d’opinion », notamment sur la menace que représenteraient l’immigration et l’islam pour la société française. La chaîne a contesté cette décision devant le Conseil d’État. En 2024, l’Arcom avait décidé de ne pas reconduire la fréquence TNT de C8, autre chaîne du groupe Canal+, après plusieurs sanctions. Ce précédent est régulièrement rapproché du cas de CNews, sans transformer la pétition en décision de retrait.

La défense de CNews s’oppose aux accusations de « propagande »

La pétition présente CNews comme une chaîne qui ne serait pas d’information mais une « machine de propagande », et demande sa suppression de l’audiovisuel français. Ces accusations ont été reprises par des responsables et des médias opposés à la ligne éditoriale de la chaîne, régulièrement accusée de promouvoir des thèmes d’extrême droite.

CNews rejette cette qualification et affirme défendre la liberté d’expression. Le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus a également déclaré : « En démocratie, on ne ferme pas les médias ! » À gauche, la députée écologiste Sophie Taillé-Polian a estimé qu’il était essentiel d’ouvrir le débat. La France insoumise a salué le succès de la pétition et promis de « démanteler » l’empire médiatique de Vincent Bolloré en cas d’arrivée au pouvoir. Ces positions ne modifient pas la compétence juridique de l’Arcom.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, la progression chiffrée de la pétition domine nettement : les seuils de 500 000 puis de 600 000 signatures et la possibilité d’un débat à l’Assemblée sont les points les plus visibles. La procédure qui peut conduire au classement du texte et la compétence de l’Arcom apparaissent davantage dans les développements explicatifs que dans les formules de Une.

Deux cadrages coexistent. Une partie des publications reprend le vocabulaire de la pétition — « propagande », « suppression », « fermeture » — et insiste sur les accusations visant la ligne éditoriale de CNews. D’autres mettent surtout en avant la défense de la liberté d’expression et les limites juridiques de l’initiative. Le traitement relie ainsi un emballement numérique à une question institutionnelle plus lente, sans donner le même poids à ces deux dimensions dans les titres.

Article généré par le Yak

LES SOURCES31 médias · 42 sources

Le Monde 2 articles

Le Figaro 1 article

Libération 4 articles

Le Parisien 2 articles

Le Nouvel Obs 3 articles

L’Humanité 3 articles

La Croix 1 article

HuffPost France 1 article

20 Minutes 1 article

Actu.fr 1 article

Franceinfo 2 articles

BFMTV 1 article

France 24 1 article

TV5MONDE 2 articles

Ouest-France 1 article

La Dépêche du Midi 1 article

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

Nice-Matin 1 article

Midi Libre 1 article

La Montagne 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

JSL 1 article

Le Bien Public 1 article

RFI 1 article

La Libre 1 article

La Dernière Heure 1 article

RTS 1 article

Agence Anadolu 1 article

Reporterre 1 article

Le JDD 1 article

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