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MOBILISATION SOCIALE

Après la mobilisation du 5 novembre, Matignon convoque une conférence sociale

Entre 575 000 manifestants selon les autorités et 1,6 million selon la CGT ont défilé jeudi pour les salaires et le pouvoir d’achat. Sébastien Lecornu doit réunir syndicats et patronat lundi 9 novembre, tandis que de nouvelles actions sont annoncées samedi.

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La journée de grève et de manifestations du jeudi 5 novembre a réuni 575 000 personnes selon le ministère de l’intérieur et 1,6 million selon la CGT, dans 193 cortèges à travers la France. L’intersyndicale, rejointe dans de nombreuses villes par des lycéens, des étudiants, des « gilets jaunes » et des agriculteurs, réclamait des hausses de salaires et des réponses à la vie chère.

Dans la soirée, le premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué les syndicats et les organisations patronales à une « conférence sociale », prévue lundi 9 novembre à Matignon. Le gouvernement a laissé entendre qu’une revalorisation anticipée du Smic pouvait être discutée, sans reprendre à ce stade les montants demandés par les syndicats.

La mobilisation doit se poursuivre samedi 7 novembre. Des organisations de jeunesse, des syndicats et des « gilets jaunes » appellent à manifester, tandis que l’intersyndicale doit décider de la suite du mouvement après le rendez-vous de Matignon.

Le gouvernement avance un Smic à 1 500 euros, loin des demandes syndicales

Le gouvernement prépare une réponse sur les salaires avant la réunion de lundi. Le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, a jugé « important » d’essayer de franchir la barre des 1 500 euros net mensuels pour le Smic, fixé à 1 477,93 euros net.

L’exécutif envisage aussi un décret destiné à pousser les branches dont les minima salariaux sont inférieurs au Smic à renégocier leurs grilles. Cette situation entraîne un tassement des rémunérations au bas de l’échelle salariale.

Les syndicats attendent davantage. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, réclame une hausse de 100 euros net mensuels du Smic. D’autres organisations syndicales avancent des demandes allant jusqu’à 150 euros par mois. L’intersyndicale a prévenu que la poursuite de la mobilisation dépendrait des réponses apportées lundi.

La conférence sociale porte sur les salaires et le pouvoir d’achat, mais l’intersyndicale souligne que les jeunes et les fonctionnaires, pourtant présents dans les cortèges, n’ont pas de rendez-vous spécifique. Le dispositif de dialogue ne couvre donc pas toutes les composantes de la mobilisation.

Le Yak

70 000 policiers et gendarmes mobilisés pour les rassemblements du 7 novembre

Le ministère de l’intérieur reconduit samedi un dispositif de 70 000 policiers et gendarmes sur l’ensemble du territoire. Laurent Nuñez invoque des appels aux blocages, à la violence et à des rassemblements sans organisateur structuré, qu’il juge plus difficiles à encadrer.

À Paris, la préfecture de police a validé le parcours déclaré par l’intersyndicale entre les places de la République et de la Nation. Les « gilets jaunes » ont maintenu de leur côté leur appel à se rassembler place de la Concorde, malgré l’interdiction préfectorale. Leur avocat, David Libeskind, a présenté ce lieu comme un espace proche de l’Assemblée nationale et donc des centres de pouvoir.

Des arrêtés ont également limité ou interdit des rassemblements dans plusieurs centres-villes. Le ministre de l’intérieur a annoncé des contrôles sur les axes routiers et ferroviaires ainsi que dans les gares. Lors de la journée du 5 novembre, 642 personnes ont été interpellées, selon Laurent Nuñez.

Les blocages de lycées opposent revendications sur les conditions d’étude et sanctions

Le mouvement lycéen mêle revendications sur les conditions d’étude et actions de blocage. Le gouvernement a comptabilisé 81 établissements bloqués jeudi 5 novembre, tandis que l’Union syndicale lycéenne a avancé le chiffre de près d’un millier de lycées « à l’arrêt », en incluant ceux fermés administrativement.

