Le 11 mai 2026, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a confirmé qu’une passagère française rapatriée du navire de croisière MV Hondius a été testée positive à l’hantavirus. Cette annonce intervient après plusieurs jours de gestion de crise sanitaire liée à la détection d’un foyer d’hantavirus à bord du navire, qui a déjà causé trois décès parmi les passagers.
Un premier cas positif en France
Parmi les cinq passagers français rapatriés dimanche 10 mai et placés en isolement à l’hôpital Bichat à Paris, l’état de santé d’une femme s’est « malheureusement dégradé cette nuit » et les tests sont revenus positifs, a déclaré la ministre de la Santé. Cette patiente est actuellement en réanimation dans un état jugé stable, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Les quatre autres passagers rapatriés sont toujours testés négatifs et font l’objet d’un isolement renforcé en milieu hospitalier. « Ils sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d’air qui permettent d’éviter la contamination », a précisé Stéphanie Rist.
Quarantaine renforcée pour les cas contacts
Le Premier ministre a annoncé que tous les cas contacts, sans exception, seront désormais placés en « quarantaine renforcée en milieu hospitalier ». Cette décision intervient après l’identification de 22 cas contacts en France, dont huit à haut risque qui ne présentent pas de symptômes à ce stade.
Un décret publié dans la nuit du 10 au 11 mai précise les mesures d’isolement et de quarantaine pour les passagers rapatriés et les personnes ayant été en contact avec eux. Les passagers des vols concernés doivent se signaler sans délai aux autorités sanitaires et observer une quarantaine à domicile en attendant une évaluation de leur risque d’infection.
« Le même décret distingue les mesures d’isolement strict en milieu hospitalier pour les cas confirmés et les mesures de quarantaine à domicile pour les cas contacts. »
Gestion de la crise et mesures sanitaires
Le gouvernement français a mis en place un protocole strict pour éviter toute propagation du virus. Les cinq passagers français rapatriés resteront en isolement à l’hôpital Bichat pour une durée minimale de 15 jours. Les autorités sanitaires ont également identifié 22 cas contacts, dont 14 doivent encore être contactés pour renforcer leur isolement.
La ministre de la Santé a insisté sur l’importance de briser les chaînes de transmission du virus dès le début. « Ce qui est important, c’est d’agir tout au début, c’est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus », a-t-elle déclaré.
Contexte international
Le MV Hondius, battant pavillon néerlandais, a été touché par un foyer d’hantavirus alors qu’il naviguait entre l’Argentine et le Cap-Vert. Les opérations d’évacuation des passagers et membres d’équipage ont débuté dimanche 10 mai aux îles Canaries, sous la coordination de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Au total, 125 personnes de 23 nationalités ont été évacuées, et le navire a quitté les Canaries lundi 11 mai pour rejoindre les Pays-Bas.
Parmi les passagers évacués, un Américain a également été testé positif à l’hantavirus, et un autre présente des symptômes légers. Trois décès ont été confirmés ou suspectés à bord du navire, dont deux cas confirmés d’infection à l’hantavirus.
« La souche Andes de l’hantavirus, détectée à bord du MV Hondius, est rare et peut se transmettre d’homme à homme, avec un délai d’incubation pouvant aller jusqu’à six semaines. »
Réactions et vigilance
Les autorités françaises appellent à ne pas céder à la panique. « Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d’un virus que l’on connaît », a indiqué la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. Elle a également assuré que la France dispose des stocks nécessaires de masques et de tests pour faire face à la situation.
Deux réunions interministérielles sur l’hantavirus auront lieu chaque jour à Matignon pour suivre l’évolution de la situation. Le Premier ministre a reçu lundi soir des spécialistes de l’épidémiologie pour un point détaillé sur la crise.
Prochaines étapes et vigilance
La situation reste sous étroite surveillance, avec un suivi des cas contacts et des passagers rapatriés pour une durée de 42 jours, conformément aux recommandations de l’OMS. Les autorités sanitaires continuent d’évaluer les risques et d’adapter les mesures en fonction de l’évolution de la crise.
Les prochains jours seront cruciaux pour déterminer si d’autres cas positifs seront détectés parmi les passagers et membres d’équipage du MV Hondius, en raison de la longue période d’incubation du virus. Les autorités appellent à la vigilance tout en rassurant sur la maîtrise de la situation.