La flottille Global Sumud, une coalition internationale de soutien à Gaza, était partie de plusieurs ports européens pour tenter d’atteindre la bande de Gaza. Elle a été interceptée par la marine israélienne dans la nuit du 29 au 30 avril, au large de la Crète. Les organisateurs affirment que l’opération s’est déroulée dans les eaux internationales. Israël indique avoir arrêté environ 175 militants sur plus de vingt bateaux. Les organisateurs avancent de leur côté le chiffre de 211 participants concernés par l’opération.
Un convoi parti de Marseille, Barcelone et Syracuse
La flottille était composée de plus de 50 embarcations parties ces dernières semaines de Marseille, Barcelone et Syracuse, en Sicile. Selon ses organisateurs, elle avait pour objectif de briser le blocus imposé à la bande de Gaza et d’y acheminer de l’aide humanitaire.
Dans la nuit, Global Sumud a annoncé avoir perdu le contact avec plusieurs navires. L’organisation a ensuite affirmé que 22 bateaux sur 58 avaient été pris d’assaut par les forces israéliennes. D’autres sources font état de plus de vingt navires interceptés.
Les organisateurs affirment que les bateaux ont été abordés par des vedettes militaires israéliennes. Ils déclarent que les participants ont été contraints de se rassembler à l’avant des embarcations. Israël, de son côté, présente l’opération comme une interception menée sans victime et justifiée par la volonté d’empêcher la violation du blocus maritime.
« Les formulations alternent entre “interception”, “arraisonnement”, “arrestation” et “enlèvement”, selon les acteurs qui décrivent l’opération. »
Des bilans différents selon les autorités et les organisateurs
Le bilan humain varie selon les acteurs. Le ministère israélien des Affaires étrangères a fait état d’environ 175 militants arrêtés. Les organisateurs de la flottille ont annoncé 211 personnes interceptées. Les autorités grecques ont ensuite indiqué que 176 militants avaient débarqué en Crète.
Parmi les personnes arrêtées figurent des ressortissants de plusieurs pays européens. La France a annoncé que 15 Français étaient concernés. Plusieurs articles mentionnent aussi la présence de Raphaëlle Primet, élue communiste au Conseil de Paris, parmi les personnes interceptées.
Des ressortissants italiens, turcs, espagnols, canadiens et d’autres nationalités sont également cités dans les différents bilans. Selon les autorités grecques, les militants débarqués en Crète devaient ensuite être pris en charge en lien avec leurs autorités consulaires, avant leur retour vers leurs pays.
Un accord entre Israël et la Grèce pour le débarquement
Les personnes arrêtées devaient initialement être transférées vers Israël, selon les premières déclarations israéliennes. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a ensuite annoncé un accord avec le gouvernement grec pour que les civils transférés depuis les bateaux de la flottille soient débarqués sur les côtes grecques.
Le débarquement a eu lieu sur le port d’Atherinolakkos, dans le sud-est de la Crète. Les militants ont été escortés par les garde-côtes grecs, puis conduits en autocars. Les autorités grecques ont indiqué que l’opération avait été coordonnée avec le ministère des Affaires étrangères, les garde-côtes, l’armée et les autorités locales.
Selon Franceinfo, TV5MONDE et Ouest-France, 31 personnes ont été transférées à l’hôpital de Sitia pour recevoir des soins. Les autorités grecques n’ont pas donné de détail précis sur leur état de santé ni sur leur nationalité.
Deux militants encore transférés vers Israël
Le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que tous les militants de la flottille étaient désormais en Grèce, à l’exception de Saif Abu Keshek et Thiago Ávila. Selon le porte-parole du ministère israélien, Saif Abu Keshek est soupçonné d’appartenir à une organisation terroriste et Thiago Ávila d’activités illégales.
Israël a annoncé que ces deux hommes seraient transférés sur son territoire pour être interrogés. L’Espagne a demandé la libération immédiate de Saif Abu Keshek, présenté comme un militant espagnol.
Cette situation maintient une partie du dossier ouverte, alors que la majorité des personnes interceptées ont été débarquées en Grèce. Les suites consulaires et judiciaires dépendent désormais des autorités concernées.
Des réactions diplomatiques autour du droit international
L’interception a provoqué des réactions de plusieurs États. La France a appelé au respect du droit international et a confirmé la présence de 15 ressortissants français parmi les personnes arrêtées. L’Italie a demandé la libération de ses ressortissants. L’Espagne, la Turquie et le Pakistan ont dénoncé des violations du droit international.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a accusé Israël de violer le droit international après l’arraisonnement. La Turquie a aussi condamné l’opération et annoncé l’ouverture d’une enquête. L’ONU a appelé les parties à respecter leurs obligations internationales et à faciliter l’accès humanitaire.
Israël défend une opération menée dans le cadre du blocus maritime de Gaza, qui encadre l’accès par mer au territoire palestinien. Les autorités israéliennes affirment avoir agi pour empêcher la flottille d’atteindre les côtes de Gaza. Les organisateurs, des ONG et plusieurs responsables politiques contestent cette justification, en insistant sur le fait que l’interception aurait eu lieu dans les eaux internationales.
« Le désaccord porte à la fois sur le statut juridique de l’interception, le nombre de personnes arrêtées et la qualification de l’opération. »
Des suites encore dépendantes des autorités consulaires
Le devenir immédiat de la plupart des militants dépend désormais des procédures consulaires engagées par les États concernés. La Grèce a indiqué qu’elle veillerait à leur retour vers leurs pays. Des rapatriements ont déjà été annoncés ou organisés pour certains ressortissants.
La situation de Saif Abu Keshek et Thiago Ávila reste distincte de celle des autres participants. Israël annonce vouloir les interroger sur son territoire. L’Espagne demande la libération de Saif Abu Keshek, tandis que les organisateurs de la flottille réclament la libération des derniers militants retenus.
Le cadre juridique de l’interception reste contesté. Israël la rattache à l’application du blocus maritime de Gaza. Les organisateurs et plusieurs gouvernements affirment qu’elle s’est déroulée dans les eaux internationales. Les suites diplomatiques, consulaires et judiciaires devront préciser si ces positions donnent lieu à des démarches formelles devant des juridictions ou organisations internationales.