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PRÉSIDENTIELLE 2027

Au Bourget, Mélenchon lance sa campagne présidentielle sur une ligne de rupture

Devant plus de 20 000 sympathisants, chiffre revendiqué par La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon a présenté la nouvelle version de « L’Avenir en commun » et refusé de modérer sa ligne. Il veut faire de ce meeting le premier acte d’une campagne tournée vers la « Nouvelle France ».

107 sources · 40 médias · 6 min

Jean-Luc Mélenchon a lancé officiellement sa campagne pour l’élection présidentielle de 2027 samedi 7 novembre au Bourget, en Seine-Saint-Denis. La France insoumise y a présenté la nouvelle version de son programme, « L’Avenir en commun », publiée la veille et forte de 1 069 propositions, dont 238 nouvelles. LFI revendique plus de 20 000 participants ; plusieurs récits décrivent une salle comble et une forte mobilisation militante.

Le candidat insoumis a placé son intervention sous le signe de la rupture. « Je n’ai qu’une chose raisonnable à vous proposer : il faut tout changer », a-t-il déclaré en défendant une « Nouvelle France » et une transformation profonde des institutions, de l’économie et des politiques publiques. Il a aussi rejeté les appels à se montrer moins clivant : « Mettre de l’eau dans mon vin ? Je ne le ferai pas. »

Le meeting renforce la visibilité de Mélenchon à gauche, dans un espace politique disputé. Les attaques venues de la droite et du Rassemblement national, la contestation de militants et la sanction politique de plusieurs élus communistes ayant annoncé leur soutien au candidat insoumis ont rappelé les oppositions à sa ligne. Le rassemblement a ainsi servi à présenter le programme et à affirmer une candidature qui entend rassembler autour d’elle sans ouvrir, à ce stade, sa ligne aux autres forces de gauche.

LFI place l’écologie en tête d’un programme de 1 069 mesures

La nouvelle édition de « L’Avenir en commun » place pour la première fois l’écologie en tête des thématiques présentées. Le programme compte 1 069 mesures, dont 238 nouvelles, et associe la réponse à la crise écologique à une transformation générale du pays.

Parmi les propositions mises en avant figure la création d’« écorégions », définies notamment à partir des bassins versants des fleuves. Cette réforme territoriale est présentée comme un moyen de réorganiser l’action publique autour des réalités écologiques. Elle divise toutefois les géographes, selon l’analyse consacrée à cette mesure.

Le programme associe cette priorité écologique à un ensemble de mesures sociales et économiques. Son chiffrage complet n’a pas été communiqué au moment de sa présentation. Des analyses du texte relèvent également un contre-budget limité à 2027 et une stratégie de dette dépendante de la Banque centrale européenne.

Au Bourget, Mélenchon mise sur la mobilisation sans atténuer ses positions

La France insoumise a conçu le rendez-vous du Bourget comme une démonstration de force militante. La scénographie, les prises de parole et les slogans ont accompagné la présentation du programme devant environ 20 000 sympathisants. « On va gagner ! », ont scandé à plusieurs reprises les participants, tandis que le candidat affirmait vouloir poursuivre sa campagne sans atténuer ses positions.

Mélenchon s’est adressé en particulier à la jeunesse et a présenté le rassemblement comme le début d’un changement politique majeur. Il a refusé de répondre aux pronostics qui le donnent perdant dans un éventuel second tour face à Marine Le Pen et a revendiqué une ligne « clivante ».

Cette mobilisation a été perturbée par des militants du collectif « Nous Vivrons ». L’épisode rappelle que l’unité militante affichée autour du candidat coexiste avec des oppositions à sa ligne et à sa candidature.

Le Bourget remplit donc deux fonctions à la fois : la foule sert de preuve de capacité de mobilisation, tandis que le refus de modérer le programme sert de preuve de cohérence politique. Mélenchon cherche ainsi à répondre à la question de la crédibilité sans abandonner le ressort central de sa campagne : la rupture.

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VIe République et sortie de l’Otan : les ruptures institutionnelles et internationales de LFI

Le programme de Jean-Luc Mélenchon ne se limite pas aux mesures sociales et écologiques. Il propose une VIe République organisée autour de la « souveraineté populaire permanente », avec un référendum populaire et la possibilité de révoquer des élus. LFI présente cet ensemble comme un moyen de rendre le pouvoir au peuple et d’abolir les privilèges de la « caste » dirigeante.

