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PRÉSIDENTIELLE 2027

La primaire s’impose à droite et au centre malgré le refus d’Édouard Philippe

Gabriel Attal, Bruno Retailleau et David Lisnard veulent un vote pour départager les candidats, tandis qu’Édouard Philippe continue de s’y opposer. Emmanuel Macron défend de son côté une coalition allant de Raphaël Glucksmann à David Lisnard pour éviter un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

87 sources · 29 médias · 5 min

La préparation de la présidentielle de 2027 oppose désormais deux méthodes pour désigner un candidat face au RN et à La France insoumise : une coalition allant du centre gauche à la droite modérée, ou une primaire pour départager les prétendants. Emmanuel Macron défend la première option et juge nécessaire une alliance de Raphaël Glucksmann à David Lisnard pour empêcher un duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon au second tour.

À droite et au centre, Gabriel Attal, Bruno Retailleau et David Lisnard réclament au contraire une primaire. Édouard Philippe la refuse, la qualifiant de « primaire de la division » et de « confusion ». Le rapport de force nourrit cette bataille : un sondage Ifop pour LCI place Marine Le Pen entre 35 % et 37 % des intentions de vote, devant Jean-Luc Mélenchon, crédité de 17,5 % à 18 %. David Lisnard devance Bruno Retailleau dans les configurations testées, tandis que Raphaël Glucksmann recule. Ces résultats ne dégagent pas encore de candidat unique, mais renforcent la pression en faveur d’un arbitrage collectif.

Attal et Retailleau veulent imposer une primaire à Édouard Philippe

La primaire de la droite et du centre est devenue le principal point de tension entre les prétendants à l’Élysée. Gabriel Attal la juge « inéluctable » et affirme qu’elle « aura lieu ». Bruno Retailleau soutient désormais cette position et estime qu’un vote devra départager les quatre principaux candidats de cet espace : Édouard Philippe, Gabriel Attal, David Lisnard et lui-même.

Le président de LR avait d’abord estimé que la primaire ne pourrait pas se tenir en raison du refus d’Édouard Philippe, alors présenté comme le mieux placé dans les sondages. La baisse de l’ancien Premier ministre dans les enquêtes d’opinion a modifié son argumentation. Bruno Retailleau réclame désormais une primaire « sans doute en début d’année » et propose, dans l’attente, trois débats sur le pouvoir d’achat, le régalien et l’écologie.

Édouard Philippe maintient son opposition. Il refuse aussi d’inclure Raphaël Glucksmann dans le processus, au nom du refus de construire un nouvel « en-même-temps ». Élisabeth Borne s’oppose pour sa part à une primaire qui irait jusqu’à David Lisnard et défend un rassemblement allant de la gauche réformiste à la droite modérée.

David Lisnard convertit sa progression dans les sondages en implantation nationale

David Lisnard ne s’appuie plus seulement sur sa progression dans les intentions de vote. Le maire de Cannes structure une campagne nationale après avoir quitté Les Républicains au printemps, notamment en raison du refus d’organiser une primaire.

Son mouvement Nouvelle Énergie revendique près de 110 000 adhérents payants. Le candidat en a fait certifier 100 517 par un commissaire de justice et invite ses concurrents à faire de même. Son entourage affirme qu’une adhésion coûte au minimum 20 euros, tandis qu’un cadre LR met en doute la vitesse de cette progression et parle de « storytelling ».

La campagne entre aussi dans une phase de terrain. Nouvelle Énergie revendique environ 200 relais actifs en métropole, dans les outre-mer et auprès des Français de l’étranger. Des réunions publiques ont rassemblé plus de 1 000 personnes dans le Bas-Rhin, et un meeting de 3 000 places est annoncé à Lyon. Des députés LR commencent par ailleurs à rencontrer le candidat, signe d’une curiosité croissante autour de sa candidature.

Dans le sondage Ifop pour LCI, Lisnard devance Bruno Retailleau dans les configurations testées. Il cherche ainsi à convertir une visibilité d’abord acquise sur les réseaux sociaux en implantation politique.