Le ministre de l’éducation nationale, Édouard Geffray, qualifie les entraves à l’accès aux salles de cours d’« illégales » et promet des sanctions. Plusieurs blocages ont été marqués par des violences ou des dégradations : une porte de lycée a été incendiée à Lyon, tandis que deux élèves de 16 ans ont été mis en examen dans l’enquête sur l’incendie du hall du lycée Nelson-Mandela à Nantes, survenu le 1er octobre.

Les revendications ne se limitent pas aux blocages. L’état des sanitaires est devenu un grief récurrent dans plusieurs établissements. Des élèves dénoncent l’absence de portes, de savon ou de papier. Au lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, une mère a expliqué que sa fille rentrait chez elle à midi pour aller aux toilettes. Le ministère a identifié 200 lycées prioritaires pour l’amélioration du bâti.

Des présidents d’université réclament un milliard d’euros et des états généraux de la jeunesse

Une trentaine de présidents et vice-présidents d’université d’Île-de-France ont défilé vendredi 6 novembre du Sénat vers Matignon. Leur collectif, qui regroupait notamment des représentants de la Sorbonne, d’Assas, de la Sorbonne-Nouvelle et de Paris-Saclay, réclame une « action urgente » de l’État.

Ils demandent le déblocage d’un milliard d’euros pour leurs établissements et l’organisation d’états généraux de la jeunesse. Leur alerte porte aussi sur les conséquences du mouvement pour les étudiants : « Nous avons des étudiants qui sont déscolarisés », ont-ils déclaré.

Cette démarche intervient alors que l’intersyndicale reproche à Matignon de ne pas avoir prévu de rendez-vous spécifique pour les jeunes et les fonctionnaires dans le cadre de la conférence sociale.

Des blessés et des journalistes relancent la contestation du maintien de l’ordre

Les avocats d’au moins 18 personnes blessées lors des mobilisations sociales depuis la mi-septembre ont annoncé leur intention de saisir la Cour de justice de la République contre le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez. Leur plainte collective doit être déposée dans les trois semaines, selon Me Arié Alimi.

Les conseils des blessés mettent en cause les ordres relatifs à l’usage de grenades, de lanceurs de balles de défense et d’autres armes de maintien de l’ordre qu’ils jugent mutilantes. Laurent Nuñez défend pour sa part des interventions menées, selon lui, dans « la plus grande proportionnalité » et dit ne renoncer à aucun moyen intermédiaire.

La contestation porte aussi sur les conditions de travail de la presse. L’AFP a dénoncé des violences commises contre plusieurs de ses journalistes, dont un photographe blessé à Lyon le 5 novembre et victime d’une fracture de la fibula. Reporters sans frontières avait recensé, avant cette journée, 58 entraves à la couverture des mobilisations, dont 40 attribuées à des membres des forces de l’ordre.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, la séquence du 5 novembre se partage entre l’ampleur des cortèges et leur encadrement sécuritaire. Les chiffres de participation, le dispositif de 70 000 policiers et gendarmes annoncé pour samedi, les interdictions de rassemblement et les interpellations occupent une place très visible, tandis que les modalités précises des mesures salariales restent davantage traitées dans les articles consacrés à la conférence sociale.

Le mouvement lycéen reçoit deux cadrages nettement distincts. Une partie des publications insiste sur les incendies, les blocages et les sanctions annoncées ; d’autres mettent au premier plan la vétusté des établissements, le manque de moyens ou l’état des sanitaires. Ces deux dimensions coexistent, mais ne donnent pas la même lecture de la mobilisation des élèves.

Les violences de maintien de l’ordre deviennent un axe autonome de la séquence, porté à la fois par la plainte annoncée contre le ministre de l’intérieur et par les signalements de journalistes blessés. La visibilité de cas individuels précis, comme la fracture de la fibula d’un photographe de l’AFP ou les plaintes de reporters, donne une matérialité particulière à cette controverse.

Article généré par le Yak

LES SOURCES52 médias · 246 sources

Le Monde 13 articles

Le Figaro 10 articles

Libération 7 articles

Le Parisien 15 articles

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France 24 5 articles

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Le Bien Public 4 articles

La Nouvelle République 1 article

La 1ère 1 article

Courrier International 1 article

RFI 1 article

Mediapart 1 article

La Libre 1 article

La Dernière Heure 2 articles

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Al Jazeera English 1 article

The Hindu 1 article

El País 1 article

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