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CRISE BANCAIRE AU PARAGUAY

Santiago Peña annonce son départ sur fond de crise chez Ueno Bank

Le président paraguayen a annoncé sa démission alors que la Banque centrale avait placé Ueno Bank sous tutelle et que les députés débattaient de sa destitution. Les dépôts des clients, temporairement gelés, restaient au centre de la crise.

67 sources · 36 médias · 4 min

Santiago Peña a annoncé sa démission de la présidence du Paraguay, jeudi 5 novembre, alors que les députés débattaient d’une procédure de destitution contre lui. Cette annonce est intervenue quarante-huit heures après la mise sous tutelle d’Ueno Bank par la Banque centrale du Paraguay, dans le cadre d’une crise de solvabilité qui a temporairement privé ses clients de l’accès à leurs dépôts.

Ueno Bank revendique 2,94 millions de clients. Devenue l’un des principaux acteurs financiers du pays, elle était liée par le passé à Santiago Peña, qui détenait jusqu’à l’année précédente des actions dans sa société mère. L’opposition l’accusait de mauvais exercice de ses fonctions et de conflit d’intérêts. Peña a justifié son départ par la stabilité du pays, la paix sociale et la préservation des institutions démocratiques. Son vice-président, Pedro Alliana, était appelé à lui succéder, tandis que les épargnants attendaient de récupérer leurs fonds.

À Asunción, les clients d’Ueno Bank réclament la restitution de leurs économies

La mise sous tutelle d’Ueno Bank a rapidement pris une dimension sociale. Des centaines de personnes ont manifesté à Asunción devant des agences de la banque, puis aux abords du Parlement, pour réclamer la restitution de leurs économies et la démission de Santiago Peña. Des heurts ont opposé des manifestants à la police, qui a utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes.

« J’ai perdu les économies de toute ma vie », a témoigné une cliente citée dans la couverture de la crise. Nadia González a expliqué que la banque avait approuvé un prêt destiné à l’achat de sa première maison sans jamais verser l’argent. Reinaldo Gómez, vendeur ambulant, disait être « sans argent » et devoir attendre qu’une autre banque lui soit désignée pour récupérer ses fonds.

Le Parlement a adopté une loi expresse prévoyant de premiers versements aux épargnants lésés. Ces avances pouvaient atteindre 40 salaires mensuels minimum, soit 121 millions de guaranis, près de 20 000 dollars. La Banque centrale a parallèlement assuré que le système financier national conservait des niveaux adéquats de solvabilité et de liquidité.

Huit cadres d’Ueno Bank détenus dans une enquête sur une vente présumée de crédits

La crise bancaire a déclenché une enquête pénale visant les responsables d’Ueno Bank. Huit cadres de l’établissement ont été placés en détention provisoire et des poursuites ont été engagées contre une vingtaine d’autres personnes.

Le ministère public affirme qu’Ueno a simulé la vente d’un portefeuille de crédits d’entreprises liées à la banque pour plus de 74,4 millions de dollars, avec de l’argent provenant de l’établissement lui-même. Cette accusation s’ajoute aux interrogations sur la croissance rapide de la banque, sur les fonds publics qui y étaient déposés et sur les liens passés de Santiago Peña avec sa société mère.

La crise a aussi entraîné le départ de Carlos Carvallo, président de la Banque centrale. Il avait auparavant dirigé Ueno et a démissionné après la mise sous tutelle de l’établissement, à la demande du président Peña.

Une partie du Parti Colorado soutient la destitution de Peña

La procédure de destitution engagée contre Santiago Peña a reçu le soutien d’une grande partie de son propre camp. Les députés du Parti Colorado, majoritaire à la Chambre, ont participé au mouvement alors que l’opposition l’accusait de mauvais exercice de ses fonctions et de conflit d’intérêts.

Alejandro Aguilar, député du Colorado, a estimé que le remboursement en cours des épargnants n’effaçait ni les faits ni le tort causé au peuple paraguayen et au système financier. Il a jugé que Peña avait perdu la légitimité nécessaire pour gouverner. Dans l’opposition, Enrique Buzarquis a dénoncé « la pire arnaque de l’histoire du Paraguay » et demandé que le président ne reste pas en fonction.

Le départ annoncé par Peña ne mettait pas fin à la bataille institutionnelle. Son acceptation par le Parlement faisait débat, car une démission pouvait lui permettre de conserver son immunité en devenant sénateur à vie, tandis qu’une destitution aurait ouvert la voie à un procès politique. Pedro Alliana, vice-président appelé à assurer la succession, était lui aussi visé dans le scandale, mais la procédure engagée contre lui a été rejetée.

L’annonce de la démission n’a donc pas clos la crise institutionnelle : elle a déplacé le conflit vers le statut juridique du départ, alors même que des députés du Parti Colorado soutenaient la procédure de destitution. Le président ne disposait plus du même appui politique pour gouverner.

Le Yak

Médianalyse du Yak

La couverture est fortement personnalisée autour de Santiago Peña : son départ annoncé, ses liens passés avec Ueno et la menace de destitution dominent les récits. La situation des épargnants fournit le principal ancrage concret, avec des comptes gelés, des manifestations et des témoignages sur l’argent devenu inaccessible.

Les éléments techniques de la crise restent davantage en retrait dans les traitements les plus généralistes. L’enquête sur la vente présumée de crédits pour 74,4 millions de dollars, les fonds publics déposés à la banque et le rôle passé du président de la Banque centrale apparaissent surtout dans les publications consacrées au fonctionnement financier ou à la chronologie du scandale. La couverture oscille ainsi entre une crise vécue par les clients et une crise institutionnelle centrée sur la chute annoncée du président.

Article généré par le Yak

LES SOURCES36 médias · 67 sources

Le Monde 1 article

Le Figaro 2 articles

Libération 1 article

L’Humanité 1 article

La Croix 1 article

Franceinfo 2 articles

France 24 1 article

Euronews FR 2 articles

TV5MONDE 2 articles

La Libre 1 article

RTS 1 article

LaPresse 1 article

Agence Anadolu 1 article

The Guardian 1 article

NPR 1 article

CBC News 1 article

Al Jazeera English 2 articles

South China Morning Post 1 article

Folha de S.Paulo 11 articles

La Nación Argentina 14 articles

El País 1 article

La Vanguardia 1 article

Público 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 2 articles

La Repubblica 1 article

De Standaard 1 article

NRC 1 article

The Irish Times 1 article

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Der Standard 1 article

Aftenposten 1 article

Telex 1 article

Adevărul 1 article

Vanguardia 1 article

El Tiempo 1 article

La Tercera 3 articles

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