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MOBILISATION SOCIALE

La mobilisation lycéenne reprend sans retrouver son niveau d’avant les vacances

Lycéens et étudiants ont relancé les blocages et les rassemblements mardi 3 novembre, avant la journée interprofessionnelle de jeudi. Le mouvement reste très inégal selon les établissements, tandis que les syndicats contestent les réponses du gouvernement et les restrictions imposées à plusieurs cortèges.

172 sources · 49 médias · 6 min

Les lycéens et les étudiants ont repris la mobilisation mardi 3 novembre, au lendemain des vacances de la Toussaint, avec des blocages ou des perturbations dans plusieurs villes. Le ministère de l’Éducation nationale a recensé 48 lycées bloqués, tandis que l’Union syndicale lycéenne en revendique jusqu’à 500. Dans l’enseignement supérieur, le ministère a compté 51 établissements perturbés sur 184. Ces chiffres ne recouvrent pas les mêmes réalités, mais la reprise reste nettement inégale selon les territoires et les établissements.

Les organisations de jeunesse jugent insuffisantes les mesures annoncées sur l’éducation, l’orientation et les moyens. Elles veulent maintenir la pression jusqu’à la journée interprofessionnelle du jeudi 5 novembre, appelée par une large intersyndicale pour les salaires, le pouvoir d’achat, l’emploi et les services publics. Les lycéens et les étudiants doivent y rejoindre les salariés du privé, les fonctionnaires et les retraités.

La préparation de cette journée se déroule sous tension. À Paris, des cortèges étudiants et lycéens ont été interdits ou déplacés, tandis que les syndicats contestent plusieurs restrictions de parcours. Le gouvernement prévoit un dispositif renforcé pour le 5 novembre. La SNCF annonce un trafic perturbé, surtout sur les lignes régionales et franciliennes, alors que la RATP prévoit un trafic globalement normal, à l’exception du RER B.

Les chiffres de la mobilisation lycéenne vont de 48 à 500 établissements

Le niveau de la mobilisation lycéenne fait l’objet d’une confrontation chiffrée entre le ministère de l’Éducation nationale et les organisations de jeunesse. Pour mardi 3 novembre, le ministère a compté 48 lycées bloqués sur environ 3 700, tandis que l’Union syndicale lycéenne en revendique 500. La veille, les estimations divergeaient déjà entre 41 établissements selon le ministère et environ 150 selon l’organisation lycéenne.

Dans l’enseignement supérieur, le ministère a recensé 51 établissements perturbés sur 184, tandis que plusieurs sources évoquent environ 15 % des établissements concernés. Les écarts tiennent notamment aux périmètres retenus : blocage complet, perturbation ou rassemblement devant un établissement ne désignent pas nécessairement la même situation.

Sur le terrain, la reprise est très inégale. Des blocages ou rassemblements ont été signalés à Rennes, Toulouse, Lyon, Nantes, Strasbourg, Nancy, Menton et Perpignan. À Alès, au contraire, le nouvel appel national n’a pas entraîné de mobilisation visible devant le lycée Jean-Baptiste-Dumas. À Paris, des élèves mobilisés constatent aussi une baisse de participation depuis la rentrée, alors que des élèves de terminale veulent retourner en cours pour préparer le baccalauréat.

Le mouvement est assez étendu pour se prolonger dans plusieurs régions, mais trop inégal pour que les chiffres nationaux soient directement comparés. La reprise est réelle sans correspondre partout au niveau observé avant les vacances.

Le Yak

Parcoursup, postes et conditions d’étude : les annonces restent insuffisantes pour les organisations de jeunesse

Le gouvernement a annoncé plusieurs mesures pour répondre à la contestation : le remplacement progressif de Parcoursup d’ici 2028, l’annulation des suppressions de postes prévues dans l’Éducation nationale, la création de 500 postes supplémentaires, un plafond de 28 élèves par classe de seconde et 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur.

Ces annonces sont considérées comme un premier pas, mais pas comme une réponse suffisante par les organisations lycéennes et étudiantes. Elles réclament notamment 10 milliards d’euros d’investissement dans l’éducation et l’enseignement supérieur ainsi que l’abrogation de Parcoursup. D’autres dossiers, dont le contrôle continu et le temps scolaire, doivent encore faire l’objet de discussions d’ici à la fin du mois de décembre, selon le ministre de l’Éducation.

La poursuite des blocages se heurte aussi aux inquiétudes sur la scolarité. Des lycéens redoutent de ne pas rattraper les cours et de compromettre leur préparation au bac. Une fausse capture d’écran affirmant que les participants aux blocus seraient pénalisés sur Parcoursup a été démentie par l’établissement concerné et par le ministère, qui a indiqué qu’une telle mesure n’était pas envisagée. À Paris Cité, la direction et les étudiants ont mis en place une « université populaire » pour maintenir les échanges sans reprendre la forme habituelle des cours.

