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MOBILISATION SOCIALE EN FRANCE

Le 5 novembre, la mobilisation sociale est la plus forte de l’automne

Entre 575 000 et 1,6 million de personnes ont manifesté jeudi en France, selon le ministère de l’Intérieur et la CGT. Salariés, lycéens, étudiants et retraités réclamaient des hausses de salaires, des moyens pour les services publics et des réponses à la vie chère. Face à cette mobilisation, Sébastien Lecornu a annoncé une conférence sociale lundi à Matignon.

601 sources · 83 médias · 8 min

La journée nationale de grève et de manifestations du jeudi 5 novembre a réuni des salariés du public et du privé, des lycéens, des étudiants, des retraités et des participants issus des mobilisations contre la vie chère. Plus de 250 rassemblements étaient annoncés dans le pays. Les revendications portaient principalement sur les salaires et le pouvoir d’achat, mais aussi sur les services publics, l’emploi, les conditions d’études et le droit de manifester.

Le bilan de participation reste disputé. Le ministère de l’Intérieur a compté 575 000 manifestants en France, puis près de 600 000 dans une estimation provisoire, tandis que la CGT en a revendiqué près de 1,6 million, dont 350 000 à Paris. Dans les deux décomptes, la journée constitue la plus forte mobilisation de l’automne. Les transports, les établissements scolaires et plusieurs services ont été perturbés, sans empêcher le déroulement de nombreux cortèges dans le calme.

Alors que le mouvement lycéen durait depuis plusieurs semaines et que les syndicats entraient à leur tour dans la mobilisation interprofessionnelle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la réunion, lundi 9 novembre à Matignon, d’une « conférence sociale » avec les organisations syndicales et patronales. L’objectif affiché est d’apporter des réponses aux questions de pouvoir d’achat et de salaires.

La convergence entre lycéens et salariés se voit dans les cortèges, pas dans les chiffres des blocages

La journée du 5 novembre devait donner corps à une convergence entre le mouvement lycéen, les étudiants et les salariés. Les organisations syndicales avaient appelé à rejoindre les jeunes mobilisés depuis la rentrée autour des salaires, des services publics et des conditions d’éducation. Dans les cortèges, cette jonction a été visible à Marseille, à La Rochelle, à Grenoble, à Tours et dans de nombreuses villes où lycéens, actifs et retraités ont défilé ensemble.

La mobilisation dans les établissements scolaires fait toutefois l’objet de décomptes très différents. Matignon a recensé 81 lycées bloqués, soit 2,2 % des quelque 3 700 établissements, tandis que l’Union syndicale lycéenne évoquait environ 1 000 lycées « à l’arrêt », en incluant les établissements bloqués et ceux fermés administrativement. Dans le secondaire, le SNES-FSU a annoncé 52 % de grévistes parmi les personnels qu’il représente.

Cette participation commune ne règle pas la question de la suite. Certains lycéens disent vouloir maintenir les blocages, tandis que des parents s’inquiètent de semaines de cours perturbées. À Créteil, à Saint-Denis, à Marseille ou dans la métropole lyonnaise, des élèves et des familles se demandent désormais comment prolonger la mobilisation sans aggraver ses conséquences scolaires.

À Paris, Toulouse et Lyon, les autorités limitent les parcours des cortèges

Dans plusieurs grandes villes, le tracé des cortèges a été décidé au terme d’un bras de fer entre les syndicats et les autorités. À Paris, l’intersyndicale et les organisations de jeunesse voulaient partir de Bastille pour rejoindre la Concorde. La préfecture a interdit ce parcours en invoquant un contexte social tendu. Le tribunal administratif a validé l’itinéraire alternatif entre République et Nation, que les syndicats ont finalement accepté.

À Toulouse, le tribunal administratif a confirmé l’interdiction du parcours entre Saint-Cyprien et le centre-ville. La préfecture n’autorisait qu’une boucle au départ et à l’arrivée des Arènes, mais l’intersyndicale a maintenu son appel depuis Saint-Cyprien. Le cortège a été bloqué au pont des Catalans après des charges et des tirs de gaz lacrymogènes. À Lyon, les recours contre l’interdiction d’une arrivée dans le centre-ville ont également été rejetés, le cortège étant organisé entre la Manufacture des Tabacs et la place Jean-Macé.

Le dispositif de sécurité comptait 70 000 policiers et gendarmes dans le pays. À Paris, des contrôles ont été renforcés autour des gares et des péages, tandis que certaines stations de métro et de RER ont été fermées à la demande de la préfecture. Les syndicats ont dénoncé des décisions tardives et des parcours éloignés des centres-villes ; les autorités ont défendu des itinéraires destinés à limiter les violences.