Sur le plan international, le candidat affirme que la France ne serait plus membre de l’Otan s’il était élu. Il prévoit de mettre fin à la mise en commun avec les équipements militaires américains et défend également le désarmement nucléaire, région par région. Le volet international prévoit par ailleurs une opposition frontale aux institutions européennes.

Mélenchon a aussi déclaré vouloir, si nécessaire, faire escorter par des navires français des flottilles en direction de la Palestine et agir contre l’annexion de territoires palestiniens. Ces propositions prolongent la rupture affichée au Bourget au-delà du cadre institutionnel français.

Marine Le Pen et Édouard Philippe attaquent le programme de Mélenchon

Marine Le Pen a qualifié le programme de La France insoumise de « projet de démantèlement de la France ». Elle a ciblé notamment le rétablissement du droit du sol intégral, le désarmement des polices municipales, le démantèlement de la brigade anticriminalité, la décroissance et la fermeture progressive des centrales nucléaires.

Jean-Luc Mélenchon lui a répondu en contestant ce cadrage. Il l’a accusée de se concentrer sur l’immigration et la police plutôt que sur les propositions sociales de LFI, comme la retraite à 60 ans, la hausse du smic ou le blocage des prix. Il a aussi lancé que le RN était « presque du Édouard Philippe ».

Le candidat Horizons a, de son côté, dénoncé la « vision communautariste » de Jean-Luc Mélenchon. Il a estimé qu’un duel entre le RN et LFI conduirait à « une France dans laquelle on aurait les deux et durablement ». Le meeting a ainsi alimenté le face-à-face entre les deux pôles que plusieurs responsables cherchent à installer dans la campagne.

Le soutien de députés communistes à Mélenchon provoque une rupture avec le PCF

Quatre députés communistes, dont Stéphane Peu, Elsa Faucillon et Soumya Bourouaha, ont annoncé leur soutien à Jean-Luc Mélenchon. Cinq élus ultramarins appartenant au même groupe parlementaire ont également fait ce choix. Leur décision est notamment justifiée par la crainte d’une victoire de Marine Le Pen.

Le Conseil national du Parti communiste français a répondu que tout adhérent soutenant un autre candidat que Fabien Roussel se mettait « de lui-même en dehors du parti et de ses instances ». Les militants communistes avaient voté à 72 % en septembre pour soutenir la candidature de leur secrétaire national, qui reste lui-même candidat à l’élection présidentielle.

Cette décision rend visible la concurrence entre la dynamique de LFI et les candidatures autonomes du PCF et des écologistes. À gauche, plusieurs formations cherchent encore à préserver leur propre candidature, tandis que des élus et des militants envisagent un ralliement à Mélenchon. L’entourage de Raphaël Glucksmann affirme pour sa part vouloir miser sur le temps long et préparer son propre rendez-vous de campagne.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, la démonstration de force domine nettement : salle comble, chiffre de 20 000 participants, slogans et affirmation de victoire reviennent plus souvent que les détails du programme. Le meeting est d’abord traité comme un événement de campagne et comme un indicateur de dynamique.

Un autre cadrage coexiste avec cette lecture événementielle. Certaines publications détaillent les « écorégions », la santé, la VIe République ou la sortie de l’Otan, tandis que d’autres privilégient la confrontation avec Marine Le Pen, Édouard Philippe et le reste de la gauche. La couverture oscille ainsi entre la matérialité d’un programme de 1 069 mesures et la personnalisation du rapport de force autour de Mélenchon.

Article généré par le Yak

LES SOURCES40 médias · 107 sources

Le Monde 3 articles

Le Figaro 2 articles

Libération 5 articles

Le Parisien 3 articles

Le Nouvel Obs 4 articles

L’Express 1 article

L’Humanité 1 article

La Croix 2 articles

Atlantico 1 article

HuffPost France 2 articles

20 Minutes 1 article

Franceinfo 6 articles

BFMTV 16 articles

France 24 6 articles

Euronews FR 1 article

TV5MONDE 2 articles

Public Sénat 1 article

Ouest-France 1 article

La Dépêche du Midi 3 articles

Le Progrès 4 articles

Le Dauphiné Libéré 4 articles

L’Est Républicain 4 articles

Midi Libre 2 articles

La Montagne 1 article

DNA 1 article

Le Républicain Lorrain 4 articles

Vosges Matin 4 articles

JSL 4 articles

Le Bien Public 4 articles

La Nouvelle République 1 article

Courrier International 1 article

Mediapart 2 articles

La Libre 1 article

RTS 1 article

Agence Anadolu 1 article

Al Jazeera English 2 articles

Die Zeit 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 1 article

De Tijd 1 article

Le JDD 2 articles

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