À Paris et en région, les restrictions de rassemblement alimentent les tensions

Les interventions policières et les restrictions de rassemblement ont marqué la reprise de la mobilisation. À Paris, des étudiants et des lycéens ont manifesté malgré l’interdiction partielle d’un parcours. Deux cortèges ont été encadrés par la police, puis des manifestants ont rejoint le secteur de la Sorbonne avant de se disperser dans le calme vers 16 heures. À Strasbourg, un arrêté interdisant les rassemblements aux abords de onze lycées a donné lieu à des contrôles d’identité et à des amendes de 135 euros.

D’autres incidents ont été signalés devant des établissements. Une infirmière scolaire interpellée violemment à Montpellier a été placée en garde à vue avant d’être relâchée sans charge. À Noisy-le-Sec, des enseignants ont été blessés lors de charges de police contestées par des personnels. À Paris, un élève du lycée Victor-Hugo a été conduit aux urgences après une intervention policière, d’après le récit rapporté par des enseignants et des lycéens. Dans l’Essonne, des chefs d’établissement ont été visés par des tirs de mortiers d’artifice ; à Lormont, un proviseur a porté plainte après une agression pendant une tentative de blocage.

Ces épisodes coexistent avec des rassemblements sans incident majeur signalé. Ils ont aussi déplacé une partie de la séquence vers les conditions d’exercice du droit de manifester et la sécurité autour des établissements.

Le 5 novembre doit élargir la mobilisation, malgré les parcours contestés

La journée du jeudi 5 novembre doit étendre la contestation des établissements scolaires à une mobilisation interprofessionnelle. Les syndicats appellent les salariés du privé et du public, les fonctionnaires et les retraités à manifester pour les salaires, le pouvoir d’achat, l’emploi, l’industrie et les services publics. Plus de 200 rassemblements sont annoncés par la CGT, tandis que des mobilisations sont prévues dans de nombreuses villes, de Nice à Tarbes, de Dijon à Vesoul et de Guéret à Strasbourg.

La préparation des cortèges reste tendue. À Paris, l’intersyndicale a saisi la justice pour contester l’incertitude autour du parcours Bastille-Concorde. À Toulouse, le préfet a interdit l’itinéraire des boulevards et imposé une boucle au départ des Arènes. À Lyon, le parcours traditionnel jusqu’à Bellecour a également été refusé. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a demandé aux préfets des dispositifs « robustes » pour une journée qualifiée de « sensible », avec des contrôles de flux et la possibilité de mesures d’interdiction dans certains centres-villes.

Dans les transports, la SNCF prévoit un trafic légèrement perturbé pour les TGV et perturbé sur la plupart des autres lignes. La RATP table sur un trafic normal pour les métros, bus et tramways, à l’exception du RER B. Les cheminots réclament une hausse générale de 2,6 % des salaires avec effet rétroactif au 1er juillet ; la direction de la SNCF a annoncé une prime de 400 euros, réponse jugée insuffisante par plusieurs syndicats.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, la confrontation domine : bataille des chiffres, cortèges interdits, charges, interpellations et préparation policière du 5 novembre occupent une place importante. Les revendications sur les salaires, les moyens scolaires et l’orientation sont bien présentes, mais elles sont souvent racontées à travers le rapport de force qu’elles alimentent.

Le traitement varie selon les supports. Les publications nationales insistent davantage sur la reprise ou l’essoufflement du mouvement et sur les écarts de comptage, tandis que la presse locale rend visibles les formes concrètes de la mobilisation : blocages filtrants, parcours imposés, tensions devant les lycées et rassemblements annoncés dans les villes. Les inquiétudes liées au bac et à la continuité des cours apparaissent comme un second cadrage, moins conflictuel mais durable.

Article généré par le Yak

LES SOURCES49 médias · 172 sources

Le Monde 6 articles

Le Figaro 3 articles

Libération 8 articles

Le Parisien 8 articles

Le Nouvel Obs 1 article

L’Humanité 4 articles

La Croix 1 article

Atlantico 2 articles

HuffPost France 2 articles

20 Minutes 4 articles

Actu.fr 10 articles

Franceinfo 11 articles

BFMTV 15 articles

France 24 5 articles

Euronews FR 1 article

RMC 4 articles

TV5MONDE 2 articles

Public Sénat 1 article

Ouest-France 3 articles

La Dépêche du Midi 6 articles

Le Progrès 4 articles

Le Dauphiné Libéré 2 articles

Nice-Matin 4 articles

L’Est Républicain 4 articles

L’Indépendant 3 articles

Midi Libre 4 articles

La Montagne 6 articles

France Bleu 6 articles

DNA 4 articles

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 2 articles

L’Alsace 3 articles

JSL 5 articles

Le Bien Public 3 articles

La Nouvelle République 7 articles

La Nouvelle République des Pyrénées 1 article

Courrier International 1 article

RFI 1 article

Mediapart 2 articles

Le Temps 1 article

La Dernière Heure 1 article

RTS 1 article

Agence Anadolu 3 articles

The Hindu 1 article

La Repubblica 1 article

De Standaard 1 article

Reporterre 1 article

Basta! 1 article

Le Canard Enchaîné 1 article

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