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CRISE POLITIQUE ET BANCAIRE AU PARAGUAY

La mise sous tutelle d’Ueno Bank entraîne la destitution de Santiago Peña

Destitué par le Sénat après l’intervention de la Banque centrale contre Ueno Bank, Santiago Peña a été placé sous surveillance puis poursuivi par la justice. Son vice-président Pedro Alliana lui a succédé en promettant d’indemniser les épargnants, tandis que près de trois millions de clients restaient privés d’accès à leurs dépôts.

79 sources · 43 médias · 5 min

Le Paraguay a changé de président après la mise sous tutelle pour insolvabilité d’Ueno Bank, une banque numérique utilisée par près de trois millions de clients, soit environ la moitié de la population du pays. Le gel des dépôts a déclenché une crise politique : Santiago Peña, président depuis 2023, a été accusé d’avoir favorisé les intérêts de l’établissement et de ne pas avoir empêché l’utilisation irrégulière de fonds publics. Le Sénat l’a reconnu coupable de « mauvais exercice de ses fonctions » et l’a destitué à l’unanimité vendredi 6 novembre.

Pedro Alliana, jusque-là vice-président, a été investi dans la foulée pour achever le mandat jusqu’en 2028. Santiago Peña, d’abord assigné à résidence puis transféré dans une installation militaire pour des raisons de sécurité, a été inculpé pour abus de confiance, trafic d’influence et gestion à des fins personnelles. La justice a ensuite ordonné son placement en détention provisoire. Les accusations portent notamment sur ses liens passés avec la holding propriétaire d’Ueno et sur le transfert présumé de fonds de retraites vers une banque proche du pouvoir.

Ueno Bank bloque les dépôts de près de trois millions de clients

La crise a commencé avec la décision de la Banque centrale du Paraguay de placer Ueno Bank sous tutelle pour insolvabilité. L’intervention a gelé les dépôts de près de trois millions de clients, mais aussi ceux d’entreprises, d’institutions et de fonds de pension. Des fonds liés aux retraites des fonctionnaires et aux salariés paraguayens d’Itaipu figuraient parmi les sommes exposées, pour des montants évalués respectivement à environ 60 millions de dollars et 100,692 milliards de guaranis dans les éléments rapportés.

La Banque centrale a ensuite commencé à activer la garantie des dépôts. Les premiers versements concernaient les clients disposant de dépôts compris entre 1 et 10 millions de guaranis. Le nombre de bénéficiaires a augmenté au fil de la séquence : environ 700 000 personnes étaient annoncées comme remboursées dans un premier bilan, puis la Banque centrale a fait état de près de 1,2 million de clients ayant récupéré leurs fonds. Ces chiffres correspondent à des étapes différentes de l’indemnisation, et non à deux bilans définitifs concurrents.

Après une démission refusée, Peña perd son immunité avec la destitution

Santiago Peña avait présenté sa démission avant le vote du Sénat. Le Parlement l’a refusée, ouvrant la voie au procès en destitution. Cette décision a eu une conséquence judiciaire directe : une démission acceptée aurait fait de l’ancien président un sénateur à vie, avec l’immunité prévue par la Constitution pour les ex-chefs de l’État.

Les sénateurs ont finalement voté à l’unanimité sa destitution, en mettant en cause ses liens avec Ueno Bank et sa gestion des fonds publics. La procureure Silvia Margarita González Vester a annoncé l’ouverture de poursuites pour abus de confiance, trafic d’influence et administration à des fins personnelles. Peña, absent lors de l’audience parlementaire, a ensuite comparu devant le parquet. Son avocat a contesté la détention provisoire, affirmant que l’ancien président ne pouvait pas interférer avec les investigations et défendant ses investissements antérieurs dans le groupe financier.

La crise a donc produit deux basculements en moins de deux jours : le rejet de la démission a empêché Santiago Peña de bénéficier du statut attaché aux anciens présidents, puis la destitution a accéléré son passage du pouvoir politique à la procédure pénale. La responsabilité judiciaire reste à établir, mais le mécanisme institutionnel, lui, est déjà consommé.

