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MOBILISATION SOCIALE EN FRANCE

Le 5 novembre, les syndicats appellent à la grève pour les salaires

L’intersyndicale appelle salariés du public et du privé, retraités et jeunes à manifester et à cesser le travail pour les salaires, l’emploi et les services publics. Entre 500 000 et 700 000 personnes sont attendues dans les cortèges hors région parisienne, tandis que 70 000 policiers et gendarmes doivent être déployés.

194 sources · 38 médias · 5 min

La journée du 5 novembre doit prolonger la contestation sociale engagée depuis la rentrée. Les principales organisations syndicales appellent à une mobilisation interprofessionnelle pour obtenir une hausse des salaires et du Smic, défendre l’emploi et les services publics et contester les économies prévues dans le projet de budget 2027. Le mouvement prolonge aussi les mobilisations de lycéens, d’étudiants et de Gilets jaunes contre la vie chère.

Plus de 220 actions de voie publique étaient annoncées par le ministère de l’Intérieur, contre 244 à 250 recensées par les organisations syndicales. Le renseignement territorial estimait entre 500 000 et 700 000 le nombre de participants attendus hors région parisienne, et entre 40 000 et 80 000 à Paris. La mobilisation devait toutefois varier selon les secteurs : le ministère de l’Éducation nationale évaluait à 17,54 % le taux de grévistes attendu dans le premier degré public.

La préparation de la journée a également opposé syndicats et autorités sur les parcours et le maintien de l’ordre. À Paris, le trajet Bastille-Concorde demandé par l’intersyndicale a été interdit, puis remplacé par un itinéraire entre République et Nation, validé par le tribunal administratif. Laurent Nuñez a annoncé le déploiement de 70 000 policiers et gendarmes et promis une réponse ferme aux débordements.

Salaires, Smic et services publics : les syndicats demandent des mesures au gouvernement

Les revendications du 5 novembre portent d’abord sur le pouvoir d’achat. Les syndicats demandent une hausse générale des salaires, une revalorisation du Smic, davantage de justice fiscale et la préservation des services publics. Ils contestent aussi les économies prévues dans le projet de budget 2027.

FO réclame une accélération sur le Smic et l’ouverture d’une « négociation flash sur les salaires ». Le gouvernement espérait pouvoir faire des annonces autour du 5 novembre, sans confirmer de coup de pouce au salaire minimum. Une hausse du Smic était envisagée, mais jugée limitée par ses détracteurs et contestée par le Medef, qui estimait qu’elle pèserait sur les entreprises.

Les syndicats présentaient cette journée comme le premier appel interprofessionnel réunissant public et privé depuis plus d’un an. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, a prévenu qu’« une journée ne suffira pas » pour obtenir une augmentation des salaires. FO évoquait déjà d’autres manifestations et la possibilité d’une grève reconductible.

À Paris, l’itinéraire République-Nation remplace le parcours Bastille-Concorde

Le tribunal administratif a rejeté le recours de l’intersyndicale contre l’interdiction du parcours Bastille-Concorde. Les organisations syndicales, lycéennes et étudiantes souhaitaient défiler à proximité de l’Assemblée nationale, de l’Élysée et de Matignon. La préfecture de police a invoqué les impératifs d’ordre public et la prévention des débordements.

Le parcours finalement retenu relie République à Nation. L’intersyndicale a décidé de l’emprunter malgré sa contestation de la méthode préfectorale. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a jugé « pas acceptable » que les cortèges soient éloignés des centres-villes. Sophie Binet, à la tête de la CGT, a dénoncé une « entrave très lourde à la liberté de manifester » et affirmé qu’aucune négociation sérieuse n’avait eu lieu à Paris.

Le même désaccord s’est retrouvé dans plusieurs villes. À Lyon, la justice a confirmé que le cortège ne pourrait pas rejoindre Bellecour et se terminerait à Jean-Macé. À Toulouse, l’intersyndicale a maintenu son itinéraire dans le centre-ville malgré l’interdiction préfectorale. À Strasbourg, un recours devait encore être examiné le jour de la mobilisation.

La bataille des parcours déplace une partie du conflit : la mobilisation porte sur les salaires et le budget, mais sa préparation oppose aussi syndicats et autorités sur la visibilité des cortèges. Le parcours parisien a finalement été autorisé, sans reprendre l’itinéraire voulu par les organisateurs.