Incendie d’un lycée près de Toulouse et heurts à Lyon : des incidents en marge des cortèges

À Tournefeuille, près de Toulouse, des personnes cagoulées ont pénétré dans le lycée Marie-Louise Dissard-Françoise en début de matinée et déclenché un incendie après des tirs de mortier. Le local de la vie scolaire a été détruit et l’établissement a été évacué ; aucun blessé n’a été signalé. Le rectorat et les responsables locaux ont condamné les faits et annoncé des suites judiciaires.

D’autres incidents ont marqué la journée. À Lyon, des affrontements ont opposé des groupes de manifestants aux forces de l’ordre, qui ont utilisé des gaz lacrymogènes et procédé à des charges. À La Courneuve, un adolescent de 16 ans a été blessé à l’arme blanche par un autre élève en marge d’un blocage ; le suspect a été interpellé. À Strasbourg, un mannequin géant représentant un CRS a été incendié à la fin de la manifestation, ce qui a conduit le ministre de l’Intérieur à demander une saisine de la justice.

Ces épisodes ont coexisté avec des cortèges décrits comme calmes ou festifs dans plusieurs villes. À Paris, la dispersion a toutefois été tendue en soirée, après une arrivée du cortège à Nation dans le calme. Une étude portant sur près d’un million de vidéos publiques a par ailleurs conclu à un rôle « très limité » de TikTok dans la coordination des violences, contrairement à certaines déclarations gouvernementales.

Les syndicats réclament 100 euros nets sur le Smic et des hausses pour tous les salaires

La hausse des salaires est le point de convergence le plus concret des revendications syndicales. La CFDT demande une augmentation de 100 euros nets par mois pour le Smic et des négociations dans les branches pour les autres rémunérations. La CGT réclame une hausse substantielle du salaire minimum ainsi que l’indexation des salaires sur l’inflation. Plusieurs syndicats jugent insuffisante l’hypothèse d’une revalorisation limitée à 0,5 ou 0,6 %.

Le débat porte aussi sur la perte de pouvoir d’achat. Le pouvoir d’achat par unité de consommation a reculé de 0,7 % en 2025 et pourrait encore baisser de 0,6 % en 2026 si la tendance observée au deuxième trimestre se poursuit, selon l’Insee. Les dépenses pré-engagées représentent environ 30 % du revenu disponible brut des ménages, contre 13,5 % au début des années 1960, ce qui contribue à l’écart entre les moyennes statistiques et le ressenti des ménages.

C’est dans ce contexte que Matignon a annoncé la conférence sociale du 9 novembre avec les syndicats et le patronat. L’annonce ouvre une séquence de négociation, mais elle ne constitue pas encore une décision sur le Smic ni sur les salaires. Les organisations syndicales ont demandé une réponse rapide et continuent de réclamer des mesures qui concernent l’ensemble des rémunérations.

La conférence sociale ouvre une négociation, mais ne change pas encore les salaires : les syndicats demandent une hausse immédiate des rémunérations, tandis que le gouvernement a seulement fixé un rendez-vous avec les partenaires sociaux.

Le Yak

La grève ferme la tour Eiffel et perturbe les transports sans paralyser le pays

La grève a produit des effets visibles dans plusieurs secteurs, mais les perturbations sont restées variables. La tour Eiffel a été fermée toute la journée, l’exploitant indiquant que les effectifs disponibles ne permettaient pas d’assurer l’ouverture dans des conditions normales de sécurité et d’accueil. Certaines salles du Louvre ont également été exceptionnellement fermées.

Dans les transports, les lignes ferroviaires régionales et les réseaux urbains ont été touchés, avec des fermetures ponctuelles de stations à Paris et des perturbations importantes à Lyon. Dans le ferroviaire, neuf TGV sur dix ont circulé et environ deux tiers de l’offre habituelle ont été assurés sur les trains régionaux et les trains d’équilibre du territoire, selon les chiffres communiqués par le ministre des Transports.

L’Éducation nationale a également été affectée. Le ministère a évalué à un peu moins de 18 % la grève dans le premier degré et à un peu plus de 15 % la participation des personnels enseignants dans les données officielles, tandis que le SNES-FSU annonçait un taux bien supérieur dans le second degré. Ces écarts illustrent une journée fortement visible dans l’espace public, mais dont les effets ont varié selon les secteurs et les territoires.

