Le gouvernement japonais a levé les dernières restrictions qui limitaient depuis des décennies l’exportation d’armements. La décision a été validée par l’exécutif et le Conseil de sécurité nationale. Elle ouvre la voie à des transferts d’équipements de défense, y compris de produits finis létaux, dans un pays dont la Constitution d’après-guerre reste fondée sur un principe pacifiste.
Ce changement prolonge un assouplissement engagé par étapes depuis plusieurs années. L’interdiction générale mise en place en 1976 avait déjà été partiellement aménagée en 2014 pour certains matériels non létaux, comme le transport, la surveillance ou le déminage. Tokyo affirme vouloir renforcer sa base industrielle de défense et mieux s’insérer dans les chaînes d’approvisionnement entre pays partenaires, alors que cinq groupes japonais figurent déjà parmi les cent premières entreprises mondiales du secteur selon le Sipri.
« Le Japon passe d’une logique d’exception encadrée à une possibilité de transfert d’armes létales sur le marché international. C’est une modification de doctrine rare pour un pays resté, depuis 1945, sous un cadre constitutionnel pacifiste. »
Le gouvernement japonais a annoncé que les autorisations seraient examinées au cas par cas. Ce nouveau cadre doit désormais être traduit dans des décisions concrètes d’exportation, alors qu’une partie de l’opinion publique y reste opposée et que la Chine a déjà réagi officiellement à cette évolution.