Le Yak

Alliana promet d’indemniser les épargnants et remanie le gouvernement

Pedro Alliana a prêté serment quelques instants après la destitution de Santiago Peña. Figure du Parti Colorado, ancien vice-président et proche du pouvoir sortant, il doit terminer le mandat présidentiel jusqu’en 2028 dans un pays déstabilisé par le gel des comptes.

Lors de sa première allocution devant le Sénat, il a déclaré : « Les compatriotes qui traversent une situation très difficile à cause du chaos financier seront pleinement indemnisés. Nous ne les laisserons pas seuls. » Son gouvernement a annoncé des changements au sein du cabinet et cherché à rassurer les clients d’Ueno Bank, alors que les remboursements avaient déjà commencé.

La crise a aussi touché des activités du groupe au-delà du Paraguay. En Argentine, environ un millier de salariés d’ITTI, société technologique appartenant au même groupe qu’Ueno, ont été suspendus pendant trente jours sans salaire. La Confédération sud-américaine de football détenait pour sa part environ 13 millions de dollars dans la banque, d’après une source interne citée dans la couverture de la crise.

Les liens d’Ueno avec le pouvoir et les médias alimentent les soupçons

Les soupçons visant Santiago Peña portent sur une relation ancienne avec le groupe financier propriétaire d’Ueno : des sénateurs ont rappelé qu’il en avait été actionnaire avant sa présidence et jusqu’en 2025. Ils l’accusent d’avoir permis ou toléré le détournement de fonds de retraites vers une banque liée à son entourage politique. Ces accusations font l’objet de l’enquête judiciaire et ne valent pas, à elles seules, condamnation définitive.

Le scandale a aussi touché l’écosystème médiatique du groupe. Mina Feliciángeli, journaliste de la radio La Tribu 650 AM, liée à la société propriétaire d’Ueno, a annoncé sa démission en direct. Elle a expliqué son départ alors que la banque avait déjà été placée sous tutelle par la Banque centrale. La séquence a rendu visible le chevauchement entre activités financières, influence politique et contrôle de médias dénoncé autour du groupe.

Médianalyse du Yak

La couverture observée se personnalise fortement autour de la chute de Santiago Peña : destitution, placement sous surveillance, transfert vers une base militaire et scènes de protestation occupent une place centrale. La promesse de remboursement de Pedro Alliana fournit le second fil narratif dominant. Les mécanismes financiers de l’insolvabilité, l’exposition des fonds de retraite et les questions de supervision bancaire restent davantage en retrait, sauf dans les traitements les plus explicatifs.

Deux cadrages coexistent. Les médias généralistes et audiovisuels privilégient la succession présidentielle et les images de la crise politique, tandis que plusieurs publications économiques ou explicatives insistent sur l’insolvabilité d’Ueno, les fonds publics exposés et les liens entre le groupe bancaire et le pouvoir. La couverture passe ainsi d’un récit de crise bancaire à un récit judiciaire et institutionnel, sans que les accusations portées contre l’ancien président soient confondues avec une responsabilité définitivement établie.

Article généré par le Yak

LES SOURCES43 médias · 79 sources

Le Monde 1 article

Le Figaro 1 article

Libération 1 article

Le Point 1 article

L’Express 1 article

La Croix 1 article

Franceinfo 2 articles

BFMTV 1 article

France 24 1 article

Euronews FR 1 article

TV5MONDE 2 articles

Ouest-France 1 article

La Dernière Heure 1 article

RTS 1 article

Radio-Canada 1 article

LaPresse 2 articles

Le Devoir 1 article

Agence Anadolu 1 article

BBC News 1 article

The Guardian 1 article

The New York Times 1 article

NPR 1 article

CBC News 2 articles

The Globe and Mail 1 article

Al Jazeera English 3 articles

Channel NewsAsia 1 article

The Hindu 1 article

Folha de S.Paulo 10 articles

La Nación Argentina 9 articles

El País 1 article

La Vanguardia 2 articles

Público 1 article

NRC 1 article

de Volkskrant 1 article

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Der Standard 1 article

Helsingin Sanomat 1 article

Gazeta Wyborcza 1 article

Telex 1 article

Vanguardia 2 articles

El Tiempo 6 articles

La Tercera 7 articles

Conflits 1 article

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