Raphaël Glucksmann quitte le cortège parisien après des huées

Raphaël Glucksmann n’a pas pu défiler dans le cortège parisien. Le candidat social-démocrate à la présidentielle est resté près d’une heure place de la République, accueilli par des huées et des slogans hostiles de militants de la gauche radicale. Son équipe a invoqué la présence de groupes vêtus de noir et un signalement de la préfecture pour expliquer son départ.

Le candidat a affirmé que cette hostilité ne le ferait pas renoncer à sa présence dans les mobilisations. Il a déclaré vouloir soutenir les revendications des travailleurs, l’augmentation du Smic et la défense des services publics. Sa présence constituait un test politique, après plusieurs semaines durant lesquelles il s’était tenu éloigné des cortèges.

La scène a donné une dimension politique supplémentaire à une journée dominée par les revendications salariales. Elle a aussi montré les difficultés des formations de gauche à partager un même espace militant, alors que plusieurs responsables politiques, dont Marine Tondelier et Jean-Luc Mélenchon, ont rejoint les manifestations.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, le duel des chiffres domine nettement le récit : 575 000 à 600 000 manifestants selon les autorités, 1,6 million selon la CGT. Cette opposition donne une mesure immédiate de la mobilisation, mais laisse davantage en retrait les taux de grévistes, les effets variables dans les services et la différence entre cortèges nombreux et travail effectivement interrompu.

Le traitement accorde une forte visibilité aux scènes les plus concrètes — incendie d’un lycée, charges policières, fermeture de la tour Eiffel ou départ forcé de Raphaël Glucksmann. En parallèle, les revendications salariales sont souvent ramenées à la question du Smic, alors que les syndicats demandent aussi des augmentations dans les branches, des moyens pour les services publics et une réponse aux dépenses contraintes.

Deux cadrages coexistent. Les reportages locaux décrivent des cortèges intergénérationnels, musicaux et souvent calmes, tandis qu’une partie des titres nationaux et internationaux insiste sur les affrontements, les restrictions de parcours et le dispositif policier. La journée apparaît ainsi à la fois comme une mobilisation sociale de grande ampleur et comme une séquence de maintien de l’ordre.

Article généré par le Yak

LES SOURCES83 médias · 601 sources

Le Monde 19 articles

Le Figaro 9 articles

Libération 13 articles

Le Parisien 32 articles

Le Nouvel Obs 5 articles

L’Express 1 article

L’Humanité 52 articles

La Croix 5 articles

HuffPost France 9 articles

20 Minutes 11 articles

Actu.fr 34 articles

Franceinfo 38 articles

BFMTV 74 articles

France 24 16 articles

Euronews FR 4 articles

RMC 19 articles

TV5MONDE 7 articles

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Ouest-France 6 articles

La Dépêche du Midi 10 articles

Le Progrès 15 articles

Le Dauphiné Libéré 10 articles

Nice-Matin 12 articles

L’Indépendant 9 articles

Midi Libre 8 articles

La Montagne 20 articles

France Bleu 5 articles

DNA 4 articles

Le Républicain Lorrain 6 articles

Vosges Matin 8 articles

L’Alsace 6 articles

JSL 9 articles

Le Bien Public 12 articles

La Nouvelle République 15 articles

La Nouvelle République des Pyrénées 1 article

Courrier International 5 articles

RFI 4 articles

Mediapart 3 articles

Le Temps 1 article

La Libre 2 articles

La Dernière Heure 3 articles

RTS 1 article

Radio-Canada 3 articles

LaPresse 2 articles

Le Devoir 1 article

Agence Anadolu 11 articles

BBC News 1 article

The Guardian 1 article

Financial Times 1 article

The New York Times 1 article

CBC News 1 article

The Globe and Mail 1 article

Al Jazeera English 2 articles

South China Morning Post 1 article

Channel NewsAsia 1 article

Folha de S.Paulo 1 article

Daily Maverick 1 article

El País 1 article

La Vanguardia 2 articles

Die Zeit 3 articles

Frankfurter Allgemeine Zeitung 3 articles

De Standaard 1 article

De Tijd 2 articles

de Volkskrant 2 articles

The Irish Times 2 articles

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Der Standard 1 article

Dagens Nyheter 1 article

Aftenposten 1 article

Gazeta Wyborcza 2 articles

Hospodářské noviny 1 article

Telex 1 article

Adevărul 2 articles

Kathimerini 1 article

El Tiempo 1 article

La Tercera 1 article

The National 1 article

The Times of Israel 1 article

Dawn 2 articles

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Basta! 2 articles

StreetPress 1 article

Le JDD 4 articles

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