La progression de David Lisnard repose sur deux indicateurs de nature différente : un sondage le place devant Bruno Retailleau, tandis que son mouvement revendique une forte hausse des adhésions. Le premier mesure une intention de vote, le second une capacité d’organisation revendiquée ; leur rapprochement alimente la dynamique politique, sans constituer le même type de preuve.

Le Yak

Le RN organise déjà sa campagne tandis que Glucksmann cherche des relais à gauche

Marine Le Pen structure sa candidature en nommant une quinzaine de coordinateurs chargés de pôles thématiques. Elle continue de présenter Jordan Bardella comme son futur Premier ministre. Le RN dispose ainsi d’une campagne déjà organisée autour d’une équipe et d’une perspective gouvernementale.

À gauche, Raphaël Glucksmann cherche à consolider son espace après avoir remporté la primaire socialiste. Il s’est rendu au lancement du livre de Karim Bouamrane, maire socialiste de Saint-Ouen et candidat déclaré à la présidentielle, en affirmant qu’ils feraient campagne ensemble. Glucksmann et Olivier Faure, qui s’étaient affrontés pendant la primaire, doivent désormais travailler ensemble en vue de 2027.

Le candidat social-démocrate reste toutefois en difficulté dans les enquêtes récentes. Son recul relance le débat sur sa capacité à incarner une alternative au duel annoncé entre le RN et La France insoumise, alors que la coalition défendue par Emmanuel Macron cherche à l’intégrer dans un espace politique plus large.

Retailleau et Lisnard détaillent leurs offres sur le salaire et les économies

La compétition ne se limite pas aux règles de sélection. Bruno Retailleau promet un « 13e voire un 14e mois de salaire » en échange de la fin des 35 heures : les salariés travailleraient trente minutes de plus par jour et les heures supplémentaires à partir de la 36e heure seraient exonérées de cotisations pour le salarié et l’entreprise.

David Lisnard défend de son côté un « gouvernement commando » et un programme prévoyant 200 milliards d’euros d’économies. Dans le cadre de son discours sur les libertés locales, il propose aussi un « impôt universel local » accompagné de moins d’impôts nationaux.

Des organisations extérieures aux partis cherchent également à inscrire leurs thèmes dans la campagne. Quatre organisations majeures du cinéma français ont présenté douze engagements aux candidats, dont la constitutionnalisation de la « souveraineté culturelle française et européenne » et la sanctuarisation des ressources du CNC. Les évêques de France préparent parallèlement un « chemin de discernement » sur l’Europe, l’immigration et le pouvoir d’achat, sans donner de consigne de vote.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, la présidentielle est d’abord racontée comme une bataille de personnes et de mécanismes de sélection. Le duel Le Pen-Mélenchon, la pression exercée sur Édouard Philippe et la progression de David Lisnard occupent davantage l’attention que le détail des programmes.

La recomposition est fortement personnalisée autour de Philippe, Lisnard, Retailleau et Glucksmann. Les propositions économiques ou institutionnelles apparaissent dans des séquences séparées, tandis que les sujets culturels, religieux ou sociaux restent moins reliés au récit dominant de la primaire et du duel des extrêmes.

Deux cadrages coexistent : la coalition est présentée comme un moyen d’éviter un second tour Le Pen-Mélenchon, tandis que la primaire apparaît comme l’instrument de la compétition interne à la droite et au centre. La même inquiétude électorale sert ainsi à défendre deux solutions concurrentes.

Article généré par le Yak

LES SOURCES29 médias · 87 sources

Le Monde 3 articles

Le Figaro 7 articles

Libération 2 articles

Le Parisien 8 articles

Le Nouvel Obs 1 article

L’Express 2 articles

Valeurs Actuelles 3 articles

La Croix 1 article

Atlantico 1 article

HuffPost France 1 article

20 Minutes 1 article

Franceinfo 4 articles

BFMTV 19 articles

RMC 3 articles

TV5MONDE 2 articles

Public Sénat 2 articles

La Dépêche du Midi 6 articles

Le Progrès 1 article

Nice-Matin 3 articles

L’Est Républicain 1 article

L’Indépendant 1 article

Midi Libre 2 articles

La Montagne 2 articles

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

JSL 1 article

La Nouvelle République des Pyrénées 1 article

Reporterre 1 article

Le JDD 6 articles

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