Le Yak

TER, écoles et cantines : les perturbations devaient toucher les services du quotidien

La grève devait toucher en premier lieu les transports régionaux et les services scolaires. La SNCF prévoyait un trafic perturbé à fortement perturbé sur plusieurs réseaux TER et sur certains RER et trains franciliens. Un TGV sur dix devait être supprimé, tandis que les grands axes étaient davantage préservés. Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF avaient appelé ensemble à la grève, notamment pour obtenir un rattrapage de l’inflation sur les salaires en 2026.

En Île-de-France, les RER B, C, D et E ainsi que plusieurs lignes de trains de banlieue devaient être affectés. Le trafic était annoncé normal sur le RER A, certains trains et les tramways, bus et câbles de la RATP, à l’exception de 25 stations de métro parisiennes qui devaient fermer à partir de 11 heures à la demande de la préfecture.

Dans les écoles, les effets devaient surtout concerner la restauration et l’accueil périscolaire. Les cantines étaient annoncées fermées à Strasbourg, tandis que plusieurs écoles et services municipaux devaient fonctionner au ralenti dans différentes villes. Le ministère de l’Éducation nationale évaluait à 17,54 % le taux de grévistes attendu dans le premier degré public, avec des prévisions syndicales nettement plus élevées dans certains départements.

70 000 policiers et gendarmes seront déployés face au risque de violences

Le ministère de l’Intérieur a reconduit pour le 5 novembre un dispositif présenté comme comparable à celui du 31 octobre. Laurent Nuñez a annoncé la mobilisation de 70 000 policiers et gendarmes, avec des unités spécialisées et des moyens aériens. Le renseignement territorial classait la journée « à risque » et redoutait des violences ainsi que des dégradations de bâtiments publics.

Le ministre a assuré que la mission première des forces de sécurité serait de permettre aux cortèges de se dérouler pacifiquement, tout en promettant une « réponse d’une extrême fermeté » aux débordements. Le gouvernement disait vouloir protéger les commerçants et les centres-villes.

Les syndicats ont, de leur côté, renforcé leurs services d’ordre. Cette décision intervient après des attaques attribuées à des militants d’extrême droite lors de précédentes mobilisations. Les organisations syndicales ont expliqué vouloir assurer elles-mêmes la sécurité des cortèges, alors que des critiques portent sur la passivité supposée des forces de l’ordre.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, le dispositif de sécurité et la bataille des parcours occupent une place presque aussi visible que les revendications salariales. Les chiffres de 70 000 forces de l’ordre et de 500 000 à 700 000 manifestants attendus structurent fortement le récit de la veille.

Les publications locales rendent surtout la mobilisation concrète par ses effets sur les TER, les écoles, les cantines et les transports urbains. Les mécanismes précis du projet de budget et la portée d’une éventuelle hausse du Smic restent moins développés que les perturbations et le maintien de l’ordre.

Deux cadrages coexistent : une partie de la couverture présente le 5 novembre comme une tentative de convergence entre salariés, jeunes et retraités autour de la vie chère ; une autre le traite principalement comme une journée à risque, à organiser et à sécuriser. Ces deux lectures décrivent la même journée, mais ne donnent pas la même place à ses objectifs sociaux.

Article généré par le Yak

LES SOURCES38 médias · 194 sources

Le Monde 6 articles

Libération 4 articles

Le Parisien 8 articles

L’Humanité 6 articles

Valeurs Actuelles 1 article

La Croix 1 article

HuffPost France 2 articles

20 Minutes 4 articles

Actu.fr 24 articles

Franceinfo 15 articles

BFMTV 24 articles

France 24 1 article

Euronews FR 1 article

RMC 3 articles

TV5MONDE 4 articles

Ouest-France 4 articles

La Dépêche du Midi 7 articles

Le Progrès 6 articles

Le Dauphiné Libéré 6 articles

Nice-Matin 5 articles

L’Est Républicain 7 articles

L’Indépendant 3 articles

Midi Libre 1 article

La Montagne 8 articles

France Bleu 5 articles

DNA 4 articles

Le Républicain Lorrain 3 articles

Vosges Matin 6 articles

L’Alsace 3 articles

JSL 6 articles

Le Bien Public 3 articles

La Nouvelle République 3 articles

Courrier International 1 article

La Dernière Heure 1 article

Agence Anadolu 4 articles

De Tijd 1 article

Le JDD 2 articles

Blast 1 article

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