Une vague d’attaques sans précédent depuis le début de la guerre
Dans la nuit du 13 au 14 mai, l’armée russe a lancé une offensive aérienne d’une ampleur inédite sur l’Ukraine. Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, plus de 1 560 drones et missiles ont été déployés en 48 heures, dont 675 drones et 56 missiles dans la seule nuit du 13 au 14 mai. L’armée ukrainienne affirme avoir abattu 652 drones et 41 missiles, mais les frappes ont causé d’importants dégâts, notamment à Kiev.
Le maire de la capitale, Vitali Klitschko, a indiqué que six districts de la ville et six autres de sa région avaient été touchés. Les frappes ont visé des infrastructures civiles, dont des immeubles résidentiels, une école et une clinique vétérinaire. Un drone a frappé un immeuble de neuf étages, provoquant l’effondrement partiel de la structure. Les opérations de secours se poursuivent pour retrouver d’éventuels survivants sous les décombres.
Bilan humain et réactions internationales
Le bilan provisoire des attaques sur Kiev s’élève à 21 morts, dont deux enfants, et 45 blessés. Parmi les victimes figure une enfant de 12 ans, dont le corps a été retrouvé dans les décombres d’un immeuble résidentiel. Les autorités ukrainiennes ont également signalé qu’un véhicule d’une mission humanitaire de l’ONU avait été frappé par des drones russes dans la région de Kherson, sans faire de blessés. Volodymyr Zelensky a dénoncé cette attaque, affirmant que « les Russes ne pouvaient ignorer quel véhicule ils visaient ».
Les réactions internationales n’ont pas tardé. Le président français Emmanuel Macron a qualifié ces bombardements de « preuve de la faiblesse » de la Russie, estimant que Moscou « ne sait pas comment terminer sa guerre d’agression ». La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a accusé la Russie de « se moquer ouvertement » des efforts diplomatiques pour ramener la paix. Le chancelier allemand Friedrich Merz a quant à lui déclaré que « Moscou mise sur l’escalade plutôt que sur la négociation ».
Un jour de deuil national à Kiev
En réponse à cette attaque, la ville de Kiev a décrété un jour de deuil national pour le 15 mai. Vitali Klitschko a annoncé que les drapeaux seraient mis en berne sur tous les bâtiments municipaux et a recommandé d’en faire de même sur les bâtiments publics et privés. Cette décision intervient alors que les opérations de secours se poursuivent et que les autorités ukrainiennes tentent d’évaluer l’étendue des dégâts.
« Le même bilan est présenté comme provisoire par les autorités ukrainiennes et comme consolidé par certains médias, sans qu’une source indépendante ne confirme les chiffres à ce stade. »
La démission de la Première ministre lettone
En marge de ces attaques, la Première ministre lettone, Evika Silina, a annoncé sa démission le 14 mai. Cette décision fait suite à une crise politique déclenchée par l’intrusion de deux drones ukrainiens en Lettonie le 7 mai. Bien que ces drones n’aient causé ni victimes ni dégâts majeurs, l’incident a révélé des failles dans les systèmes de défense lettons. Le ministre de la Défense, Andris Sprūds, avait été contraint à la démission quelques jours plus tôt, et la coalition gouvernementale de centre droit a perdu sa majorité au Parlement après le retrait de neuf députés du parti Les Progressistes.
Contexte des attaques
Ces frappes interviennent 48 heures après la fin d’une trêve de trois jours, annoncée par les États-Unis à l’occasion des commémorations de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Russie. Cette trêve avait été marquée par des accusations mutuelles de violations, mais aucune offensive d’ampleur n’avait été signalée. Les attaques russes ont repris avec une intensité accrue, coïncidant avec la visite du président américain Donald Trump en Chine, où il s’est entretenu avec son homologue chinois Xi Jinping. Volodymyr Zelensky avait appelé les deux dirigeants à discuter des moyens de mettre fin à l’invasion russe.
Les pourparlers entre Kiev et Moscou, sous médiation américaine, sont au point mort depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février. Les seules avancées concrètes des négociations précédentes ont été des échanges de prisonniers.
Prochaines étapes et incertitudes
Les opérations de secours se poursuivent à Kiev pour retrouver d’éventuels survivants sous les décombres. Les autorités ukrainiennes doivent encore évaluer l’étendue des dégâts matériels et humains, tandis que le bilan pourrait s’alourdir. Les réactions internationales, bien que fermes, n’ont pas encore donné lieu à de nouvelles mesures concrètes pour soutenir l’Ukraine.
La démission de la Première ministre lettone souligne par ailleurs les tensions régionales engendrées par le conflit, notamment en ce qui concerne la sécurité des pays voisins. Les prochains jours pourraient voir une intensification des discussions diplomatiques, notamment entre les États-Unis, la Chine et les alliés européens, pour tenter de trouver une issue à ce conflit qui dure depuis plus de quatre ans.