Près de 3 000 médecins généralistes en fin de formation commencent une année de stage dans des cabinets, maisons et centres de santé français. Environ 80 % sont affectés dans des zones classées en grande difficulté d’accès aux soins, notamment les territoires prioritaires, les quartiers de la politique de la ville et certaines zones rurales.
Ces « docteurs juniors » ont soutenu leur thèse, mais leur formation en médecine générale a été prolongée d’un an par une réforme adoptée en 2022. Ils assurent des consultations, des soins et le suivi de maladies chroniques en autonomie supervisée. Ils restent sous la responsabilité d’un maître de stage, généralement un médecin installé ou une structure de santé.
Pour les praticiens qui les accueillent, le renfort peut alléger temporairement la charge de travail. À Valençay, dans l’Indre, Sylvaine Le Liboux, seule généraliste libérale de la commune, suit 2 000 patients et accueille deux docteurs juniors. Elle espère aussi trouver un successeur avant son départ à la retraite.
Le dispositif suscite des réserves chez les internes et certains médecins. Le niveau d’autonomie et les responsabilités ont été précisés tardivement et peuvent varier selon les stages. Les jeunes praticiens sont salariés des hôpitaux universitaires, un statut critiqué par ceux qui auraient préféré une immersion plus directe dans l’exercice libéral. Le stage peut leur faire découvrir un territoire, mais rien ne garantit qu’ils s’y installeront ensuite. En France, 6,7 millions de personnes n’ont pas de médecin traitant, selon les chiffres cités dans les éléments disponibles.